ODELETTE IX
<^ue te dirais-je
Sinon des choses d'hier :
L'ombre, la foi'êt ou la mer
Et le vent furieux et la pluie et la neige,
l'^t la ronce griffant la chair,
L'amertume d'avoir été dans le passé
Celui dont se souvient avec sa face morte
La Tristesse debout qui, d'un regard lassé.
Suit, du seuil de la porte.
Sur la route où ses pas s'en vont de pierre en pierre,
Ce passant qui s'assit auprès d'elle en silence
l"]t qui pleura dans l'o.xibre en lui baisant les mains ?
i^ue te dirais-je ?
Avril a fondu la neige;
Le vent chuchote, hésite et tremble,
Lui qui parlait si haut avec sa voix d'hiver^
Sur le chemin;
11 y a des barques sur la mer
252 LES JELX KLSTIQUES ET DIVINS
El des fleurs au jardin ;
Quelle fleur douce est dans ta main?
Et te voici debout au seuil et tu souris
Au soir qui ma mené vers le porche où tu cueilles
La pourpre cpii renaît et l'or qui refleurit,
Entre les feuilles,
Suir la tige noueuse oii pointe encor l'épine;
Car du passé saignant sort la rose divine.
Que te dirais-je ?
Laisse-moi me taire tout bas ;
lùoulons s'endormir l'écho mort de mes pas;
11 me semble que pleure encor une fontaine...,
Xe pai'Ions pas !
La grande aile de l'ombre autour de nous s'éploie.
Demain je te dirai le songe de ma joie.
.A <:;)!! i;iii.Li; des helkks