ÉGLOGUE MÉTAPHORIQUE
1^'automnc, au fond des soirs, dételle ses taureaux;
La lerre fume violette au soc ; les eaux
Langoureuses parmi les pr»^s semblent attendre;
Les premiers feux, hélas! font la première cendre.
Vois le sarment noueux et la pomme de pin !
Si la vie a tordu son thyrse entre tes mains
Les fleurs sont mortes et les grappes sont séchées,
Et l'automne, à son tour, au fond de tes pensées
Dételle les taureaux que ton Désir lia
Au joug, et voici Tombre enfin, et il y a
Dans ton àme des cendres tièdes et des eaux
T'invitant à laver tes mains que les travaux
De l'année ont souillé de glèbes et de lie
Et à faire du thyrse tors qui s'humilie,
Nu du pampre éclatant et de la grappe lourde,
Le bâton de voyage où l'étape s'accoude.