‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 37 sur 117 · L'ATTENTE · texte numérisé non relu

L'ATTENTE

Le jardin, rot avril, a portr bien des roses

El voici que déjà les rivières sont grosses

Des orages d'iiier et des premières pluies;

La vigne grimpe rouge au l)alustre où j'appuie

Mon coude sur la mousse et mon front dans ma main,

Et l'ornière se creuse aux glaises des chemins,

Et je t'entends venir, Automne, et ton pied butte ;

Tu chancelles ivre du vin nouveau. La flûte

Pousse avec les roseaux au bord de la fontaine

Dans le doux vent qui la tourmente, verte et vaine !

Anxieuse, elle attend le souffle qu'elle inspire

Et les trous dont on l'ouvre et le doigt et la cire

Qui la façonne et les lèvres qui, bien unies,

Joindront sa chanson claire à tes mélancolies,

Automne ! et, dans le vent venu des vieux étés,

Uniront leur jeunesse à ta maturité

Et les rires d'avril aux larmes de septembre

Et dans l'ombi'e feront soupirer de l'entendre

lor,

T.FS .TF-UX RUSTIQUES ET DIVINS

Mêler ce qui fut doux à ce qui est morose,

Le doux Ijruit de la pluie avec l'odeur des roses.

ARÉTHUSE lu'

Page 1