‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 89 sur 117 · ODELETTE III · texte numérisé non relu

ODELETTE III

Tu frapperas !

La porte est haute sous les roses et le lierre

Aux mille bras

Incrustés dans la vieille pierre

Et se crispant comme la nuit

Qui étreignait de haut en bas

La maison noire et solitaire

Qui maintenant chante et luit

Sous les roses, à l'aube claire.

Je t'attends assis en chantant,

Je t'attends, car c'est le printemps ;

Les vitres pâlissent, et le pavé pâle

S'éclaire et blanchit de dalle en dalle,

Et l'ombre s'accroupit aux angles ;

Entre,

Toi qui à ma porte es venue,

Souriante et nue.

Entre. Veux-tu

ï'asseoir à mon foyer pour y filer le chanvre

Au bruit du rouet monotone ?

Veux-tu

Attendre ici l'automne?

Veux-tu que je te donne

Le gobelet de hêtre et l'assiette d'étain,

Le fruit, le pain,

Un peu d'eau pure,

Et rester là?

La route est dure.

Mais déjà ton sourire est un baiser... Voilà

Une fleur pour que tu la tiennes

A ta main, et voici une lampe d'or

Et trois opales anciennes;

Voici encor

Une ceinture où pend une clé;

Prends la tunique et les sandales,

Je te les donne.

Tu as la lampe et les opales.

Tu as la clé.

Et maintenant va parmi les hommes !

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