A COROT
Corot, homme de bonne foi, D'une espèce peu coutumière, Aucun peintre n'a comme toi Rendu l'âme de la lumière,
C'est que ton âme, belle aussi, S'éblouissant aux matins roses, En échange avec celle-ci, Reflétait la clarté des choses.
Tu vis, comme nul n'avait vu, Par tes yeux simples embellie, Merveilleux poète ingénu, La divine et blonde Italie.
Mais la finesse d'un bouleau, Un coin de notre Ile-de-France, Des saules répétés dans l'eau Furent encor ta préférence.
120 DEUX PEINTRES
Tes coteaux de Ville-d'Avray, Avec leurs étangs et leurs chênes, Sont beaux parce qu'ils sont le vrai.
Ami des collines prochaines,
Tu lus la grâce des saisons, Par communion sachant l'heure Où la voix de nos horizons Est la plus tendre et la meilleure.
Déplaçant parfois la beauté, Tu reçus aussi la caresse, Dans l'haleine de notre été, Du souffle embaumé de la Grèce.
Ton regard futévocateur Des blanches nymphes enlacées; Homère, le divin chanteur, Te laissa lire ses pensées.
Ainsi, cœur naïf et divers, Tu chantas en toiles sereines, Plus belles que les plus beaux vers, Nos eaux et celles des sirènes.
Dieu bonhomme, tout en fumant, Tu modelais avec la gamme De la lumière seulement I^e corps radieux de la femme,