ACTE PREiMIER
DE GÉRIGOURT.
Vous aviez perdu I
LE BARON
Non, j'avais gagné... la goutte! La première attaque !... Pendant trois semaines je restai étendu sur une chaise longue... Vous n'êtes pas goutteux, de Géricourt ?
^ DE GÉRIGOURT.
Grâce à Dieu I...
Eh bien, tant pis, mon ami, tant pisi
DE GÉRIGOURT.
Merci !
LE BARON
Tant pis!... car les réflexione que j'ai faites pendant ces trois mortelles semaines, vous les auriez faites également... Nous pouvons bien nous l'avouer, puisque nous sommes entre nous : la vie de fêtards est stupide.
DE GÉRIGOURT.
Eh! dites donc, n'en dégoûtez pas les autres!
LE BARON
stupide cette vie passée avec des femmes qui vous grugent et des compagnons de plaisir qui se disent nos amis et qui ne sont que des égoïstes et des im* béciles !
DE GÉRIGOURT.
Est-ce pour moi que vous dites ça?
LE BARON
Mais non.
DE CÉRIGOUR.T,
Du reste, ce serait pour moi, que vous ne l'avoueriez pas.
Je suis trop poli pour ça!... Eh bien, mon ami, c'est grâce à cette première attaque que j'ai compris la famille, c'est-à-dire les joies du foyer, la vie calme, tranquille, heureuse, entourée d'affection et de dévouement !.,. Connaissez-vous rien de plus beau que le dévouement ?
DE GÉRIGOURT.
Chez les autres, rien.
LE BARON
Etre choyé, dorloté, avoir sa tisane bien chaude quand on est malade et passer ses vieux jours dans du coton !
DE GÉRIGOURT.
Voulez-vous mon opinion ?... Vous me faites delà peine i
Il se lève.
LE BARON, 8e levant.
Vous ne croyez pas aux joies du foyer?
DE GÉRIGOURT.
Moi?... Tel que vous me voyez, j'ai été marié il y a quelque trente ans, et pendant les trois ans qu'a duré cette union, je puis dire avec fierté que jamais mari de France n'a été trompé comme je l'ai été !
LE BARON
Ahl ça, mais vous détenez le record!... Et étaitelle jolie, la comtesse de Géricourt?