‹ Les jolies actrices de ParisChapitre 17 sur 42 · PORTE-SAINT-. MARTIN · texte numérisé non relu

PORTE-SAINT-. MARTIN

J'aime la belle Defodon,

Son œil bleu, son épaule ronde.

Ses cheveux d'or, riche toison...

J'aime la belle Defodon:

Elle commande un escadron

Au charmant Rcfriment des Blondes..

J'aime la belle Defodon,

Son œil bleu, son épaule ronde.

Après avoir 7'agotiné dans la banlieue sous la direction Husson; après avoir doublé mademoiselle Berangère à TOdéon; après avoir remplace, à TAmbigu, mademoiselle Amélie Mongeal, cette erreur du jury du Conservatoire, mademoiselle Emilie Defodon joue actuellement les saules pleureurs à la Porte-Saint- Martin.

Db LES JOLIES ACTRICES DE PARIS

Est-ce pour se donner l'aspect clair-de-lunesque , qui convient à cet emploi mélancolique et élegiaque, qu'elle se plaque du blanc jusque sous le:; aisselles?

— Ce n'est pas une femme, affirment ses camarades c'est une carrière à phître!

La gracieuse et sympathique Blanche de Nevers, du Bossu, n'a, cependant, pas besoin de ces ruses — ni de céruse — pour charmer, avec le public, les plus hauts personnages de la cour... du Régent.

Oh l CQ Bossu ! Son succès appelait la parodie. Il la eue, l'autre soir, sur le théâtre de marionnettes de notre ami Amédée Roland. Lemercier de Neuville et Demarsy, l'élégant Chaverny de la vraie pièce, y ont représenté, devant une assemblée choisie, une charge de l'ouvrage de Féval et d'Anicet quia déchaîné des accès de fou rire et des tonnerres d'applaudissements. On a remarqué le couplet suivant, chanté par la poupée qui personnifie Ihéritière des Nevers :

Vous m'demandez, en ce moment,

Monsieur de Lagardère,

Si je préfère mon amant

A l'amour de ma mère.

Moi, je m'appelle Defodon,

La faridondaine, la faridondon,

J'aime mieux la poudre de riz,

Biribi, A la façon de Barbari,

Mon ami !

Ceux qui sclèventàl'aube crevant — ouqui nescsoiit pas couchés — peuvent rencontrer, sur le boulevard Poissonnière, une bruneite qui trotte menu, un petit paquet sous le bras.

On dirait d'une modiste qui court à son ouvrage.

Cette galopeusc matinale n'est autre que mademoiselle Julia H...

Où va-t-elle? D'où vient-elle? Que porte-t-elle dans ce paquet? Mystère! La débutante des Variétés est une cachottière cii primo cartcllo. Ne dérobe-t-cHe pas les trois quarts de son nom sous une lettre que suit un brelan de points noirs?

Mademoiselle Julia est — au physique et au moral — aussi tranchante que le fer de cette hache patrony-

6o LES JOLIES ACTRICES DK PARIS

mique. ()^uand son esprit s'abat sur quelqu'un, il vous le coupe en deux d'un revers. Un vaudevilliste, dont la maîtresse^ — qui est elle-même l'une des pensionnaires des frères Cogniardj — a donné plus d'un coup de sabre dans le contrat; un vaudevilliste, disons-nous^ venait de faire jouer aux Variétés un petit acte assez amusant. On en constatait le succès devant Julia H... — Parbleu! s'écria-t-elle^ ce n'est pas étonnant que la pièce soit pleine de traits ! C'est que cette chère X... lui en a fait quelques-uns !

XVTII

Cette brune superbe — une pèche... à soixantequinze centimes — a commencé sous Hervé. Tour à tour on l'a vue aux Folies-Dramatiques, aux Variétés et au Palais-Roval. Mademoiselle Crénisse est de Louvain. Aussi son camarade Lassouche insinue-t-il « qu'elle est belge comme une oie. »

A ses débuts sur cette dernière scène, cette Jeune personne s'était éprise d'un critique qui ne lui avait pas ménagé les étrivières...

Elle lui tit — par ambassadeur — olîrir sa main... gauche, sans dot — à verser, bien entendu.

Le critique accepta...

Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes! 1. 4

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Depuis ce jour, la jeune actrice ne cesse de montrer sa conquête à tout le monde et de répéter avec orgueil :

— Eh bien ! on ne dira pas de celui-là que je suis pavée pour l'aimer!

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