‹ Les joueurs de motsChapitre 21 sur 93 · UN MINISTRE · texte numérisé non relu

UN MINISTRE

Au plus fort de sa faveur, M"« de Pompadour (née Poisson) demande au Roi le cordon-bleu pour son frère. Le monarque consulte un ministre qui essaye de tourner la question par cette plaisanterie :

« Je ne crois pas ce Poisson assez gros pour être mis au bleu. »

M"* DE FORGEVILLE

- On discourait sur la philosophie — le

sujet à la mode — chez M"* de Forgeville qui tenait bureau d*e$prit dans le Paris du dix-septième siècle.

« Mais, mon Dieu! disait- elle, pourquoi toujours votre grand mot de philosophie?

Que! bien ont-ils fait, vos philosophes?

L'humanité s'en trouve-t-elle plus heureuse?

— Quel bien ils ont fait, Madame ! s'écrie d'ÂIembert... Mais comptez-vous pour rien cette forêt de préjugés qu'ils ont abattue

. pour frayer un chemin à la vérité ?

— Âh! c'est donc pour cela que vous nous débitez tant de fagqts. »

ROUILLÉ OU QOUDRAY

il était sous la Régence^ membre du conseil des finances. On reconnaissait en lui un honnête homme dont le seul défaut était de boire.

Le duc de Noailles, qui présidait ]e conseil, va jusqu'à lui dire, au fort d'une discussion :

(c Monsieur Rouillé, il y a là de la bouteille.

— Cela se peut, Monsieur, mais il n'y a jamais de pot- de-vin. »

LA POPBLINIÈRE

On s'en moquait parfois à la cour, où , on se moque volontiers des financiers lorsqu'on n'en a pas besoin.

Comme il se vçyait accosté par un personnage qui feignait de chercher dans ses souvenirs, en disant :

« Il me semble, Monsieur, vous avoir vu quelque part. »

La Popelinière se contente de répondre avec un air bonhomme.

« C'est possible» Monsieur, j*y vais quelquefois. »

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