UN MINISTRE
Au plus fort de sa faveur, M"« de Pompadour (née Poisson) demande au Roi le cordon-bleu pour son frère. Le monarque consulte un ministre qui essaye de tourner la question par cette plaisanterie :
« Je ne crois pas ce Poisson assez gros pour être mis au bleu. »
M"* DE FORGEVILLE
- On discourait sur la philosophie — le
sujet à la mode — chez M"* de Forgeville qui tenait bureau d*e$prit dans le Paris du dix-septième siècle.
« Mais, mon Dieu! disait- elle, pourquoi toujours votre grand mot de philosophie?
Que! bien ont-ils fait, vos philosophes?
L'humanité s'en trouve-t-elle plus heureuse?
— Quel bien ils ont fait, Madame ! s'écrie d'ÂIembert... Mais comptez-vous pour rien cette forêt de préjugés qu'ils ont abattue
. pour frayer un chemin à la vérité ?
— Âh! c'est donc pour cela que vous nous débitez tant de fagqts. »
ROUILLÉ OU QOUDRAY
il était sous la Régence^ membre du conseil des finances. On reconnaissait en lui un honnête homme dont le seul défaut était de boire.
Le duc de Noailles, qui présidait ]e conseil, va jusqu'à lui dire, au fort d'une discussion :
(c Monsieur Rouillé, il y a là de la bouteille.
— Cela se peut, Monsieur, mais il n'y a jamais de pot- de-vin. »
LA POPBLINIÈRE
On s'en moquait parfois à la cour, où , on se moque volontiers des financiers lorsqu'on n'en a pas besoin.
Comme il se vçyait accosté par un personnage qui feignait de chercher dans ses souvenirs, en disant :
« Il me semble, Monsieur, vous avoir vu quelque part. »
La Popelinière se contente de répondre avec un air bonhomme.
« C'est possible» Monsieur, j*y vais quelquefois. »