M. DE CONFLANS
Le cardinal de Luynes se trouvant chez la duchesse d& Chevreuse, M. de Conflans plaisanta son Eminence, qui avait pris po);ir porte-queue un chevalier de Saint- Louis.
Le prélat se retranche derrière Tusage qu'il a toujours observé d'avoir un gentilhomme caudataire.
« Et qui plus est, ajouta-t-il, le prédécesseur de ^ceIuiH:i portait le nom & les armes de Conflans.
— U y a longtemps, en effet, répliqua M. de Conflans avec gaîté, qu'il se trouve dans ma famille de pauvres hères dans le cas de tirer le diable par la queue. »
Son Eminence, déconcertée, devint la risée générale^ & en fut si furieuse qu'elle ne reçut plus chez elle cet homme à bons mots...
La réplique de M. de Conflans a fait les délices de tous les recueils d*anas du commencement de ce siècle. Elle est rapportée pour la première fois par Bachaumbut dans ses Mémoires d'avril 176^» au te^Kte desquels je me conforme ici.
LE HARéCHAL DE RICHELIEU
La cour de France fait son carême de 1 7 yS.
Un hardi prédicateur, Tabbé de Beauvais, ne craint pas de flétrir devant Louis XV la conduite des vieillards débauchés.
« Eh bien! maréchal, dit le Roi en prenant le bras de Richelieu au sortir de la chapelle, ne vous semble-t-il p«s que
Tabbé lance quelques pierres dans votre jardin?
— Je le confesse, Sire, et je trouve même ces pi'erres si fortement lancées qu*il a dû en rejaillir jusque dans votre parc de Versailles. »
C'est aussi Richelieu qui, sollicité de demander pour Moncrif, l'auteur de V Histoire des ChatSy une place d'historiographe du Roi, fît justice d'une prétention aussi peu fondée par ces seuls mots :
« Historiographe ! Vous voulez dire historiogriffe? »
On attribue généralement cette réponse à d'Argenson. Nous avons préféré le témoignage de Grimm.
Le comte de Grasse m«urt & le comte d'Estaing lui succède dans le commandement
de notre armée navale des Antilles (1778}.
Cette nomination est saluée par un nouveau calembour du maréchal, .
« Après avoir rendu grâce à Dieu, nous allons nous remettre au destin, »
Sur ses vieux jours (avril 1773), le caustique Richelieu devait être la victime d'une équivoque d'autant plus cruelle qu'elle était commise par son propre fils.
Une grave maladie de peau» suite de ses campagnes amoureuses, nécessitait, entre autres remèdes, l'application ' quotidienne de tranches de veau cru sur son épiderme.
A la première nouvelle du régime, le duc de Fron^ac va partout déclarer que son père n'est plus qu'un vieux bouquin relié en veau.
On sait que bouquin est un synonyme familier de débauché.
Cet affreux jeu de mots vaut toute une leçon sur les bons exemples que les pères doivent donner à leurs enfants.