LOUIS XVI
On veut que, des sa jeunesse, il ait encouru le mécontentement de Louis XV pour cette réponse à un éloge enthousipste
des dispositions de la Pompadour pour la langue allemande. .
« Sire, je ne nie pas que M""* de Pompadour parle bien l'allemand, mais ce que je sais, c'est qu'elle écorche furieusement le français. »
La répartie emporte la piète. On peut en dire autant de la suivante :
Un jour, à Versailles, Louis XVI voit se présenter le comte de Lauraguais. Il n'airnait pas ce seigneur excentrique qui faisait alors (1766) beaucoup parler de lui comme sportman & comme philosophe. Cependant, il lui adresse la parole.
« D'où vient monsieur de Lauraguais if
— D'Angleterre, Sire.
— Et qu'avez-vous été faire là ?
— Apprendre à penser, Sire.
— Panser quoi?... Des chevaux ! «
Marie - Antoinette a commis aussi une équivoque, une seule, mais qui peut compter pour quatre. Laissons parler un écrit du temps. (Les Mémoires secrets du 21 août 1778.)
« On prétend que la Reine a singulièrement annoncé au Roi la certitude de sa grossesse :
« — Sire, lui - a-t-elle dit, je viens vous « demander justice contre un de vos sujets « qui m'a violemment insultée... » .
« Le Roi, ému du ton sérieux de Sa Majesté, s'est empressé de la faire expliquer ?
« — Oui, Sire, a-t-elle continué, il s'en est « trouvé un assez audacieux, le dirai-jê; « poui* me donner des coups de pieds dans « le ventre. »
« Alors son auguste époux a compris le calembour, & en a ri de bon cœur. »
Grimm répète cette anecdote dans les mêmes te;-mes.
Louis XVI n^aimait pas les dettes, les dettes de jeu surtout. Un prince de sa famille, qui n'avait pu Faire contribuer le trésor royal au désintéressement de ses créanciers, s'en venge en déclarant qu'il ne faut plus dire ; « Louis, roi de France & de Navarre. » Mais ; « Louis, roi de France & avare. »
On rapporte le propos au souverain qui se contente de l'apprécier aiiisi :
« Il a raison. Je suis roi de France & avare... du bien de mes sujets. »
Toutes ces réparties de Louis XVI me paraissent d'autant plus dignes de foi que, dès sa première jeunesse, elles préoccupèrent les contemporains. C'est ainsi que Bachaumont le montre répondant au comte de Provence qui, sur je ne sais quelle faute de français, l'engageait à mieux savoir sa langue. *
« Et vous, mon frère, tâchez tie retenir la vôtre! »