LA CONVERSION DE POLICHINELLE
gineuse. le ballon et lui furent jetés sur Tarête d'un pignon avec une telle violence que la baudruche en reçut une avarie.
Le ballon se mit à ramper alors le long des gouttières, à travers la cohue des toits. Un emmêlement de tuyaux de cheminée rendait le voyage rude et difficile : quelquefois le ballon était accroché, et il ne fallait rien moins qu'un bon coup de vent pour le renflouer.
Mais Polichinelle, tout en attrapant des bosses supplémentaires, ne perdait pas ses moments. A ras des toits, des lucarnes ouvraient leurs gros yeux ronds, .semblables à des yeux de poisson. Presque toutes étaient éclairées, et en se penchant un peu, on aurait pu apercevoir ce qui se passait derrière.
Polichinelle était indiscret, et il ne se fût pas fait scrupule de satisfaire sa curiosité si une girouette, vexée de voir le ballon fondre sur elle sans crier gare, au risque de l'empêcher de marquer le cours du vent, n'avait jugé à propos de jouer un mauvais tour à cette machine impertinente. C'était une silhouette de coq, le bec en avant, et la queue déployée. D'un coup sec, elle fit une large entaille dans la baudruche. C'en était fait du ballon ; il creva.
Sous la girouette s'ouvrait justement le trou d'une cheminée.
Ce fut un moment terrible pour Polichinelle ; il descendit, battant le vide, et, qui pis est, les murs, de gestes désordonnés. Une nuit épaisse remplissait l'intérieur du conduit.
Il descendit tant qu'il y eut à descendre, c'est-à-dire l'espace de cinq à six étages, et tout à coup il se trouva la tête en bas, moulu, brisé, ayant perdu une bosse, sur un lit de cendre qui lui parut la meilleure des couches après une si effroyable aventure.
Autour de lui l'obscurité avait pris une pâleur tendre,
et il découvrit qu'il était daus une pauvre chambre tristement éclairée par uue veilleuse.
Uu petit lit était posé dans le fond ; un lit plus grand était tout à côté ; une femme y dormait, la main allongée vers l'oreiller de l'enfant.
Une clarté se répandit par la chambre et noya dans une douceur le vacillement de la veilleuse près de mourir. C'était le jour qui montait.
Polichinelle avait fait du bruit en tombant.
La voix de l'enfant s'écria :
(( Mère , vois donc ! le bonhomme Noël m'a apporté un polichinelle! »
Ahî fit la mère en pleurant, il y a donc un bon Dieu pour les pauvres gens !
.Et ils regardaient étonnés, ravis, le vieux polichinelle éclopé qui leur tombait du ciel.
c( J'en ai assez des voyages, je prends ma retraite, se dit Polichinelle. J'adopte ce petit-là et je le servirai fidèlement.
c( Aussi bien je ne suis plus qu'un demi-polichinelle puisque je n'ai plus qu'une bosse. Le diable en vieillissant se fait ermite. »
LA MAISON ROSE
Lorsque je vis pour la première fois la petite maison, elle était parfaitement close et rien ne trahissait un mystère. Elle était rose avec une clarté d'aurore ; il semblait que le matin se levât perpétuellement sur elle, et ses persieunes fermées lui donnaient l'air d'une personne qui dort. Des deux cotés de la porte d'entrée, il y avait une fenêtre et l'étage se composait d'une porte-fenêtre précédée d'un balcon avec une fenêtre de chaque côté. Le toit légèrement incliné formait un auvent.
Ce qui frappait tout d'abord, c'était la tran<[aillité abso-
lue de cette maison. Les fenêtres n'étaient pas faites pour s'ouvrir au bruit de la rue, et, si on eût demandé à la porte de se replier en dedans, elle eût été bien étonnée. Certainement, elle ne ressemblait par aucun côté à ces demeures tapageuses dont les portes claquent à toute sorte de folles arrivées. Elle avait un silence extraordinaire, et l'artiste l'avait construite avec un peu de songe. Il ne lui manquait que d'être au fond des bois pour paraître enchantée.
c( x^ttends un instant, me dit ma sœur, tu vas voir apparaître... »
La maison était posée sur un guéridon. J'étais juste assez grand pour atteindre à la hauteur de l'étage. En me haussant un peu, je pouvais voir par-dessus la balustrade en bois du balcon. Et je regardais, troublé par la pensée que la maison n'était pas vide comme je l'avais cru.
Un bruit vague très doux sortit des profondeurs du rezde-chaussée ; c'était comme le frémissement d'une mouche qui s'éveille, l'été, sous un rideau de mousseline; et tout à coup cette rumeur s'accentua, se changea en un petit air de musique. En même temps je vis s'ouvrir la porte du balcon à deux battants, et une petite dame parut.
Jamais je n'avais vu plus jolie chose au monde. Elle était grande comme le doigt, avec une petite tête pâle et ronde. La pointe d'une mantille s'avançait sur ses cheveux d'un noir de jais, et elle avait de grands yeux profonds. Elle portait une jupe jaune très courte, à la mode de Séville, et de la dentelle brochait son corsage cerise. Ses jambes étaient chaussées de bas blancs; elle avait aux pieds des souliers à bouffettes. Elle s'élançajusqu'au bord du balcon, remua la tête très lentement, eut l'air de regarder à droite et à gauche; ])uis la musique s'affaiblit, la petite dame recula jusqu'à sa place première, et la porfe du balcon se referma. J'entendis alors, comme tout à l'heui'e, une ru-
JK VIS .SOUVniIl LA TOUTE DU BALCO.V.
meur vague au rez-de-chaussée, et cette rumeur elle-même finit par s'assoupir au milieu du silence.
J'étais immobile, les yeux démesurément ouverts. Je ne pouvais m'imaginer comment elle avait apparu ni comment elle avait disparu, et je continuais à regarder le balcon avec un peu de stupeur, espérant qu'elle allait revenir. Ma sœur posait sur moi son sourire triomphant.
Elle ne revint pas tout de suite. Il se passa bien dix minutes avant que la petite maison s'animât de nouveau, et, pendant ce temps , elle avait l'air de dormir encore, comme ces maisons aux rideaux bien tirés que le promeneur matinal voit s'allonger à l'aube, dans les rues. Qui aurait pu penser qu'une beauté merveilleuse s'abritait derrière ces murailles muettes ? Qui se serait imaginé seulement qu'elle était habitée? Sa clarté rose était pour moi, à présent, comme la douceur visible de sa présence à elle ; c'était elle qui était l'aurore au fond de la mystérieuse demeure , et il me semblait naturel que la lumière de la personne se reflétât sur la maison qu'elle habitait. Puis la vibration sourde qui m'avait annoncé la première fois son arrivée monta du rez-de-chaussée, grandit, et la porte du balcon livra passage à la dame, tandis que la musique jouait son petit air grave et doux.
Je remarquai alors sur ses lèvres écarlates un pli étrange, douloureux comme une souffrance, charmant comme un sourire. Elle remua la tète à droite, à gauche, et il me parut que la lenteur avec laquelle elle faisait ce mouvement était en effet de la tristesse. Je compris sa pâleur, la profondeur troublante de ses yeux; je compris surtout qu'elle était victime d'un noir enchantement. Doucement la porte se referma, l'air se ralentit, et elle rentra dans l'ombre de la maison.
Je l'aimai tout de suite d'une immense tendresse. Doux trrosses larmes m'étaient montées aux yeux, et, à travers
LA MAISON ROSE
ce nuage, je coutiuuais à voir sa tête cliarinarite faisant dans le vide ses petits saints. Etaient-ee réellement des saints, on ne regardait-elle pas plntôt devant elle comme une personne qui attend? Elle me semblait digne d'une éternelle pitié ; nul ne faisait attention à son malheur, et, la voyant paraître et disparaître, la plupart riaient, sans rien comprendre à son mystère.
Je serais resté debout à l'attendre la nuit entière ; mais sa mignonne silhouette ne vint plus ce soir-là charmer mes yeux. Mon père retira la clef du mécanisme, et je gagnai mon lit d'enfant, emportant avec moi la vision de cette inconnue, enfermée dans son petit palais.
Jusqu'au matin son visage pâle et son triste sourire se mêlèrent, dans mes rêves, à l'éclair de son corsage cerise et de sa jupe citron. Un moment, il me parut qu'elle me faisait signe, et tout à coup je me réveillai, m'imaginant ([u'elle avait mis sa main dans la mienne. Je ne vis devant moi que mon grand polichinelle, avec son large rire qui lui fendait la tête, comme une crevasse. Il avait l'air si narquois qu'un peu de honte entra en moi à la pensée que peut-être ce méchant homme avait surpris mon secret. Je remis ma tête sous les couvertures ; mais le sommeil ne vint plus fermer mes yeux, et, tout éveillé, je continuai à penser à la triste destinée de ma chère petite amie.
C'était le nom que je lui donnais au fond de ma pensée. Il me semblait que le hasard qui nous avait fait nous rencontrer, avait mis entre nous un lien incassable. X'était-ce pas moi qui le premier avais deviné la présence d'un sortilège autour d'elle? le premier n'avais-je pas senti ma pitié s'alarmer des embûches qui l'entouraient? Et il me paraissait que sa reconnaissance serait égale à ma tendresse, le jour où je parviendrais à l'arracher à sa prison.
Ce fut une douce joie pour moi de la revoir. Aucune musique au monde n'avait pour moi le charme tendre do. celle
qui précédait son arrivée ; elle était comme une promesse de bonheur; et, en effet, à peine le petit air avait-il commencé à résonner, la porte s'ouvrait à deux battants faisant voir confusément d'abord la tache claire de son corsage; puis elle s'avançait, et lentement toute sa personne entrait dans la lumière. Je la retrouvais, comme le jour précédent, souriante et mélancolique, avec ses lèvres d'une fraîcheur de fruit mûr, mettant sur la pâleur de ses joues comme un éclair de vermillon.
Qu'avait-elle donc fait pour mériter d'être enfermée? Je trouvais à cette question une réponse qui me paraissait toute naturelle. Sans doute, me disais-je, elle n'a pas voulu épouser le méchant Magicien, son tuteur ou son oncle. Et je me figurais celui-ci avec une barbe traînante, des yeux de loup-garou, une peau de caïman et une longue robe noire constellée de croissants de lune. Qui ne lui aurait donné raison? Jeune, belle, parée de grâce, elle avait rêvé d'épouser un jeune garçon de son âge ; elle n'avait qu'une ambition, être heureuse, et la grande fortune du vieux magicien ne l'avait pas un instant tentée. Hélas I j'expérimentais alors combien peu la vertu est récompensée en ce monde.
Ce que je passai d'heures à l'attendre ce jour-là et les jours suivants est incroyable. Mes deux coudes posés sur le guéridon, je fixais constamment les yeux sur l'endroit de la maison où elle devait apparaître, et mes regards étaient devenus si perçants que je ne sais comment ils ne percèrent pas la mince cloison du mur. J'étais largement récompensé de ma patience lorsqu'elle se montrait, et quelquefois ma tête tournait avec la sienne , à droite et à gauche , regardant si personne n'arrivait, à l'appel de ses beaux yeux.
Mais il n'y avait que mes coudes sur le guéridon, et, contre le mur, un vieux portrait de grand'mère semblait
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regarder avec pitié les efforts qu'elle faisait pour tâcher d'intéresser à son sort une âme compatissante. Je me trompe, il y avait encore sur la cheminée un magot chinois, mais si lourd, si grotesque, avec un ventre si gros, qu'elle n'aurait jamais eu l'idée de s'adresser à lui. Puis le magot lui tournait le dos. J'étais donc bien réellement la seule personne sur laquelle elle pût compter.
J'emportais chaque soir son souvenir, et, toute la nuit, je faisais des rêves qu'elle remplissait de son infortune. Ma joie pourtant n'était pas complète : j'aurais voulu posséder à moi seul la petite maison. Je l'aurais cachée au plus profond de ma chambre ; personne ne l'aurait vue, et pendant des éternités je me serais rassasié de sa présence, perdu dans mes ravissements. Au contraire, elle était dans un coin du salon où beaucoup de monde venait la voir, et cette curiosité universelle me faisait mal, blessait ma tendresse. Ma sœur elle-même, pour qui je n'avais pas de secret, me semblait de trop dans nos tête-à-tête, et j'avais fini par me cacher d'elle comme d'une étrangère. Je lui offris un jour de lui donner mes polichinelles, mes sabres, mes fusils, mon shako, même mon cheval à bascule, si elle voulait me céder la petite maison rose; la pensée de se faire bercer par le grand cheval la tenta un instant ; mais la petite musique se fit entendre, et elle vit s'avancer la jolie captive. Ce fut comme un charme; elle ne voulut plus entendre parler de rien.
J'étais si entièrement charmé au bout d'une semaine, que j'en tombai malade. L'inconnue m'avait jeté ses sortilèges, et l'on me mit au lit avec des tisanes, des bonbons et des oranges. Mais ni les bonbons ni les oranges ne me faisaient plaisir ; c'était la petite maison qu'il me fallait, et je me mis à pleurer un matin, demandant à grands cris qu'on me l'apportât. Ma sœur eut alors un bon mouvement de tendresse ; elle alla chercher la maison et me la mit sur
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le lit, joyeuse, montrant dans un sourire la blancheur cle ses (lents.
ce Tiens, dit-elle, elle est à toi. »
A moi ! Mon rêve se réalisait ; j'allais pouvoir contempler à mon aise la petite reine de mes pensées, m'éblouir de sa jupe couleur d'or et de son corsage cerise, entendre à l'infini lamusitjue qui l'accompagnait, comme un ineffable orchestre. Je n'oublierai jamais combien délicieux furent ces moments. L'air résonnait autour de moi d'un bruissement continu ; c'était comme une musique séraphique que la légende prête aux anges , la nuit de Noël , et il me semblait qu'en écoutant ce chant tendre et faible , c'était sa voix à elle qui me parlait. Le vent n'était pas plus doux à entendre dans les reseaux, ni le murmure jaseur des ruisseaux, que. cette harmonie mélancolique qui avait la grâce d'uneplainte. Quelquefois je me surprenais à pleurer en l'entendant, sans savoir pourquoi, et elle m'enveloppait d'un monde de sensations inconnues. Rien ne me paraissait digne d'affection comme cette petite prisonnière ; elle ne se plaignait pas, ne versait pas de larmes, vivait sans agitation au fond de sa tranquille solitude; et toujours c'était la même chose. Dieu sait depuis combien de temps durait sa réclusion! Elle semblait résignée, et j'admirais sa résignation , m'étonnant qu'elle n'eût pas encore sauté par la fenêtre.
Que n'aurais-je i)as donné pour voir s'entr'ouvrir les mystérieuses persiennes de sa demeure! J'avais beau les pousser du doigt, très doucement, il est vrai ; elles paraissaient déterminées à ne pas vouloir céder, et je me figurais des verrous, des complications de serrurerie, toute une armature de porte de prison.
TuiS; mes yeux ne pouvant pénétrer jusque-là, mon imagination se mettait à faire le voyage à la place de mes yeux ; et c'étaient des enchantements à n'en pas finir. Je
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rêvais des cliambres hautes et ombreuses où le soleil glissait par la fente des volets, eu rais menus qui lamaieut d'or des silhouettes d'objets étranges. De larges fleurs rouges s'épanouissaient daus des vases ; il y avait au fond des aquariums un fourmillement de dorades étincelantes.
J'arrivais ainsi jusqu'à la chambre où ma petite recluse habitait. Là, c'était bien plus beau encore : les murs étaieut tendus de tentures jonquille avec des jonchées de fleurs peintes on or, et, derrière un paravaut de laque, un divan amoncelait ses coussins do soie brochés de colibris et d'oiseaux de paradis. Chaque fois que le balcon se refermait, elle se retirait au fond de sa chambre et se couchait dans la chaleur des coussins. Dormait-elle? Veillait-elle? C'est ce que je ne pouvais savoir ; mais je la revoyais tout à coup se levant, ouvrant son balcon et regardant au loin de ses yeux clairs, avec son sourire triste, sa patience éternelle.
Une chose me tourmentait. Je faisais des efforts désespérés pour attirer sur moi ses regards ; mais elle s'y refusait, persistant à les tourner à droite et à gauche constamment. Cela finit même par m'irriter. Qu'avait-elle besoin du secours des autres puisque j'étais là? Doutait-elle de moi? Me dédaignait-elle? Ma tendresse connut alors des heures mauvaises, et quelquefois je la suppliais de parler, de se promener, lui promettant de cesser de l'aimer si mon aÔection lui causait de l'ennui. Hélas I elle ne répondait pas et continuait son petit manège avec Tindifterence triste qui d'abord m'avait charmé et maintenant commenr;ait à m'obséder.
Je n'étais pas assez grand, en ce temps, pour comprendre que la foi seule sauve dans les choses de la vie. Je fus pris un jour de la curiosité de vérifier par le témoignage de mes yeux la réalité de mes rêves; je conçus le désir de connaître le mystère dont s'entourait mon idole. Xon con-
tent de Taimer ù distance, je voulus la tenir dans mes mains, pénétrer dans le silence de sa demeure. Ce ne fut pas sans un grand battement de cœur; il me semblait que j'allais commettre une mauvaise action. Une rage de savoir l'emporta et naturellement il en résulta un grand malheur.
Un jour, au moment où la fenêtre s'ouvrait, je glissai ma main par-dessus le balcon. Je ne fus pas arrêté par la douceur profonde de son regard, par l'attitude pleine de confiance avec laquelle elle se présentait à moi. Je posai mes doigts sur sa taille et l'attirai doucement. Elle céda, se pencha, tandis que la musique continuait à jouer mon cher petit air, avec un peu plus de tristesse, toutefois, que d'habitude. Il me semblait que les notes m'arrivaient à 23résent comme le gémissement d'une personne qu'on fait souffrir; mais j'étais si heureux de me trouver en possession de ma petite fée, que je ne pris pas garde à ce que cet affaiblissement dans la vibration avait d'étrange. Ma main imprima un mouvement plus vif à la dame du balcon, et, tout à coup , j'entendis le bruit d'un ressort qui se rompt.
L'instant d'après, je tenais dans mes doigts le corps inerte de ma chère passion ; celle après laquelle j'avais tant soupiré n'était qu'une assez pauvre i^etite poupée. Ma curiosité fut bien punie. Ce que j'avais pris pour un mystère n'était qu'un mécanisme, et je n'en recueillis que les morceaux.
LA PUIXCESSi: MIDJA