SEPTEMBRE
depuis le petit jour, ont marché sans repos, reprennent, sous un soleil de plomb, dans une chaleur humide et déprimante, la route de Casablanca, où elles rentrent à deux heures.
Ainsi s'atteste, jusqu'en cet instant. Tinquiétude du général. Elle survit au succès.
Taddert, détruit, continue sur lui son étrange hantise... Ces cavaliers, qui viennent de fuir devant ses canons, ne se sont-ils pas reformés, et, par un de ces mouvements tournants qui sont toute leur stratégie, ne vont-ils pas se porter sur ses derrièreîs ? Peut-être se sont-ils joints à ceux de Tit-Mellil, sortis à leur tour. Qui sait si leur troupe, ainsi renforcée, n'attaque pas maintenant le camp français?... Et le général presse ses hommes harassés.., Par cette hâte, vérifions, une fois de plus, que la témérité n'est point le défaut de ce chef réfléchi, et que la sûreté laborieuse avec laquelle furent conduites, jusqu'à ce jour, les opérations, ne fut pas l'ouvrage du hasard.
PosT-scRiPTUM. 20 septembre.
Les journaux du 13, du 14 et du 15 septembre nous sont arrivés. Les premiers publient les récits de l'affaire de Taddert ; les seconds, les répliques du gouvernement. Car le gouvernement réplique aux correspondants de guerre. C'est une coutume qu'il a contrac-
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tée, depuis que Tartillerie de forteresse -de V Agence Havas^ braquée par son ordre contre un correspondant que je sais, Téventrait chaque soir, pour avoir affirmé le matin la nécessité de renforts, et qu'il n'a point perdue, alors même que Tévénement lui démontra que Terreur n'était pas du côté du correspondant.
. Il paraît cette fois qu'il n'est pas orthodoxe de dire que la marche sur Taddert fut une surprise pour le général Drude presque autant que pour les Marocains. Il faut que l'opération ait été délibérée, préméditée, accomplie selon un plan rigoureux, et nos troupes n'ont rien fait, si elles n'ont point agi en vertu d'une volonté préalable. Ainsi l'affirment les notes officieuses^ et elles invoquent le témoignage même du général.
Les notes officieuses se trompent. Tous les détails du récit qui précède sont véritables. Les propos que m'a tenus le général le 9, et que j'ai rapportés à leur date, attestent qu'il n'était pas disposé à marcher sur Taddert, si peu de temps après qu'il me les confiait. Il a déclaré à ses officiers d'ordonnance, dans la soirée du 10, qu'il n'accompagnerait la reconnaissance que pour l'empêcher de s'engager trop avant. J'ajoute ce trait, qui est significatif : la plus grosse part de la colonne était composée des troupes de renfort nouvellement arrivées, et dont c'était le premier jour de