‹ Les journées de CasablancaChapitre 106 sur 139 · Scène de mœurs à la Marine · texte numérisé non relu

Scène de mœurs à la Marine

Un peu après six heures, quand le soleil commence à incliner son œil pourpre sur la mer apaisée, arrivent, par un vapeur de'commerce, à destination du magnifique poste de télégraphie sans fils que la société Popp est en train d'installer non loin des murs de la ville, trente-cinq caisses de matériel. Le représentant de la société et l'ingénieur qui dirige les travaux sont au port pour les recevoir, accompagnés de leur domestique arabe, un grand Marocain sec et propre, qui a le front intelligent et l'allure distinguée.

Quand il faut décharger les caisses^ nul porteur ne se rencontre. Ce sont les juifs qui. traditionnellement, font au Maroc ces durs travaux, car l'Arabe, à prix d'or, ne s'abaisserait point à prêter la main au déchargement d'un fret chrétien. Ce soir, les juifs sont las. Depuis ce matin, ils travaillent au port, et, quand le soleil va se coucher, ils estiment que leur journée est finie. .Au reste.

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