‹ Les journées de CasablancaChapitre 108 sur 139 · SEPTEkBRE · texte numérisé non relu

SEPTEkBRE

La comédie à la cour chérifienne. — Le Sultan, Tambassadeur et la frégate. — Les étonnements de la Chaouïa. — Comment on fait la guerre au Maroc. —

— Une expédition militaire à la mode du Sultan. — Les goumiers au camp. — Le pantalon du chanteurcantinier. — Le général Drude reçoit. — La mule et Talcarazas de Mouley-el-Amin. — Le supplice du sel.

— Les farcesjde la brume. — Quelque chose se passe à Casablanca. — La phase diplomatique. — Nps affaires vont mieux : les Zenata et les Ziaïda sont en paix.

Vendredi 13 septembre.

Le commandant Mangin, qui connaît bien le Maroc, me conte Tun des thèmes les plus ordinaires des comédies qui sont jouées chaque année, pendant une certaine période, à la cour de Fez. La pièce dont voici le sujet pourrait recevoir, à la mode ancienne, ce titre : le Sultan, l'ambassadeur et la frégate.

Elle se passe à la cour. Survient soudain l'ambassadeur d'une puissante nation européenne, étincelant d'or et de broderies, et il est tacitement entendu, depuis un certain

nombre d'années, que la France est cette puissante nation. Avec fracas, le véhément diplomate annonce qu'il vient voir le Sultan. Il veut le voir tout de suite, il exige que l'audience ait Keu sans délai, car la chose est d'importance, et, cette fois, il ne tolérera pas qu'on le berne. Quelque meurtre, quelque vexation, a encore été commis, dans l'empire chérifien, contre un citoyen de son pays, et il a mission d'obtenir les satisfactions les plus promptes et les plus complètes. Donc, plus de plaisanterie.

Soit, fait, avec des salamalecs, le fonctionnaire qui reçoit ses premiers éclats ; le magnanime ambassadeur verra le Sultan, et le Sultan lui rendra toute la justice qui lui est due, car la puissante nation, tant chérie de lui, n'est pas de celles dont il soit permis de négliger les justes réclamations, etc.. Mais l'illustre envoyé ignore-t-il que l'usage est de ne paraître devant le souverain qu'en lui présentant quelques cadeaux? — Il le sait, il a apporté ces cadeaux. — Ignore-t-il que nul sujet ne doit être abordé devant le sultan, s'il n'a été communiqué préalablement au grand vizir? — Soit, il verra le grand vizir. — Ignore-t-il qu'avant d'être reçu par le g^and vizir, il est de tradition de faire visite aux ministres, aux personnages du Maghzen, aux hauts fonctionnaires, à tel chérif, aux... — Ah ! non, ah ! non I s'exclame le diplomate. Il

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