ÉPILOGUE ET MORALITÉ DE L'AFFAIRE
DE CASABLANCA
Tanger. Jeudi 3 octobre.
Un ami m'ayant prié de lui rapporter des armes anciennes, je cours les boutiques d'antiquaires de Tanger. Cette après-midi, faisant affaire chez l'un d'entre eux, je le prie d'envoyer quérir chez un ami un fusil acheté la veille par moi^ afin qu'il le joigne à la caisse. Il dépêche son domestique arabe, tandis que je continue" à fouiller ses réserves. Tout à coup, nous entendons la porte s'ouvrir avec fracas, et des vociférations terribles éclatent dans le vestibule. Nous nous y précipitons, et j'aperçois, entre les soldats rouges du Maghzen, l'Arabe, qui tient eh main mon fusil. Tout ce monde, criant à la fois, fait, avec des gesticulations effrénées, un infernal tintamarre, et la foule, s'attroupant, écoute au dehors.
Enfin je puis me faire expliquer l'objet de cette irruption révolutionnaire. Les soldats de la police de Tanger, rencontrant mon homme chargé d'un fusil, ne s'étaient pas demandé si cette arme vénérable, inutilisable,