‹ Les journées de CasablancaChapitre 75 sur 139 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

qui s'évade, son haïck de soie disparut dans la nuit noire...

Une excellente histoire, comme on en trouve parfois au Maroc... et ailleurs.

La police surprend des individus qui, s'étant introduits dans une remise, y opèrent ce que Ton appelle, je crois, une reprise individuelle de grain, et transportent leur butin sur deux bourricots.

Arrêtés, ils prétendent agir sur 1 ordfe et pour le compte de M. Z. Celui-ci, appelé aussitôt et confronté avec les deux hommes, en convient sans grâce. A sa décharge, il prétexte qu'il agit dans l'intérêt du propriétaire absent, et qu'il met précisément ce grain à l'abri des maraudeurs.

Le propriétaire est absent, c'est vrai ; ma,is ce propriétaire est un Arabe, protégé de M. D..., lequel, sans songer à déménager sa remise, se contente de s'assurer régulièrement si la serrure en est toujours fermée, et c'est justement sur la plainte de M. D... que les deux porteurs ont été arrêtés.

Alors on fait observer à M. Z... que ce zèle spontané est bien singulier, et qu'il n'y a pas de raison pour qu'il ne s'institue pas le haut protecteur de toutes les récoltes engrangées à Casablanca.

Mais TafFaire, ainsi* instruite, et qui commençait à promettre, est incontinent classée... M. Z. fait pour Tinstant fonctions de consul de. ..

De grands stratèges se plaignent que les opérations militaires soient trop lentes à leur gré. Je ne serais de leur avis, que si ces lenteurs se perpétuaient et si nous continuions d'attendre le bon vouloir de la Chaouïa. Ne décourageons pas un chef prudent.

Nous ne connaissons pas le pays, et l'ennemi est difficile. Aucun échec, même partiel et négligeable, n'est permis à nos troupes, à cause de ses répercussions possibles à Paris aussi bien que dans la Chaouïa.

Du reste, nous avons gagné du terrain. Me voici, porté par ma mule débonnaire, au sommet de la première crête, où le goum, avec le subtil capitaine Berriau, l'impétueux lieutenant Holtz et son énergique camarade Rousseau, aguiche de loin les cavaliers marocains. Cela commence par une promenade militaire, et, selon renchaînement quotidien, finit par une affaire plus ou moins grave, où nos compagnies donnent successivement. Celle d'aujourd'hui est médiocre. Et pendant que le vibrant lieutenant Demongeot braque ses pièces de montagne, je songe qu'il y a dix. jours, c'est

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