‹ Les journées de CasablancaChapitre 87 sur 139 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

cipal personnage. du dialague eat -le canon. Il a eu tort de se taire, pendant deux jours. lorsque viendront à nous,. non pas. des cheikhs, mais les caïds et les notables des grandes tribus, alors il pourra faire tl^êve pwr que nous entendions lei^s voix.

Si nous voulpns ménager la vie de nos soldats, nôtre temps et aotre argent, gardonsnous jde nous laisser prendre A tous les attrapenigauds du monde oriental. Faisons vite et agissôi^s à coup sûrV Je crois bien ' d'ailleurs .que ce ^pourrait être la devise du général Drude, qui semble avoir subi, plus qu'il n'a accepté, ce singulier armistice*.

' *• Samedi 7 septembre.

- D'un bateau qui venait du nord, j'ai vu débarquer, à la nuit tombante, une jeune femme^ arabe dont on n'apercevait que les yeux noirs sous des voiles de laine blanche.

.Une ^domestique, portant un enfant, Taccom- .pagQait. Un arabe, avec mille précautions, la guidait ; sa sollicitude était active, prévoyante

* Selon les dépêches que lui-même adressait au gouvernement, le général Drude se donnait en réalité comme l'inspirateur et le dir£;i;:têur de ces négociations ou prétendues telles, ainsi, du reste, que de celles qui suivirent. Il n'y paraissait point. Elles étaient, en outre, présentées comme des démarches sérieuses. Il en résultait, que le gouvernejnent croyait une chose, et que les .témoins directs en savaient une autre. Je n'ai pas cru, néan- 'moins, en revoyant ensuite ces notes, prises au jour le jour « Casablanca, devoir modifier leur caractère.

et inquiète ; il la soutenait le long de l'escalier glissant, la dirigeait vers la barque soulevée par la vague, et, quand un débardeur espagnol la saisit dans ses bras pour l'y faire descendre, il fut visible que la chose lui était déplaisante. J'ai déjà rencontré, quelque part, les yeux noirs de cette femme, j'ai vu surtout l'étrange barbe blonde et le lorgnon de cet arabe soigné : où donc les ai^je vus?... Je me rappelle.

C'était le 8 août. Trois jours plus tôt, le Galilée avait bombardé Casablanca, et c'est la veille que le général Drude y avait débarqué. Je me trouvais depuis deux heures à Tanger, lorsque parut dans la rade un vapeur anglais qui, venant de Casablanca, en amenait, avec des nouvelles, des habitants affolés, fuyant la ville encore fumante. Tandis que je descendais vers le centre, leur foule, qui venait de débarquer, remontait la grande rue de Tanger, poussée et disjointe par l'extraordinaire cohue qui ne cesse de l'emplir. On les regardait passer. N'étaient-ils pas les « rescapés » du moment, les survivants miraculeux d'un drame qui, si proche encore, et si mal connu, se grandissait dans les esprits de tout ce que l'imagination y substituait à la vérité ignorée?...

Différents de la bande morne, des réfugit^ de distinction apparurent tout à coup. Sur une belle mule noire, une femme hermétiquement voilée s'avançait, tenant devant elle un jeum-

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