II- 12 SEPTEMBRE
devant Taddert ? A deux reprises déjà, il s'était résolu à Topération. La première fois, ce fut il y a deux semaines, le 29 août. Survint inopinément, la veille,- la chaude affaire, où Ton vit le commandant Provost, entouré sur trois côtés, obligé, trois fois de suite, de rétrograde^, et le général s'avisa dès lors qu'il y aurait témérité à aller affronter de furieux adversaires sur leur territoire, à dix kilomètres de la mer, hors de la protection des canons de la Gloire^ loin de Tabri du camp. Et c'est à ce moment qu'il se décida à demahder formellement au gouvernement ces deux bataillons de renfort, dont je déclarais, d^ns \e Figaro^ depuis quinze jours, d'après ses propres confidences, qu'il avait un besoin urgent. Le 31 août, unç dépêche de Paris annonce à .Casablanca que le gouvernement, ayant délibéré, a décidé l'envoi de ces deux bataillons. A quelques jours de là, ils arrivent, sur deux transports, et, dans les premiers jours de septembre, le chef tient en mains la force qu'il a sollicitée. C'est donc le 8, dimanche dernier, qu'il ira brûler Taddert. Il s'y résout, mais sans entrain, ejt je le vois, la veille, au camp, préoccupé, inquiet, nerveux. Dans la nuit, il est pris d'un accès de fièvre, qui le tiendra deux longs jours, et l'oblige à ajourner l'opération.
Le regrette-t-il ? N'en croyons rien. Des combats ne cessent de se livrer en lui. Il s'in-»
Xerrôge, il délibère, il hésite, il remet. Il faut qu'il marche. Comment retarderait-il davantage raction qu'il s'est engagé à conduire?
Car il a pris engage^nent. Il s'est lié soimême, quand il a donné officiellement pour motif à son besoin de renfort l'opération de Taddert. Que répondra-t-il à son ministre, si celui-ci, bientôt, lui demande : « Que faitesvous de vos deux bataillons ? » Ces deux bataillons, qui ne sont que de six cents hommes, alors qu'il les espérait complets, lui apparaissent une force bien chétive, à présent qu'elle a quitté les régions de l'espérance et qu'elle se tient vivante à ses ordres*
Il en souhaiterait davantage. Mais comment les réclamer ? Il possède ce qu'il a désiré. Eût-il exigé quatre bataillons, il les aurait reçus, car le gouvernement, ému et fâché des articles de journaux, a décidé d'expédier au général Drude tout ce que celui-ci lui réclamerait ; M. Clemenceau lui a même spontanément offert de la cavalerie, qu'il a refusée, contre le gré de la plupart de ses officiers, et il a entendu se contenter, dans cette guerre contre des cavaliers, de 260 soldats montés. Il s'est donc préalablement interdit d'adresser au gouvernement, avant d'être revenu de Taddert, aucune nouvelle demande de renforts. Mais pour revenir de Taddert, il faut d'abord y partir^ eût dit un fameux guerrier qui s'appelait La .Palisse, et voilà justement l'objet du