‹ Les jours d'epreuve 18701871Chapitre 7 sur 23 · Détcnibiv 187Üi · texte numérisé non relu

Détcnibiv 187Üi

obtient des capitulations par d’odieux mensonges. Nous les avons vus ici même, tous les jours à l’œuvre, ces artisans de fourberies. Nous savons comment on pratique cet art de démoraliser son * adversaire, comment on agit sur nos avant-postes crédules, comme on ébranle ces bravoures prêtes au combat et à la mort, mais non à une mort inutile,’ en les leurrant à chaque instant de la perspective d’un armistice déjà conclu, d’une paix prochaine. Dans ces attentes vaines, le courage se détend, l’esprit d’une grande cité se déshabitue de la lutte ; on oublie vite les résolutions prises, les habitudes de la vie nouvelle acceptées avec un sombre enthousiasme. Il se produit comme un affaissement des volontés et des cœurs, et celle défaillance vaut pour l’ennemi plus qu’une victoire sur le champ de bataille. — Un jour, ce sont des catastrophes inattendues que l’on nous annonce et qui viennent ruiner les restes chancelants de nos espérances. — Un autre jour, c’est un retour inouï de fortune, une grande victoire dont la nouvelle éclate comme une fanfare dans nos rues, sur nos places, dans notre ciel, dans nos cœurs, partout à la fois. Perfidie pire que toutes les autres ! d’où estelle venue cette nouvelle? qui l’a donnée? qui l’a garantie? On ne sait; on commence à douter: à la fin de la journée, il se trouve que c’était encore une déception. La réaction est terrible; la colère d’abord, l’abattement ensuite et d’autant plus profond que l’esprit public tombe de plus haut. —

Jamais ce mortel engin de lafausse nouvelle n’a été manié par des mains plus redoutables. Autour de Mayence, en 1703, les ancêtres de ceux qui nous assiègent aujourd’hui faisaient passer à nos généraux des exemplaires d’un Moniteur de la république française fabriqués pour la circonstance. En 1870, n’avons-nous pas vu à Versailles un puissant ministre se faire journaliste pour exercer plus ê son aise cette honnête industrie à jour fixe?

D’autres fois c’est l’intimidation, la terreur, qui est à l’ordre du jour. On veut ainsi décourager nos malheureux paysans, coupables de combattre sur le seuil de leur maison ou derrière la haie de leur jardin .sans un uniforme sur leur dos ni une commission régulière dans leur poche. On se plaint dans les gazettes allemandes du fanatisme français, qui, en se défendant comme il peut, impose aux envahisseurs l’obligation de frapper des coups si durs pour ceux qui les reçoivent, plus durs, nous assure-t-on, pour ceux qui les donnent. C’est qu’en effet ces villages brûlés, ces populations entières expropriées par les flammes et les baïonnettes de leurs foyers et de leurs champs, ces villes frappées de destruction et de mort dans leurs populations inoffensives, celte philosophie du homhardement appliquée aux grandes villes avec un zèle si savant et si dénué de scrupules, tout cela il était réservé à cette année terrible d’en produire le spectacle, sous la main d’une armée qui est moins une armée qu’une nation, et d’une nation qui se prétend la

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plus morale et la plus civilisée du monde ! Ce qui restera le trait caractéristique de cette guerre, c’est l’esprit méthodique qui y préside et en règle tous les détails. Il y a tout un code de la destruction où les incidents sont prévus, les formes de la résistance passive ou active analysées, classées, punies en ordre et par degrés, depuis la réquisition simple jusqu’à la réquisition double, depuis le bon illisible laissé au cultivateur de la Beauce en échange de son troupeau de bœufs jusqu’au pillage pur et simple et à l’incendie de toute une ville autorisés et recommandés dans certains cas. C’est la ruine d'un pays codifiée et réduite en formules. Bien d’autres armées en marche, la nôtre même, on nous l’assure, dévastent trop souvent les pays qu’elles traversent; mais ne confondons pas la maraude qui se cache et qui est le crime de quelques-uns avec ce pillage ofliciel, en plein jour, plus terrible mille fois, parce qu’il est la légalité appliquée au vol, le larcin sans appel. Une province ennemie où d’autres soldats ont passé a la chance de n'être appauvrie que pour quelques semaines. Là où la méthode prussienne a passé, elle a fait scientifiquement son œuvre, et l’œuvre ‘est bien faite : tout est vide dans la chaumière et dans le village, tout est détruit ou pris. C’est 1a glorieuse dilférence d’un peuple méthodique avec ces nations étourdies qui font tout au hasard, au mépris des règles et des formalités!

Les Anglais eux-mêmes, témoins si stoïques de

nos premiers malheurs, se sont émus à la fin d’un pareil spectacle. L’un d’eux déclarait qu’il est bien difficile de juger, d’après de tels actes, «que la Prusse porte l’étendard de la moralité... Ce sont en tout cas de singulières leçons que nous donnent ces pionniers de la civilisation... Malheur à eux, ajoutait-il, s’ils ont un revers! Ils ont peu de merci à attendre des propriétaires de maisons détruites, de villages ruinés par des contributions forcées, de familles réduites au désespoir par la misère, des pères de francs-tireurs tués de sangfroid. Tôt ou tard il y a une Némésis pour la cruauté. »

Nous avons eu affaire à des Attilas lettrés, savants, philosophes, jurisconsultes. Est-ce une consolation, et qu’y gagnons-nous? Est-il plus doux pour nos paysans de tomber au coin de leur chaumière incendiée, frappés à mort sous la formule d’un droit de fantaisie, que massacrés simplement et sans phrase par la hache d’un barbare? Ce qui est triste pour l’histoire de l’humanité, c’est qu’en nous faisant cette guerre inexpiable, nos ennemis ont semé derrière eux une haine éternelle. Cela ne s’était jamais vu au même degré. Nous avons été, dans ce siècle, en guerre avec les Anglais, les Russes, les Espagnols, les Autrichiens. Pas une rancune sérieuse n'a survécu à cette nécessité sanglante de la politique qui a eu son jour, qui n’a pas eu de lendemain dans le ressentiment des peuples. Ici combien tout diffère!

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On dirait que nos ennemis le sentent, et c'est pour cela sans doute qu’ils veulent nous écraser. Ils ont peur, s’ils se retirent avant de nous avoir détruits, de laisser vivre derrière eux la vengeance.

Cet esprit prussien, dans ce qu’il a à la fois de sophistique et d’intraitable, semble s’être incarné dans un homme. Ce sera pour I historien de l’avenir un type curieux à étudier que celui du chancelier de la confédération du Nord. Qu’il réussisse ou non jusqu’à la fin dans son œuvre monstrueuse, qu’il laisse après lui dans sa patrie le renom d’un homme de génie (à quel prix, grand Dieu!) ou celui d’un homme funeste, auteur des catastrophes terribles qu’il s’expose à déchaîner sur son pays, il restera comme un des problèmes les plus irritants proposés à la psychologie et à l’histoire. Cet homme-là est vraiment un phénomène dans l’ordre moral. Les correspondants des journaux anglais, groupés autour de l’état-major prussien, l'étudiaient avec une obstination où perçait déjà comme une vague inquiétude. Ils nous représentaient dans leurs familières peintures cé Prussien massif de carrure, colonel et diplomate, on ne sait trop, autant soldat qu’homme d’État, prompt à la colère et à la riposte, grand abatteur de besogne, doué d’une puissance extraordinaire d’application, connaissant à fond tous les pays de l’Europe, se servant de sa vaste mémoire comme d’un magasin où sont tenus en réserve, classés, étiquetés, les innom-

brables casiers de la statistique universelle. C’est là l’homme extérieur; mais qui pourra pénétrer dans tes replis de cet esprit étrangement complexe? Qui pourra peindre ce mélange de souplesse et de hauteur, ce sceptique empressé jusqu’à la flagornerie auprès des puissances dont il n’a pas bien mesuré encore la profondeur ou le vide, insolent et rodomont dans le triompbe?

Obstination invincible, arrogance implacable, glaciale ironie, vrai Méphistophélès de cour, se servant indifféremment, selon l’heure, du vrai et du faux, mentant presque toujours, et parfois, pour mieux tromper son monde, disant même la vérité, employant à propos, au service de sa cause, l’intempérance calculée de son langage, raisonneur à outrance, dialecticien sans vergogne! Tout cela revêtu de vives saillies et d’une familiarité charmante, sauf à certaines heures où la discussion se serre, où sa mauvaise foi est à la gêne, et où éclatent enfin avec une sorte de joie barbare, comme si elles avaient été trop longtemps contenues, l’infatuation de la force et l'impertinence du succès! Ces jours-là , ce sont les jours de sincérité de l’illustre chancelier; mais il arrive alors à cette terrible sincérité de commettre des fautes irréparables et de laisser voir ce qu’on avait dans le cœur de haine contre la France. C’est un tort. Un diplomate peut manquer de sens moral, cela s’est VU; il n’a jamais le droit de manquer de goût, même à l’égard d’un vaincu. L’homme réel s’est

montré cette fois, et cet homme, c’est le génie même de la Prusse, âpre et implacable*.

Voilà pourtant ceux qui veulent nous régénérer! C’est leur grande prétention à tous. Je doute que M. le comte de Bismark ait une foi bien profonde dans la Providence ; elle se résume pour lui en beaucoup d’artillerie. N’importe : lui aussi, il accepte sans rire son rôle providentiel, comme toute la Prusse, revêtue, pour punir nos péchés, du glaive de justice. En vérité, à tous nos malheurs il ne manquait plus que ce ridicule. — Être vaincu par eux était dur; mais être châtié par eux! être moralisé par eux! c’est bien la guerre pénale {bellum puniiioum) dont Kant se moquait avec une spirituelle bonhomie. Que voulez-vous? ces gens-là, du plus humble au plus puissant, sont tous des pédagogues. Ils sont les maîtres d’école de l’humanité. Lisez les déclamations puériles de M. Mommsen ou de M. Du Bois-Reymond et comparez-les aux déclarations du roi Guillaume. Tous, ils veulent « nous rendre des mœurs. » Le mot

Plus d’un an après le moment où ce portrait a été tracé, il n’a rien perdu de sa vérité. Nous écrivons aujourd’hui sous l’impression de cette étonnante dépêche que M. de Bismark a chargé M. d’Arnim de nous communiquer dans la dernière quinzaine de cette triste année, et qui restera un monument de mauvais goût. C’est cette dépêche d’une ironie facile à un victorieux, où sous prétexte de l’acquittement par des jurys français de' deux individus accusés de meurtre contre des Prussiens, on nous fait une si haute leçon sur l’éducation morale qui nous manque et sur l’idée du droit qui s’éteint chez nous.

est consacré. C’est pour nous rendre des mœurs qu’ils viennent incendier nos fermes, dépeupler nos campagnes par la terreur. C’est pour nous faire expier les crimes de M“® Bovary et les folies de IM. Offenbacli qu’ils sont venus mettre à feu et à sang l’Alsace et la Lorraine. C’est pour châtier les oisivetés de notre jeunesse dorée, les légèretés de Paris, sa littérature de mauvais boudoirs et de journaux malsains, les corruptions publiques et secrètes de la cour et de la ville, qu’ils sont venus traînant à la suite de leurs hordes ces honnêtes chariots allemands sur lesquels s’accumulent les dépouilles de nos provinces, et qu’ils renvoient chez eux avec les bénédictions du prévoyant père de famille, le vaillant soldat de la landwehr!

Justiciers, ils le sont tous-, mais le grand justicier, c’est le roi Guillaume. Ce souverain est moins un homme qu’un principe. Il est la justice et lâ miséricorde, il est la loi vivante et l’amour, il est le châtiment et la bénédiction. Par nature, il est le plus doux des hommes-, sa piété et sa tendresse n’aspiraient qu’à se répandre sur le monde. Il aurait voulu passer sa vie à parcourir la Prusse, bénissant, édifiant ses sujets, ses enfants; mais une mission terrible lui a été donnée d’en haut. 11 faut qu’il fasse la guen-e aux ennemis de la Prusse, qui sont les ennemis du ciel. Soldat de Dieu, il exécutera sa consigne. Et comme son cœur va souffrir! Un jour, c’est le Slesvig qu’il prend; un autre jour, c’est le Hanovre, puis c’est

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Francfort qu’il occupe. H pleure, mais il prend. Il pleure encore, mais il prend toujours. Survient la guerre avec « son bon frère Napoléon. » Il est le plus fort, c’est tout simple : il combat pour Dieu, Dieu combat avec lui; entre Dieu et lui, c’est à la vie et à la mort. Aussi comme il répare les mœurs partout où il passe! Oui, en faisant le vide! Quelle douceur dans ses moyens de vaincre! Il fait bombarder Strasbourg à seule fin d’abréger pour cette pauvre ville le temps de l’épreuve : l’incendie de la bibliothèque, la destruction de la cathédrale, ne sont que des artifices de sa générosité. Ici, à Paris, la même générosité lui dicte une conduite contraire. Il lui répugne « de verser la mort et l’incendie sur la plus belle cité de l’univers. » Avec une sollicitude paternelle, il expose ù tous les postes de péril ses bons alliés les Saxons et les Bavarois ; c’est pour réhabiliter leur vaillance dans l’opinion de l’Europe, qui semblait en douter. Le témoignage le plus flatteur qu’il puisse leur rendre, c’est de les faire e-xterminer en ménageant ses propres soldats, qui n’en sont plus à faire leurs preuves. Ainsi dévoué à ses alliés, fier de son armée, pieux et prêt ù rendre grâces à Dieu pour les milliers de braves gens qu’il fait massacrer chaque jour, du reste, tout le monde le sait, tendre père, époux fidèle, que voulezvous de plus? Guillaume de Prusse est le modèle des rois.

Certes je ne m’exagère pas les vertus de la

France ; mais qu’on ne m’impose pas la tâche trop rude de reconnaître celles de la Prusse, d’admirer la magnanimité de son souverain et l’innocence de son premier ministre! A propos de cette intolérable pirétention de nos ennemis à se porter les justiciers de Dieu, on nous rappelle cette réponse de M. de Vendôme à qui l’on disait un jour qu’il était vaincu pour les péchés de la France et pour les siens : « Eh! pardieu, vous me la baillez belle! Est-ce que M. de Marlborough va à la messe ? »

Il connaissait bien cette race, ces souverains, ce peuple, le grand railleur et le grand poète qui nous a vraiment révélé l’Allemagne moderne, Henri Heine. Avec quelle verve étincelante, avec quel fonds de raison, malgré la passion qui l’emporte, devenu l’hôte de la France, ce « Prussien libéré, » comme il s’appelait, démasque « ces soidisant représentants de la grande idée allemande, ces faux patriotes dont l’amour pour la patrie ne consiste qu’en une aversion idiote contre l’étranger et les peuples voisins, et qui déversent chaque jour leur fiel surtout contre la France! » Il ne cessait de nous avertir des progrès sourds et de l’explosion prochaine de la haine des teulomams. «Le tonnerre en Allemagne est bien à la vérité allemand aussi : il n’est pas très-leste et vient en grondant un peu lentement; mais il viendra, et quand vous entendrez un craquement comme jamais craquement ne s’est fait entendre dans le

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monde, sachez que le tonnerre allemand aura enfin touché son but. » 11 est venu, le tonnerre allemand ; il a frappé fort. C’est l’aigle prussien qui l’a apporté. Personne n’observait cet aigle d’un regard plus inquiet que notre poète, et « pendant que d’autres vantaient sa hardiesse à regarder le soleil, lui n’était que plus attentif à ses serres. » Les ambitions hypocrites et militaires de cette race et de ces durs souverains le révoltaient... « Non, s’écriait-il, je ne pouvais me fier à celte Prusse, à ce bigot et long héros en guêtres, glouton,' vantard, avec son bâton de caporal qu’il trempe dans l’eau bénite avant de frapper. Elle me déplaisait, cette' nature à la fois philosophe, chrétienne et soldatesque, — cette mixture de bière blanche, de mensonge et de sable de Brandebourg. Elle me répugnait, mais au plus haut degré, cette Prusse hypocrite, avec ses semblants de sainteté, ce Tartufe entre les Étals! »

On dirait une page de pamphlétaire de génie, écrite à l’occasion de la guerre de 1870, — page prophétique en tout cas, à force de justesse dans l’observation des caractères et dans le discernement des causes lointaines. — Je ne voudrais cependant pas conclure cette étude sur un cri de colère. Tâchons d’élever nos âmes au-dessus de ce flot sanglant de haines et de violences qui sépare les deux pays, entraînés à cette lutte par des ambitions folles ou perverses. Gardons ce que nous pourrons préserver de cette noble et libérale sym-

patilie qui devrait survivre entre les esprits cultivés des deux races, les deux grandes ouvrières de la civilisation moderne, et préparer le jour de leur réconciliation dans la justice et dans la paix. Cette réconciliation, je ne l’estime durable qu’à deux conditions : la première, c’est que l’Allemagne revienne aux nobles leçons d’Emmanuel Kant et désavoue à tout jamais celles qu’elle a reçues de M. de Bismark. La seconde condition, c’est que l’unité, qui est, je le reconnais, dans la destinée de la race germanique et que nous ne devons ni entraver, ni troubler, se fasse par l’esprit allemand, non par l’esprit prussien. — L’esprit germanique, personne plus sincèrement que nous n’en a senti et reconnu l’honnète et naturelle grandeur. Tous nous rendons hommage, eu France, à cette simplicité des mœurs de la famille chez nos voisins d’oufre-Rhin, à cette sincérité de la vie, à cette profondeur de l’émotion poétique et du sentiment religieux. Il s’y joint, comme par surcroît, la plus grande liberté du travail intellectuel, la haute culture scientifique, et celte conscience théorique du droit qui se montre dans leurs livres, qui vient confirmer l’instinctive moralité du peuple, et qu’un dernier progrès réalisera, j’espère, un jour dans leur politique. — Avec cet esprit-là, notre réconciliation serait facile et douce; mais, pour Dieu! que ce fonds naturel d’honnêteté ne se laisse plus troubler par les génies malfaisants! Que la race germanique ne

livre plus les trésoi*s de sa science, de son travail et de son cœur à cet esprit de force et de ruse qui est l’élément du génie et de l’histoire de la Prusse! Avec l’unité allemande, la paix perpétuelle pourrait n’être pas un vain rêve. Avec l’unité prussienne, je crains qu’elle ne soit qu’une sanglante chimère. v

LES RESPONSABILITÉS

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