‹ Les Juifs à Paris depuis le VIe siècle (volume 2)Chapitre 15 sur 40 · UES JUIFS A PARIS · texte numérisé non relu

UES JUIFS A PARIS

duction de l’orgue et qu’on ne pouvait arriver à constituer le chœur; le culte extérieur négligé (1); une prédication qu’on « subissait » cinq ou six fois par an, mais qu’on n’ « aimait » pas (2). Rien enfin qui plût aux yeux, qui charmât les oreilles ou qui répondît à ces aspirations mystérieuses de l’âme que tout homme pieux porte en lui.

Avec cela des abus, qu’on était jadis arrivé à supprimer, s’étaient de nouveau introduits dans les mœurs religieuses, et des coutumes peu respectables s’étaient maintenues à travers les années. Le temple offrait un aspect étrange. Le mode de vendre les honneurs religieux à l’encan s’était conservé et faisait ressembler la maison de Dieu à une « salle de commissaires-priseurs (3) », avec les criées jetées en un langage moitié allemand, moitié hébreu, les offres lancées de plusieurs points du temple à la fois, les cris, les explications, les colloques, les allées et venues, et un brouhaha assourdissant (4).

Le Consistoire voyait tout cela et n’y pouvait remédier. Il en souffrait d’autant plus qu’on l’en rendait responsable . Il avait grand besoin d’argent à cette époque, et on ne lui ménageait pas les critiques. Qu avait-il fait depuis près d'un quart de siècle qu’il existait? Dans les occasions solennelles il avait « paradé » devant l’autorité « n’importe sa

(1) La Paix , Revue religieuse, morale et littéraire, par une Société d’hommes de lettres sous la direction de A. Ben Baruch Créhange. (Paris, 1846.)

(2) Ibid.

(3) La Sentinelle juive.

(4) Ibid.

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