Abraham Ibn Daoad, Sifer ha Kabbalah
< Du tümps de B. Cbasdaï le Nassi, les poëtes commencèrent à gazouiller, et dn temps de Samuel Hanaguid ils chantèrent à pleine voix. »
i. Il existe nn piyont mètriijne de Dotinasch ben Labrat; Dukes, Nachal Kedonmim, p. 7 ; on connaît en outre deux poésies métriques avec l’acrostiche Dounaich; or il n’y a point d’autre poëte de ce nom que Ben Labrat ; ils lui appartiennent donc. Conf. Landshnt, Amoude ha-Aboda. Dans leur polémi-
L£â JUIFS D’ESFAGDE
IIU
Nous coiuiaissons pea de chose de la vie de Menahem beaSarook. On sait qu'il est né à Tortoæ vers 910, et qa’il mourut vers 970.
Sa famille était peu aisée. Il fut protégé par le père de Ghasdaï, Isaac, auquel le poète dédia plusieurs chants de reconnaissance. MenaheBif se livra avec ardeur à l’étude de l’hébreu. Ses écrits août d’une moMesse incomparable ; cm peut le considérer comme le premier styliste hébreu.
Appelé à Gerdoue par Ghasdaï, Menahem, sur le cooseil de celui-ci, se livra à l’étude approfondie de la langue sacrée. Il entra résolftment dans cette voie vers 950'. Il composa un lexique hébreu complet sous le titrede Machbéret *, et ajouta ou rectifia plusieurs règles grammaticales.
que contTo Donnasch, les disciples de Hcnahem prodoisenl des piyourtTO métriques du premier (Pinsker, Likoulé. p. 166*) Zunz prétend que ia poésie néo>héJ}raïqae se boira aux sujets profanes, et que Hm-Gebirol l'inlroduisit le premier dans la liturgie synagogalc. Poésie synagogale, p. 216) : c’est une erreur, Zunz, du rosie, est en ronlradiclion avec lui-méme, i‘. Édtt« pour la première fois à Londres en 1865 par Filipowilri.
UES JUIFS D’ESPAGJiE . ili Le gramiaairifla. de Tortose attachait une grande importance à la précision des termes ; le but principal de son œuvre était la recherche des lois, de la langue et des nuances dany l’expression. H fut le premier qui distingua la racine pure des souches hébraïques et en sépara les lettres parasites. — Théorie toute simple auiourd’hui, nums que ses devanciers avaient méconnue, et dont l’ignorance 1aia««i péflétrer bien des formes vicieuses et bien des caeophonies dans les vers hébreux.
Chaque raeine, dans le dictionnaire de Menahem, est accompagnée de ses différentes inflexions et modifleatians, exposées avec une glande; clarté et une rate, intelligence des finesses de la lajQ^e ÿ, ses explications des passages lâbiique» sont pleines de bon sens et de goût, et parfois diamétralement opposées aux traditions talmudôques et aux idées, du temps; soüb exégèse eatenproga’èssur celle de Saadia.
On pevttreproehi^-àiMaBahera d’aivak poussé
Il» ■ LES JUIFS D’ESPAGNE
son système à l’excès en recherchant des racines de deux et même d’une lettre ; comme exégète il est parfois trop subtil, arbitraire et encore trop imbu du système prédominant jusqu’alors. Son lexique, écrit en hébreu, se répandit rapidement en France et en Italie, et remplaça le système de Saadia, qui avait été longtemps le seul guide pour les recherches bibliques.
Cet écrivain, au style coulant, pur et éloquent en prose, était maniéré, incolore et sans grâce dans ses vers ; il fut sur ce point complètement éclipsé par son contemporain et rival Dounasch ben Labrat.
Ce dernier, nommé aussi Adonim, était né à Bagdad vers 920 *. 11 était élève de Saadia, et fut, paraît-il, appelé par Chasdaï de Fez à Cordoue * .
Ardent, incisif et peu fait aux tempéraments, Dounasch était né pour les luttes littéraires.