Maok, loe. eit., p. 323 de la tradaelion latine
2. Ritter, dans sa Philosophie chrétienne, I, 611, sonlient qne Ips Arabes se servaient de la philosophie de Gebirol. Le Mekor Chai/im fut traduit d'abord en castillan, par le Juif converti Jean Avendaalh, puis du castillan en latin, par le diacre Domingo Gundisaivi, de Tôle le (vers 1130 à IISO). L’épilogue de la tra-
LES JUIFS D’ESPAGXE
Un contemporain d’Ibn-Gebirol , Bachya (Bechaya, Bachié) b. Joseph Ibn-Pakouda (Bakouda), suivit une voie différente de la sienne, bien qu’il introduisît également dans sa philosophie des éléments étrangers au judaïsme. Bachya était un de ces hommes à l’âme énergique, à la vie noble et pure, à qui il ne faut que des circonstances favorables pour opérer une révolution religieuse ; il créa une théologie morale toute particulière dans le * judaïsme.
On sait peu de chose de sa vie. Il écrivit à
duction dans l'axcmplairc de la Bibliothèqne Hazarine, commnniqué par Seyericin, Annales Ihéologiquet, 1886, p. 488, est ainsi conçu-
Finilus est tractatus quintns, qui est de materia unirersali et forma universal!, et ex ejps consummatione consummatus est totns liber, cnm anxilio Dei et ejus misericordia, Aveneebrol. — Transtulit Hispanis interpres linguæ Johannis tune ex arabico non absque juvante Domingo.
Conf. au sujet des deux traductions et de leur époque, Jourdain, Rteherthet critiques sur l'âge et Votigine des Traductions latines, I. III, {8. Les écrits d’tbn-Gebirol ont été utilisés par Guillaume d’Auvergne, évéque de Paris (mort en 1248), Albert le Grand, dominicain, évt'que de Ratisbonne (qui écrivit vers 1230), Saint- Thomas d'Aquin (1260), et Ouns Scot, mort en 1308. Conf. Munk, loe. cit., p. 291 et suivantes. Le Mekor Chayim fut tra-
peu près de 1050 à 1060 et ne paraît point s’être occupe d’Ibn-Gebirol. Il se révéla tout entier dans son œuvre : Livre sur les devoirs des cœurs, écrit en arabe *.
Le titre de l’ouvrage indique les tendances de l’auteur. Le point important pour lui, c’est le sentiment religieux, intime, qui conduit à une vie sainte et pleine de la crainte de Dieu. La philosophie, la grammaire, la poésie, l’étude de la loi ne sont que des objets secondaires ; il en est de même du Talmud, qui ne conduit qu’à l’accomplissement des devoirs extérieurs , bien inférieurs , selon lui , aux devoirs intimes, qu’impose la conscience. A l’exemple des maîtres chrétiens des premiers siècles qui étaient sortis du paganisme, il divisait la rehgion en deux parties : les lois pu-
dait parextraits en bdbren, par Scbem Tob Falaquera, vers 1270.
1, Le titre arabe est Kitab al Hidayah la Faraidh al Kulub, en hébreu. Chabot ha-Lebabot\ souvent réimprimé. Nos citations sont prises dans l’édition de Jellinek (Leipzig, 1846), précédée d’une préface littéraire, historique et bibliographique, irésmarquable.
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rement morales et religieuses, et les lois cérémonielles ou culte extérieur.
Cette aspiration vers Dieu et cette sanctification de soi-méme ne se bornaient pas, pour Bacbya, aux sentiments; elles remplissaient tout son être et réglaient sa vie. La raison, les Écritures et la tradition sont d’accord, dit-il, pour nous apprendre que, sans les devoirs du cœur, la religion dégénère en acte purement machinal *.
Un guide manquait dans cette voie : Bachya écrivit, d’abord pour lui-même, son traité de théologie morale; il le publia ensuite, — nonobstant quelques scrupules sur le mandat qu’il s’était donné , — pour ceux qui sont tièdes dans l’accomplissement des prescriptions religieuses, et particulièrement dans l’accomplissement de ces devoirs du cœur.
Toutefois, Bachya ne put complètement échapper à l’influence de Tesprit de recherche
i. Chabot ha-Ubabol, p. 14, 10, 151.
philosophique qui régnait alors parmi les Juifs : il plaça eu tête de sou système de morale l’étude sur Tunité de Dieu, étude qui n’a d’ailleurs rien de nouveau quant au principe, et dont il tire les corollaires suivants :
L’homme, être borné, serviteur de la Divinité, doit reraphr les volontés du Créateur, exprimées dans la loi écrite et orale; la confiance en Dieu doit s’allier chez lui à l’indifférence pour la vie extérieure; enfin l’humilité, puisée dans l’amour de Dieu, est la plus haute vertu de l’âme.
Bachya, exagérant les conséquences de son système, arriva à considérer l’ascétisme avec ses austérités comme le dernier degré de la sagesse humaine.
Pour combattre le penchant du peuple juif vers les jouissances matérielles, penchant puisé dans le contact des Égyptiens et surexcité plus tard par les riches produits de la conquête. Dieu avait institué et recommandé le
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naziréat ; dos prophètes particuliôreinentavaient mené une vie solitaire, contemplative. Si cet exemple ne doit pas être suivi par tous, — car le monde ne peut renoncer au travail, à l’activité, — il faut du moins une classe d’hommes contemplatifs (Perouschim), s’interdisant les jouissances de la vie, et enseignant au reste des humains à régler et à vaincre leurs passions.
Bachya était sur le point d’exalter le monachisme; il aurait sans doute vécu dans la retraite du cloître, si le Judaïsme s’accordait avec cette exagération.
La théologie morale de Bachya n’a point exercé une grande influence sur la marche des idées, pas plus que la philosophie empreinte de néoplatonisme d’Ibn-Gebirol.
Dans le grand mouvement intellectuel des premiers temps rabbanites , il ne faut pas oublier de mentionner un homme dont les idées ne tendaient rien moins qu’àébranler les bases du judaïsme : Abou Ibrahim Isaac Ibn-Kastar
(OU Saklar) ben Jasus Yitzchaki*, philosophe et médecin. Il est l’auteur d’une grammaire hébraïque intitulée : Compilation, et d’un autre ouvrage , Sefer Yitzchaki * (le Livre de Yitz~ chak), remarquable par la hardiesse de ses opinions sur la Bible. Il prétend que les passages de la Genèse qui traitent des rois d’Idumée ont été interpolés longtemps après Moïse, opinion isolée et fort extraordinaire alors, et qu’on a ressuscitée à des époques plus récentes.
Un autre poète remarquable du temps était
1. Né «n 98S, mort en 10S7. Poor U biographie de Ben Yasna, conf. le Journal de la Société orientale allemande, année 18S4, p. SMt et année 186S, p. 838; exiraiti de la Poéliqne de Moïse Ibn-Ezra. Joseph ben Eliéser Tob Elem Sephardi établit tr&sbien l'identité entre Ben Yasus et Yitzchaki dans an commentaire snr Ibu-Ezra (manuscrit) communiqué dans le Zion. I, 46, Il ne faut pas, comme Jacob ben Reüben, dans un écrit de polémique (manusc.), prendre Yitzchaki pour Isaac Israéli; es dernier n’a point composé de travaux exégétiques, mais un traité sur les premiers chapitres de la Genèse. Ibn-Ezra, >n parlant de ce dernier, ne l’appelle jamais Yitzchaki. Quant à la critique sur la Bible, v jez Ibn-Ezra, Commenlairs de la Genèse, xxxvi, 33.