‹ Les juifs d'Espagne, 945-1205Chapitre 34 sur 115 · Retpotua d'Alfassi, n · texte numérisé non relu

Retpotua d'Alfassi, n

S. Les Retpotifa d’Alfassi, an nombre de 3t2, imprimdcs d’abord i Livourne, 1781, paraissent avoir lité abrégées. Elles se rapportent toutes à l'état des choses un Espagne.

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s’élevèrent vivement contre les décisions que rendait Alfassi, soit qu’ils désapprouvassent sa manière hardie de traiter le Talmud, soit qu’ils fussent blessés de la supériorité accordée à un étranger. Alfassi répondit vivement ; ainsi commença une lutte des plus violentes, qui dura jusqu’à la mort des deux Isaac. Le premier, Isaac Alhalia, qui mourut en 1089, laissa de nombreux disciples , dont les principaux furent : son fils Yehouda, Moïse Ibn-Ezra et Joseph Ibn-Sahal. Après la mort d’Ibn-Ghiat, Alfassi se rendit à Lucena, où il succéda probablement comme rabbin à celui-ci. Il fut bientôt entouré de nombreux élèves auxquels il enseigna le Talmud, à l’exclusion de toute autre étude.

En 1091, Almutamed, le roi de Séville, vaincu par Yussuf, fut détrôné et conduit prisonnier en Afrique. Ibn-Albalia, qui avait eu un emploi à la cour du malheureux prince, paraît avoir quitté Séville à la suite de cet événement; il alla mourir à Grenade en 1094.

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Avant sa fin, il donna une remarquable preuve de grandeur d’âme en montrant commentil savait apprécier son adversaire. Baruch, son fils, âgé de dix-sept ans, pleurait à son lit de mort ; il allait rester seul, orphelin, sans protecteur.

— Va, mon fils, lui dit le père mourant, va à Lucena, auprès d’Alfassi , dis-lui qu’aux portes de l’éternité je lui pardonne tout ce qu’il a dit et écrit contre moi ; qu’il me pardonne à son tour ; j’espère qu’Alfassi accueillera à ' bras ouverts le fils de son adversaire.

Baruch obéit à son père. Celui-ci n’avait pas trop présumé de la générosité d’Alfassi. Il embrassa en pleurant l’orphelin et lui dit :

• Je serai ton père *. »

On ne sait ce qui est le plus digne d’admiration ici, la confiance de l’un ou la grandeur d’âme de l’autre.

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