Chozari U
terminer ses jours sur la terre d’espérance et de prornission*.
A ce désir se joignait une généreuse mais singulière illusion. Ne pouvant se dissimuler le danger de l’entreprise, Yeliouda se plaisait à croire que la conquête de la Palestine par les croisés n’était que le prélude favorable de grands événements. Il se flattait que, sous un gouvernement chrétien, il pourrait, sans être inquiété, se consacrer' tout entier à ses méditations religieuses, et peut-être attendre en paix les temps messianiques qu’il croyait proches. Yehouda détestait la domination musulmane ; les victoires successives des chrétiens sur les mahométans, les déchirements intérieurs des royaumes arabes, ce quatrième empire d’airain et d’argile, lui en annonçaient la ruine prochaine, après laquelle, selon la prophétie de Daniel, la puissance reviendrait au fils de l’homme, à Israël.