‹ Les juifs d'Espagne, 945-1205Chapitre 59 sur 115 · I . Cfiüzari Y, fin · texte numérisé non relu

I . Cfiüzari Y, fin

Dans les rêves enthousiastes où l’entraînait un profond sentiment national, Yehouda avait même cru pouvoir fixer, on ne sait sur quelles données, à l’an 5890 de la création (1 130), ces grands événements.

C’est à cqtte nostalgie de la Terre sainte que nous devons la magnifique série des Sionides, ces chants véritablement sublimes dont nous avons déjà parlé.

Il essaya de faire partager ses aspirations ardentes à ses corebgionnaires ; mais sa voix demeura sans écho. Il fallait toute la conviction, toute l’exaltation de Yehouda Halévi pour entreprendre une si dangereuse aventure, pour oser la justifier aux yeux des sages. Rien ne put le retenir. Il abandonna ses amis, cette école célèbre de Tolède qu’il avait fondée, ses disciples nombreux et dévoués, sa fille unique et son petit-fils Yehouda qu’il chérissait tendrement : car il mettait au-dessus de tout l’amour de Dieu, l’amour de la .Terre sainte où devaient reposer ses cendres.

Son voyage à travers l’Espagne ressembla à un triomphe; dans toutes les villes où il passait, les chefs, les communautés s’empressaient à l’envi de lui donner des preuves de leur admiration et de leur respect.

Yehouda s’embarqua pour l’Égypte avec quelques compagnons fidèles Les vicissitudes du voyage, les fatigues, les maladies, les plus effroyables tempêtes, « qui le laissèrent à deux doigts de la mort », rien ne put abattre sa grande âme; au milieu des horreurs de la tourmente, il écrivit des chants maritimes qui, comme énergie de peinture et profondeur de sentiment, sont presque sans pareils®.

Retenu par les vents contraires, Yehouda dut passer la fête des Cabanes en Égypte; il y fut reçu, honoré et admiré comme dans sa patrie. L’homme le plus considérable d’Alexandrie, Ahron Ben Tsion Ibn-Alamani, médecin

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