‹ Les juifs d'Espagne, 945-1205Chapitre 69 sur 115 · Kmound^ p. 96 et sv · texte numérisé non relu

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avait recommencé entre les Rabbanites et les Caraïtes fot pour lui le motif et l’occasion d’étudier le passé de ces sectaires. En effet, après la mort de l’empereur Alphonse, laquelle dut probablement entraîner la chute de son favori Ibn-Ezra, les Caraïtes avaient repris courage et renouvelé la polémique contre leurs adversaires. Ibn -Daoud s’efforça d’établir que le rabbinisme s’appuyait sur une tradition non interrompue depuis Moïse jusqu’à Ibn-Migasch. Il composa donc en 1161 ‘ une œuvre chronologique comprenant les époques de la Bible, celle du second temple et les périodes talmudique, saburéique, gaonique et rabbinique, et donna à ce livre le titre de Séder-ha-Kabbalah, « la suite de la tradition. »

Les documents qu’il a laissés sur la grande époque des communautés d’Espagne ont une valeur considérable. Il se servit en partie, pour

1. L'autenr indiqoe lui-mitme la date dans l'histoire de Saboréens.

leur composition, des écrits de Samuel Ibn-Na-

grêla.

Ses renseignements sont brefs, mais exacts et sûrs, et laissent souvent entendre plus gu’il ne juge convenable de dire. Le style est coulant et ne manque pas d’une certaine teinte poétique.

Pour compléter cette esquisse chronologique, lbn-I)aoud écrivit, d’après les chroniques arabes et espagnoles, un résumé de l’histoire romaine depuis la fondation de la ville éternelle jusqu’au roi visigoth Recared; enfin il rédigea une histoire des Juifs sous le second temple, composition dans laquelle il eut le tort de suivre les récits absurdes et falsifiés de Josippon, écrivain indigne du nom d’historien.

Abraham b. Méir Ibn-Ezra, né en 1088 ou 1089 était de beaucoup supérieur à Ibn- Daoud ; plus savant, plus profond et doué de

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