Isidori Hispalensis eonlra Judœoit libriduo
peuple d’Israël. Ses adversaires , en réponse à cet argument, montraient dans l'extrême Orient un royaume juif gouverné par un descendant de la maison de David *. Ils parlaient sans aucun doute de l’empire judéo-hymiaritique dans l’Arabie du Sud (l’Yémen), dont les chefs appartenaient à une famille, non juive, mais convertie au judaïsme.
CJomme dans les cas précédents, la protection
de la noblesse hispano-visigothe vint largement atténuer la rigueur des mesures décrétées par Sisenand et par le quatrième concile de Tolède, quand Ghintila vint à monter sur le trône. Ce prince réunit un nouveau concile à Tolède, fit confirmer tous les décrets précédents contre les Juifs, et, pourcouronner l’œuvre du fanatisme, déclara finalement que nul ne pourrait demeurer dans l’empire visigoth s’il n’appartenait à la communion catholique.
I . Le passage mérite d'élrj cité : • Judæt mentientes nescio quem regem es genere Judæ in extremis Orieiitis partibus regnum tenere. • {Contra Judieoi, c. I, $ 8.)
LES JUIFS D’ESPAGIJ^
Les évéques firent rétablir une loi en a de laquelle le roi , en montant sur le tr' prêtait le serment solennel de faire ri^ reusement exécuter toutes les lois contre Juifs. Ceux-ci durent se résigner à prendre le chemin de l’exil. Moins hem que leurs frères, les Juifs baptisés, atta( secrètement à la foi de leurs ancêtres, fiii obligés de signer une confession (placitu par laquelle ils s’engageujept ^ gar^p ( pratiquer saps restriction Uhcune ta r^lig catliolique
Les Juifs ainsi opprimés dissimulèrent L véritable pensée, espérant qu’une de ces volutions si fréquentes dans un royaume él tif viendrait modifier leur sort. En effet, ce situation misérable ne dura que quatre ans.
ne survécut pa» au règnodeChintilu (638-fM
A cette époque éclata un de ces évér
1. Voir l’iiilroJuction du Placitum Judieorum, de la Kùi'i/otAorum de Reccswiotb, c. iii, L IX, { 16.
inenls considérables qui influent puissamment sur les destinées du monde. Ni les Juifs, ni les chrétiens d’Espagne, ne se doutaient guère alors de ce fait, dont les suites devaient être si importantes pour eux. Une révolution religieuse et ^ociale, dont l’origine remonte aux principes constitutifs du judaïsme, envahit une partie de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe, répandant partout des ruines, mais jetant aussi des semences fécondes parmi la barbarie née de l’aUiance du christianisme monacal avec la corruption grecque et romaine, et répandue dans la partie centrale du monde ancien, Ce fut en réalité encore le judaïsme qui détermina la fermentation parmi les masses populaires, incertaines et prêtes pour les transforn;ations sociales. Les patriotes juifs poursuivis, c’est-à-dire les zélateurs dispersés jusque dans presqu’île arabique par Titus et Adrien, y avaient fondé de petites colonies à liedjaz, près de Yathreb (Médina), à Chaïbar et à Yémen.. -Ges fugitif? apqpirent bientôt les
vertus guerrières des habitants; ils leur nèrent en échange de meilleures notions s Divinité, sur la morale ; et quand Mahom entendre tout d’abord son cri de ralliem « 11 n’y a point d’autre Dieu qu’ Allah, »
vigoureusement soutenu par les Juifs cette tentative de propagande pour le prii de l’unité de Dieu et la sanctification de h Cependant des dissentiments ne tardèrent naître entre le prophète de la Mecque e Juifs; il les combattit, les persécuta et cl ceux qui restaient vers la Palestine et 1’ (Babylonie). Mais, ennemis seulement i leur pays d’origine, Arabes mahométar Juifs restaient alliés à l’extérieur et se so naient mutuellement. C’est avec l’appui derniers que les nouveaux conquérants a chèrent la Palestine et la Syrie aux fai souverains de Byzance, et détruisirent ens l’empire des Perses.
Les Mahométans, en échange de ce c cours fidèle, accordèrent aux Juifs une t(
rance extrême ; ils leur permirent de s’organiser poL'tiquement sous l’autorité d’exilarques ou princes de l’exil (Resch Galouta) de la maison de David, résidant dans l’Irak, et de fonder les florissantes académies de Soura et de Pombadita.
Titus avait détruit, avec le temple, l’unité du culte ; Adrien avait anéanti, avec les débris du Sanhédrin, l’unité de l’enseignement et de la législation religieuse; Théodose avait effacé, avec le patriarchat, l’unité des souvenirs ; les Arabes rendirent en partie cette dernière aux Juifs : désormais ceux-ci possédaient une sorte de communauté d’État. L’exilarchat que leur donna Omar, le premier calife, remplaça le patriarchat. Ali créa pour eux le gaonat des deux grandes académies déjà nommées, qui tint lieu de sanhédrin.
De ce centre rayonnaient de nouveau l’en- • seignement, lalégislation religieuseunique, sur toutes les communautés de l’exil. Cette restauration partielle du judaïsme par les Arabes
avait son importance pour la civilisation versolle; runion de deux peuples sémif contribua puissamment à initier à la poés aux sciences 1 Europe encore barbare'.
L’Espagne devait être le foyer de cette lisation naissante juda'ico-arabe. Ce payi soupçonnait guère alors le rôle qui lui i réservé ; l’ardeur avec laquelle, plus que les autres États, il persécuta la race sé tique,, devait servir à développer le puiss mouvement intellectuel et scientifique des d peuples.
Au moment même où les Juifs de l’Ori avaient reconquis la liberté et une véritable au nomie, leurs frères d’Espagne étaient expoi aux plus cruelles infortunes. Les uns avaif émigré ; les autres étaient forcés d’accepter baptême. Ces derniers n’en restaient pas moi attachés en secret à la foi de leurs pères. Pi tégés par les nobles visîgoths toujours ind( pendants, ils s’empressèrent de retourner a juda'isme, dès que le fanatique roi Chintila fi
LES iillFS D'ESPAGNE 3<
mort. Son sùfccôssour, Chiridaswind, ne Songeait qü’S sè délivrer de la tutelle envahissaftte du haut clergé ; il exila nombre dé prélats qui durent chercher un asilé en Afrique et dan^ la Gaüle tHéridiohale , c'esf-à-dire dahs les lielix rnêmes où leur fanatisme avait relégué les Jüifs. Chîndastt'md sé montra très-bienveiilant pour cédx-ci, eni dépit deS édits canoniqùes contre les hérétiques et les Juifs ; le roi permit à ces derniers de retourner dans leur patrie ; ils furent peu molestés sous son règne * (642-652). Us durent cependant payer à l’État une capitation spéciale *.
Il semble que, par une sorte d’alternative bizarre, mais régulière, chaque changement de règne chez les Visigoths dût modifier dans un sens diamétralement opposé la situation des Juifs.
Autant Ghindaswind avait été tolérant pour
1. Cwrf. dissertation déjii citée sur la IrgitUitiort dri Vitigolht concernant Ict Juifi, pa^e lU.
eux, autant son fils et successeur, Recesw leur fut hostile. Dès son avènement au t il adjura le huitième concile de Tolède, q trouvait réuni à cette époque, de prendn mesures énergiques contre les Juifs entêt< relaps, « la honte et la peste du pays. » Le i cile se borna à confirmer les dispositions a tées au quatrième concile sous le roi Siseb
Les Juifs conservèrent donc la faculté rester dans le pays, mais ils ne pouvaien posséder d’esclaves chrétiens, ni occuper d’ plois publics, ni témoigner en justice contre chrétien. Cette dernière humiliation avait c frappé, un siècle auparavant, les Juifs de ]’< pire byzantin.
Quant à ceux qui, pendant la persécutif s’étaient convertis au christianisme, leur siti tion fut plus misérable encore. Ils dun
1. Concilium Tolelanum VllI, præfatio 13, 13, et canon .< ciui par d'Agnirre, CoUeelio eonciliorum, II, pag. 610, 617.
abjurer de nouveau le judaïsme ; la fuite était impossible ; les châtiments lesplus sévères étaient édictés contre ceux qui , pour éviter le baptême, se cachaient ou essayaient de quitter le pays.
L’histoire n’a pas conservé les noms des martyrs qui moururent pour leur foi. La plupart continuèrent à dissimuler; comme on les soupçonnait, avec raison, de rester attachés secrètement à leur première religion, on les força de nouveau à signer une formule d’abjuration (placitim Judœorutn).
Ainsi les Juifs de la capitale Toletum (Tolède) signèrent, le 18 février 654, pour le roi Receswinth, une confession dont le contenu mérite d’être rapporté. Us y déclaraient, ou plutôt on les forçait à déclarer : « Que déjà, sous le roi Chintila, ils avaient promis de persister dans le catholicisme; que leur manque de foi et les erreurs héréditaires les avaient empêchés de reconnaître le Christ comme Dieu ; mais qu’ils promettaient présentement,
et de par leur libre volonté, eux, leius femmes
ot leurs enfants, de ne plus s’adonne rites et usages des Juifs; qu’ils s’ab draient dorénavant d’entretenir des rel.
condamnables avec les Juifs non baptist se marier entre parents (avec leurs nièces pouser des femmes juives, d’observer le rémonies du mariage juif, de pratiquer b concision, de célébrer la Pâque, le sabt les autres fêtes, d’observer les prescrip sur la nourriture, et en général de t< les abominables prescriptions et couti du judaïsme. Ils s’engageaient au ■ traire à croire et à reconnaître avec foi entière tout ce qu’enseignaient Évangiles et les traditions apostoliqu et à observer, sans hypocrisie ni déto toutes les lois de l’Église. Une seule cl cependant leur était impossible, c’était sage de la chair de porc; ils no p valent vaincre leur répugnance sur ce pc mais ils promettaient de manger sans dé^ tout ce qui était cuit avec le porc. Quicon
d’entre eux violerait un des engagements précités, périrait de leurs propres mains ou des mains de leurs fils, par le feu ou par la lapidation ; ils le juraient au nom de la Trinité. Le roi néanmoins pourrait faire grâce au coupable, qui serait traité ensuite comme esclave * . »
Il est certain que dans les autres villes du royauma hispano-visigotli, les Juifs baptisés malgré eux furent ol)ligés de signer également de semblables promesses. En môme temps ils durent continuer à payer l’impôt particulier des Juifs 2. Suivant la logique du fisc, le trésor ne devait rien perdre de ses revenus par leur conversion.
Vers cette môme époque, Receswintli abolit la loi romaine dans tout le royaume et fit réunir eu un corps les ordonnances des rois visigoths
1. PlacidiniJiHÎicoram, Lex i'^isigoUtorum, liber Xll, lilre M. ^ 10. D’A^çuirro, ihid.» page 507.
2. Conciliinn ToleUnum XIV, præf. 8-9 el canon i, cilo par fi’Aguirre, ibkl.t 7 30-740, et Ux Vhigotlionim, VII. 2, g J8.
et des conciles ; ce code devait à l’av^iir gler tous les rapports des habitants du p La nouvelle législation recueillit toutes les positions antérieures les plus sévères co IjBS hérétiques et les Juifs, notamment e; qui concernait les Juifs baptisés malgré ( qu’on traitait d’hérétiques judaïsants. Le r ajouta de nouvelles mesures. L’exercice se du judaïsme était puni par le feu ou la lap tion. Si le coupable était gracié, il devei esclave à perpétuité Mais le fanatisme prince ne s’arrêta pas là. Il savait que les s gneurs indépendants protégeaient les JuifS; qu’ils permettaient même à ceux qu'on a\ convertis de force, de vivre selon leur cr science ; en conséquence il publia une ordc nance en vertu de laquelle nul chrétien devait protéger ces derniers sous peine d’i communication.
Toutes ces lois, toutes ces dispositions n’i
i. Conf. la dissertation citée, pages 18 et suir., 35 et soiv.
tinrent pas le résultat attendu. Les Juifs attachés en secret au judaïsme ou, suivant l’appellation usitée alors, les chrétiens juda'isants, n’abandonnaient pas réellement leur croyance ; au contraire, ils s’y attachaient avec plus d’ardeur, en raison môme du danger. Ces hommes, profondément et cruellement blessés dans leur conscience, surent fatiguer leurs innombrables et soupçonneux ennemis, et restèrent fidèles à la religion de leurs pèreshu milieu desplus grands périls. Dans l’intérieur de leurs familles, ils continuaient à observer les fêtes juives et négligeaient les solennités de l’Église. Les prélats ne pouvaient tolérer cet état de choses ; une dernière ordonnance enleva aux persécutés jusqu’à l’intimité du foyer. Ils devaient passer les jours de fêtes juives et chrétiennes sous les yeux du clergé, afin qu’ils fussent contraints réellement de célébrer les unes et de négliger les autres. Les récalcitrants étaient punis, selon l’âge, par de fortes amendes ou par les verges.
Contraste singulier ! pendant qu’on sait ainsi subir aux Juifs baptisés des K nements de persécution , les autres n’éta nullement molestés. Ils conservaient mô par le fait, la fliculté de posséder des claves chrétiens, pour les travaux des char et de la maison. Le clergé lui-même ven( des serfs chrétiens aux Juifs, en dépit des 1 de l’Église. Il est vrai que le roiTLeceswii dénonça ces faits au dixième concile de 1 lède. U adjura les membres de la réunion faire respecter les lois canoniques. Le conc ne pouvait être moins zélé que le roi. 11 édi< contre ce genre de ventes la peine de l’excor munication et de la damnation éternelle. 1 pénalité était excessive ; aussi eut-elle fort pi d’effet.
En 672, Wamba succéda à Reces'vvinth ( par la volonté des grands de l’État. Le noi veau règne ne paraît point d’abord avoir donn aux Juifs l’espoir d’une amélioration de leu sort. L’oppression, la contrainte de l’hypocrisi
qu’on leur imposait les poussèrent à se joindre à un soulèvement organisé contre le souverain. Le comte Hilderich, gouverneur de la Septimanie, qui appartenait alors à l’Espagne, refusa l’obéissance au chef récemment élu.
II tenait à s’attacher les Juifs qui possédaient de grandes fortunes, l’argent étant le nerf des insurrections aussi bien que de la guerre. 11 promit donc aux Juifs baptisés malgré eux un asile sûr dans sa province, en même temps qu’une complète liberté de conscience; les opprimés ne pouvaient rester insensibles à cet appel : ils émigrèrent en masse * .
Le roi ^\'^amba envoya contre Hilderidi de Nîmes le général Paulus; celui-ci lit cause commune avec les insurgés de Sepümanie, qui l’élurent roi à NarK une. L’entreprise de Hilderich paraissait devoir réussir; mais le règne de Paulus fut de court '■ durée.
1 . Tncas Tndonsis, dans sa Chroniquê, p. 59. Conf. LoiviiWc HUloire d'Espagne, p. 103 et suivantes, et Adolphe ilel!îcri*.h, Origine et histoire de V empire visigoih, p. 185.
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Wainba se mit lui-même à la tète d’une arr et vint assiéger Narbonne. La ville fut pri Hilderich et Paulus furent sévèrement pur Les Juifs furent expulsés de Narbonne, prol blement à cause de la part qu’ils avaient pris l’insurrection. Au reste, Wamba ne semble gu< avoir accordé d’attention aux Juifs de ses Éta Le onzième concile, qui eut lieu sous s règne, ne s’en occupa point. Par suite de ce singulière alternative que nous avons, déjà à constater, ils paraissent avoir joui d’une ce taine liberté sous le gouvernement du succei seur de Receswinth (672-680) ; ils déployère môme une grande activité pour leur défens Quelques-uns des plus savants d’entre ei rédigèrent des écrits de controverse contre 1> chrétiens. Ces travaux avaient un double bu ils devaient d’abord établir que si les Juifs i voulaient pas accepter la religion de Jésu ce n’était ni aveuglement, ni folie, — ain que le prétendaient invariablement les concile et les auteurs chrétiens; — il s’agissait ensuit
LES JUIFS D’ESPAUNE U
de s’affermir dans la foi, eux et leurs frères, qui, par leur vie extérieure, appartenaient au christianisme.
Ces œuvres de polémique, dont il est à peine resté trace, étaient, selon toute apparence, écrites en langue latine * .
On n’en connaît qu’un seul détail, c’est que les auteurs s’y appuyaient sur une tradition (aggadique) suivant laquelle le Messie n’apparaîtrait qu^après la six-millième année de la création. Ges six milliers d’ans répondaient aux six jours de la création; le septième millier formait le sabbat universel, le temps messianique attendu. Ils citaient à ce sujet le texte du psaume : « Mille ans aux yeux du Seigneur ne font qu’un jour ». »
1. L’existence d’écrits anti-chrétiens parmi les Jnifs hispsno-visigutbs, est sufflsaminent établie par la Lex Vitigo- Horutn(II, 3, H) : Si quis Judæoram libres illos legerit, vol doctrinas attenderit, in quibus male contra fldem Christi senlitnr, etc.
». Julien de Tolède, dans un écrit apologétique contra Judaios dans la Bibliolheca patram maxima, édit. Lugduni, t. XI
Or, d’après leurs calculs du temps, il s’é peine écoulé quatre mille ans entre la cré et la venue de Jésus ; le Messie, selon euj pouvait donc être apparu encore. Cette objei a dû être posée d’une façon irréfutable pa
p. 615 et suiv.). développe cette opinion des Juifs sur le sep millier des temps messianiques :
Cum (Judiei) Cliristum nccdum pro sainte hominum in dum renisse, sed adtiucventurum esse præsumant, diceiites adhuc quinla wtas tipculi evolatur et necdum adliuc v( sextæ ætalis curriculum in quo venturum nosci op^ Christum.
Sur quoi Julien ajiostroplie ainsi les Juifs ;
Ubi ista legistis ? An forte ei ilia opinione hoc dicitis, in Psaimo prætcribitur. ubi ait : Quoniam mille anni oculos tuos tam|uam dies una, ut sicut sex diebus factus : mundus priescribitur, ita ut quasi sex Eetates in aiinis sex mil distinguantur.
Les Juifs avaient puisd cette croyance aux sources ag; talmudiques, Conf. Synhédrin, 97 et suiv. Tana di-be Rabba, c. 2. Il en résulte que les Juifs d’Espagne, au vu” si connaissaient le Talmud soit directement, soit indireclemenl reste, Julien lui-méme connaissait si peu l'hisloire de l’Éj qu’il ignorait que les docteurs chrétiens des temps aposloli et ultérieurs admettaient complètement le dogme citiliastiqc six milliers d’années du monde. Conf. Barnabas (Epistola ; 2 ti oTJVTeXiï ô 6tc; xupicç e^ouu; e-Eoi và TtavT» ; r. ■jàf
rt«p’ aÛTÛ x'iXix e'td. Justinien le martyr, Irénée, Apollinaii d’autres Pères de l’Eglise ont fait entrer le dogme du Chilia dans leur exposé du christianisme (Christologie). Conf. su calculs incertains dans les temps postapostoliques, le Kaki rium de Charlemagne, de Piper, p. 149 et suiv.
LKS JUIFS D’ESPAGNE
écrivains juifs, de sorte que maints chrétiens commencèrent à chanceler dans leur foi *,
Le successeur de Wamba mit fin à cette liberté du culte, de la pensée et de la parole. Il s’appelait Erwig'. Ce seigneur, d’origine byzantine, était un vrai Grec de la décadence, dissimulé et sans foi. 11 s’empara du trône par ruse, après avoir forcé le roi régnant à entrer dans un couvent. Pour faire légitimer cette usurpation par le clergé, Erwig fut obligé à quelques concessions : naturellement il sacrifia les Juifs.
Au concile qui devait le couronner, il proposa une série de mesures rigoureuses contre ces derniers. Son discours à ce sujet est un modèle de fanatisme, et du pathos le plus ridicule ; en voici le début :
I. Julien de Tolède, à l'endroit déjà cité : (Judæi) qui cæca nfidelitatis nocte posscssi, non solum baralliro detestabilis perfidiæ concidunt, sed eliam quosdam e fidelium numéro titubare compellunt, cum Christum, etc. ; et an commencement du troi. sième livre ; Hoc primum omne genus christianoram admooeo ut guitquis christianorum a quolibet Judæo secundum Hebræo. rum telates ipsas com|Mitare audivit non illi cor <««t)i <n/Iec(al.
U LES JUIFS D’ESl’AüNE
« C’est avec uu torrent de larmes que viens supplier la vénérable assemblée d’e ployer tout son zèle i\ purifier le pays de lèpre de la corruption. Levez- vous! leve vous ! tel est mon cri. Détruisez le lien d coupables, amendez les mœurs honteuses d transgresseurs, ceignez-vous de zèle, allég la charge, et surtout détruisez jusque dans racine la peste des Juifs, qui s’endurcisse constamment dans de nouvelles folies. » C exorde suffira pour donner une idée des seni ments d’Erwig.
Des vingt-sept paragraphes qu’Erwig soi mit à l’approbation du concile, un seul concei nait les vrais Juifs. Les autres étaient formu lés contre les chrétiens judaïsants, ceux qi avaient été baptisés de force et qui, malgi toutes les promesses, les confessions écrites ( les peines les plus sévères, ne renonçaient pa à leur première religion.
Erwig déploya dans cette circonstance un grande activité. Deux jours après la clôtur
LES JUIFS D ESPAÜXE
du concile, présidé par Julien de Tolède, d’orig-ine juive — le 15 janvier 681 — on rassembla tous les Juifs, baptisés ou non ; on leur notifia immédiatement qu’ils auraient à se présenter au baptême, eux, leurs enfants et leurs autres parents ; ils avaient un an pour se conformer à ces ordres, faute de quoi on contisquerait leurs biens ; les récalcitrants devaient recevoir en outre cent coups de verges , on leur enlèverait ensuite la peau du front et de la tête en signe de honte éternelle, après quoi ils seraient bannis du pays. Des peines plus sévères encore devaient atteindre les Juifs baptisés qui ne renonceraient pas aux pratiques tradition-* nelles de leur première foi, etc., etc.
Plus conséquents que les législateurs modernes, le roi et le concileobligèrent les Juifs à porter constamment sur eux le texte des dispositions oppressives qui les concernaient.
Ces lois eurent le sort de toutes les législations aux rigueurs excessives, elles restèrent pn'sque partout à l’état de lettre morte. La
situation politique de l’empire visigoth con bua beaucoup à ce résultat. Depuis la rév d’Hildericli de Nîmes et du général Paulu; s’était produit, à côté d’autres éléments de blesse, une profonde scission dans la nati divisée dès lors en deux factions des p violentes. Le roi Erwig n’était en réalité qui chef d’un parti considérable des grands et < seigneurs ayant voix à l’élection des souverai; un second parti lui était hostile et se trouv exposé a de cruelles persécutions. Des homn do race antique furent réduits à lacondition d’( claves, mis à la torture et dépouillés de lei biens*. Les opprimés firent cause commun les Juifs baptisés ou non étaient protégés p le parti anti-royaliste. On détruisait, ilestvr; les synagogues; mais, malgré la loi formel!
les Juifs continuaient a demeurer dans le jxiys Ils semblent même avoir affirmé let croyance d’une manière peu équivoque. L