‹ Les juifs d'Espagne, 945-1205Chapitre 8 sur 115 · Concilium Toictanum, XV, pr^falio · texte numérisé non relu

Concilium Toictanum, XV, pr^falio

î. Confer. la dissertation, page 10.

LES JUIFS D’ESPAGNE <i7

effet, le roi Erwij^ demanda au prélat le plus savant et le plus considérable de l’époque, au métropolitain Julien de Tolède, de composer une réponse aux Juifs pour combattre l’opinion que ces derniers manifestaient par écrits et par paroles, que Jésus ne pouvait être le Christ, parce que le sixième millier n’avait pas commencé de son temps. (V. plus haut, p. 41.)

Le prélat entreprit la défense du messianisme' de Jésus et la réfutation du système Juif sur les six milliers d’années.

En écrivant son traité De la démonstration du

sixième millier contre les Juifs, Julien ne paraît pas avoir eu grand espoir de convaincre ses adversaires; ü songeait plutôt à ramener à la foi les chrétiens que l’argumentation des Juifs avait ébranlés ; nous en trouvons l’aveu dans ses propres et significatives paroles ; « Afin que, si le Juif ne s’amende pas, au moins le chrétien en tire quelque utilité*. *

1. Introduclion auxJuliani 1res libri de demonslralione œtatis ttxta eonlra Judœos.

LES JUIFS D’ESPAONE

La démonstration do Julien est faible, nif au point de vue chrétien

Chose curieuse! ce prélat, le président synode qui combattait officiellement Juifs, ne méprisait nullement les coreligic naires de ses pères. Il était même intimem lié avec l’un d’eux, nommé Restitut qu’il chargea d’apporter son écrit sur Fie future à son collègue l’évêque Idab fort étonné de voir un mécréant porte d’une aussi sainte œuvre.

Le successeur d’Erwig, son gendre Egi( se relâcha d’abord dé la sévérité du roi prôc dent contre ses sujets appartenant à la foi ni saïque, tout en engageant les Juifs baptisés persévérer daiis leur nouvelle croyance, leur fit naturellement renouveler leur senne de fidélité au christianisme; mais comme l’i dulgence n’obtenait pas plus de succès qi les rigueurs, il se mit à les persécuti plus violemment que tous les princes préct dents. Il leur défendit de posséder des bien;

de faire le commerce de mer, et, en général, d’entretenir aucunes relations d’affaires avec les chrétiens (693 ) .

Poussés au désespoir, les Juifs essayèrent de résister. Ils se mirent en rapport avec leurs frères d’Afrique, plus heureux sous la domination arabe. C’était probablement dans le dessein de détruire l’empire visigoth, en s’appuyant sur les conquérants mabométans d’un côté, sur le parti des seigneurs mécontents de l’autre : le projet n’avait rien d’irréalisable dans l’état de décadence où était arrivé l’empire visigoth. Mais l’entreprise fut dévoilée trop tôt ; Egica réunit les preuves de la conspiration et les exposa au concile de Tolède. L’audace des Juifs leur attira une violente persécution; tous ceux d’Espagne, sans exception aucune,

■ furent déclarés esclaves et donnés comme tels aux grands du pays, sans pouvoir jamais être affranchis. Les enfants au-dessous de sept ans furent arrachés à leurs parents afin d’être élevés par des chrétiens.

Seuls, les Juifs guerriers qui gardaiei passages des Fjréuées contre les envah raents des Gaulois, conservèrent leur indé dance ; mais on exigea qu’ils se converti!

au christianisme. Un historien affirme Witiza, fils et successeur d’Egica, rappel Juifs bannis ‘ ; mais tous les faits ultérieu surtout l’attitude des Juifs, contredisent assertion.

L’empire visigoth était arrivé à sa Après la mort de Witiza, Tarik, le ,con rant mahométan, arriva d’Afrique avec armée puissante et enthousiaste, et en l’Andalousie. Les Juifs bannis, et ceux étaient restés dans la Péninsule, firent c commune avec les conquérants. Un g nombre d’entre eux combattirent vaillam dans les rangs des Arabes à la bs de Wadibucca ou Xérès, sous la cor

Page 1