Alkifti, 1. c
i. Maïmonklo donne lui-iuâine celte date. Il élail donc âge de 33 ans.
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rechercher les principes sur lesquels reposent les lois, et présenter l’ensemble dans un ordre méthodique et précis, tel est le but que poursuivit Maimonide dans son ouvrage. Ce livre se distingue en effet par la clarté, l’ordre et la brièveté. Maimonide fut le premier qui traita le Talmud d’une manière scientifique ; il fallait un esprit puissant et méthodique comme le sien pour venir à bout de cette tâche, à laquelle la nature du Talmud lui-même opposait tant d’obstacles. L’auteur écrivit une introduction lumineuse à Tœuvre entière; de plus, il plaça en tête de chaque partie l’exposition des principes sur lesquels reposent les divers et multiples détails. Ilôt preuve, dans ces recherches, d’une profonde connaissance de la matière, ce qui lui donna une autorité suffisante pour s’éloigner souvent de la tradition talmudique et suivre une voie nouvelle, plus simple, et qui lui est propre *.
1. Sur l'importance de ce commentaire, conf. Frankel, Uarchi ha-MiscImah, ou Hodegeliea in Mùchmm, p. 3Î0,
Maimonide traita avec une certaine prédilection les points de la Mischnah qui touchent à la science, et où il pouvait invoquer les principes des mathématiques, de la physique, de l’anatomie, de la morale et de la philosophie. 11 se trouvait là dans son véritable élément. 11 pouvait démontrer que les docteurs de la Mischnah, les dépositaires delà tradition, avaient cultivé la science et en avaient fait une des bases de leurs travaux. Il tenait surtout à établir que la Mischnah renferme une morale solide et une conception puissante et philosophique de Dieu. A cet effet, il s’attacha particulièrement à faire ressortir la partie aggadique de l’œuvre, qui jusque-là n’avait été traitée qu’ accidentellement et d’une façon superficielle. Dans la remarquable introduction de son commentaire, il dépeint le vrai caractère du prophétisme, lequel ne repose point sur le miracle ; il traite ensuite des rapports de la philosophie avec la loi sinaïque, des figures qu’emploient la Bible et les Prophètes.
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ot qui ae. sont que Je vêtement, l’enveloppe matérielle de doctrines philosophiques et de hautes vérités métaphysiques. 11 caractérise la nature de la tradition, laquelle, selon lui, ne réside pas dans la totalité de la Mischnah, mais dans les éléments halachiques seuls, qui échappent à toute divergence d’opinion ; car toute tradition, par son essence môme, doit être déterminée et ne peut être sujette ni au doute ni à l’indécision, i’ar cette .proposition, Maimonide s’est mis en contradiction avec le Talmud, et en a sapé la base.
Une des plus belles parties de ce commentaire est cejle qui se rapporte aux maximes des Pères (Pirké Aboth). Maimonide y développe ses idées sur la psychologie, la morale, l’idéal de l’homme parfait, et le libre arbitre en corrélation avec l’omniscience de Dieu et la prédestination ; sur l’immortalité de l’âme dans ses rapports avec le dogme de la résurrection et la déb’vrance messianique. C’est
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ainsi qu’il inftisait au judaïsme talmudique des doctrines philosophiques, sans se douter qu’il s’abusait lui-même. Convaincu d’un côté que les doctrines d’Aristote, d’Ibn-Sina (Avicenne), etc., étaient des vérités indiscutables ; de l’autre, que la révélation sinaïque, la parole des prophètes, l’aggada du Talmud dans ses principales affirmations, étaient également la vérité, il se crut en droit de conclure que le judaïsme et la philosophie de l’École devaient se soutenir et se confirmer réciproquement : de là ses efforts pour expliquer certains versets bibliques, certaines sentences aggadiques, de façon à ce qu’ils pussent s’accorder avec les maximes de la philosophie.
Pas plus que ses prédécesseurs juifs, pas plus que tous les penseurs du moyen âge, Maimonide ne se douta que ces deux autorités qu’il voulait concilier reppsent sur des bases complètement opposées, et qu’au lieu de se corroborer elles se détruisant plutôt iputuellement.
Cette illusion de Maimonide le porta à développer, le premier, un credo juif. Le judaïsme n’étant qu’une philosophie révélée, devait régler non-seulement les actions des hommes, mais aussi leurs opinions, leurs pensées. Maimonide établit donc certaines vérités immuables, que le croyant doit accepter pleinement, et il fixa ces articles de foi au nombre de treize, savoir ;
Dieu est éternel, unique , immatériel ; il est le créateur de l’univers ; à lui seul doivent s’adresser nos prières ; il a inspiré tous les prophètes.
Moïse est le plus grand de ces prophètes ; il a reçu sur le Sinaï la loi, écrite et orale , CÆtte loi est immuable.
Dieu connaît toutes nos pensées ; il récompense les bons et punit les méchants ; il enverra un Messie, qui fera régner le bonheur sur la terre ; ü ressuscitera les morts.
Bien que ces articles de foi ne s’appuient pas en totalité sur des textes précis, que plu-
sieurs n’aient pour base que des recherches et des études philosophiques, Maimonide n’en pense pas moins que celui-là seul est un véritable Israélite qui les reconnaît tous comme vrais ; quiconque en rejette un seul est considéré comme hérétique (Min, Apicoros), n’appartient plus à la communauté juive et n’a point do part à la vie future *.
C’est ainsi que Maimonide éleva à la fois la confession juive à la hauteur d’une doctrine consciente d’eUe-même, et mit des bornes à la liberté absolue de la pensée. Jusque-là, les actes seuls formaient l’essence, le caractère de la vie juive; quiconque remplissait les prescriptions religieuses était Juif, quelles que fussent d’ailleurs ses opinions. Maimonide marqua les limites entre la foi et l’hérésie, non sur le domaine défini de la pratique religieuse, mais sur le sol moins ferme de la théorie ; il introduisit ainsi l’élément