Collection épistolaire, 20els
du Talmud étaient pour lui des autorités légales, et il les mettait au premier rang après les prophètes; ils formaient l’idéal qu’on devait imiter pour atteindre la perfection morale et religieuse. Leurs prescriptions, leurs décisions, ne fussent-elles que préventives, ne peuvent être négligées que dans les cas prévus par le Talmud lui-même; nul n’a le droit de s’écarter des lois rabbiniques, émanant d’une autorité religieuse qui représentait pour ainsi dire la nation juive (Bet-Din), et confirmées d’avance par les saintes Écritures*; de sorte que, au point de vue pratique de l’observance, la distinction entre les lois bibliques et les lois talmudiques perdait toute importance.
Maimonide conforma strictement sa vie à ses principes, et fut un rigide observateur des lois rabbiniques. Il raconte que, pour obéir à la prescription du Talmud, il écrivit de sa propre main un exemplaire des livres de Moïse
i,-JIilchot Mamrin,
LKS JUIFS U’KSPAGNE
sur un rouleau, et que, la veille de l’anniversaire de la destruction du Temple, il ne consommait que du pain et de l’eau*. Si nous en croyons son petit-fils, Maimonide se reprocliait Inôme d’avoir, contrairement à la décision talmudique, demeuré en Égypte, séjour interdit aux enfants d’isràêl.
11 ne connaissait rien aü-dessus du Talimid chacham, c’est-à-dire du sage qui s’occupe de l’étude du Talmud ; il le fut lui-même dans le sens le plus étendu du mot, et à ce titre il menait une existence de travail, de dévouement et d’oubli de soi-même.
On lie peut s’empêcher de remarquer l’espèce de contradiction qui existe entre les opinions si hardies de Maimonide à l’endroit du Talmud et son respect scrupuleux pour les prescriptions de ce même livre. Le caractère de ce grand homme est au-dessus du soupçon d’hypocrisie ; on ne peut voir là que l’illusion