‹ Les juifs d'Espagne, 945-1205Chapitre 97 sur 115 · à la rommuiiauU (le Marseille, collection épisloluire · texte numérisé non relu

à la rommuiiauU (le Marseille, collection épisloluire

5&, à Samuel b. Ali, M. 38 6 ; à Joseph b. Aknin, id. l’in; et «latis Teplire compléta (J/irrAol A broAnm, éd. Goldberg, L)k, 1860), Iniroduction, fcuilloi 3 a. Voir aussi lbn>Y'a«*hin . SchattchèUihf 10, 32.

LES JIIIKS D’ESPAGNE m

forme concise, méthodique, si supérieure au chaos des écrits et commentaires talmudiques connus, eût suffi pour en assurer le succès.

Parmi les savants d’Espagne, nous apprend un auteur contemporain, Scheschet Benvenista ‘, ce fut un véritable événement : « Avant l’apparition de ce livre, dit-ü, on ne savait guère formuler les résultats des longues et fastidieuses discussions du Talmud et d’Alfassi ; le Gode de Maimonide, avec sa langue simple, son ordonnance admirable, fit la lumière aux yeux de tous; la haute moralité que respire l’ouvrage ne fit qu’ajouter à son prestige ; chacun l’étudiait, le copiait, s’en pénétrait ; on apprit à juger les questions et à contrôler les décisions des juges, chose inconnue jusqu’alors. »

Les résultats lurent partout semblables, même en Orient, où les études talmudiques étaient plus fortes qu’aüleurs. Le Code de Maimonide acquit bientôt une grande

t . Epttre aux savants de Lunel ; le manuscrit appartient à M. Carmoly.

autorité; on le considéra comme le livre fondamental de la religion juive, comme une Bible et un Talmud nouveaux. Quant au maître lui-même, on lui voua une véritable vénération, autant pour sa science que pour sa vie pure et exemplaire. On lui prodigua les épithètes les plus flatteuses; on l’appela la « Lumière d’Israël », le « Guide des rabbins » ; sa renommée pénétra jusque dans l’extrême Orient; bientôt, éclipsant toutes les célébrités juives contemporaines, il devint une autorité universellement reconnue, et les hommes les plus savants demandaient et acceptaient ses enseignements et ses décisions.

Il faudrait peu connaître le cœur humain pour croire qu’il n’y eût point quelques voix discordantes au milieu de ce concert général d’admiration. Ces adversaires, peu nombreux d’abord, étaient surtout un certain nombre de rabbins ou de savants pour qui leur connaissance routinière et superficielle du Talmud consti-

tuait la science universelle ; l’œuvre de Maimonide leur enlevait d’un seul coup cette vaniteuse illusion, et c’est ce qu’ils ne pouvaient lui pardonner.

Au Caire, ces talmudistes de la vieille roche ne daignèrent même pas lire le Gode de Maimonide; d’autres récusaient l’auteur parce que, selon eux, à Bagdad seulement on pouvait acquérir la véritable compétence en pareille matière, etc. *.

A la tête de tous ces esprits étroits et jaloux se trouvaille gaon de Bagdad. Cet homme, orgueilleux de son titre, entouré d’un véritable appareil de despote oriental, suivi de nombreux disciples, formait le contraste le plus frappant avec Maimonide, toujours simple, toujours modeste au milieu des témoignages d’une admiration presque universelle. Le savant auteur du Gode ne daigna pas répondre aux attaques sourdes et haineuses de ses ennemis. Ajoutons

Epîlre à Joseph Ibn-Aknin.

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cependant qu'il eut quelques adversaires plus dignes ou plus sincères : les hommes qui avaient compris combien le judaïsme talmudique, tel que le concevait ce maître, s’éloignait de la tradition, et qui voyaient là des germes d’hérésie et des dangers pour la foi. Quant à la masse, comme toujours, elle s’émut pour des questions de détail et tout à fait secondaires.

A Alexandrie môme, il y eut une véritable émeute parmi le populaire, au sujet d’une opinion du Code sur l’ingtilité de certaines ablutions; les plus exaltés, suivant une inspiration absurde, et par conséquent de tous les temps, menacèrent de dénoncer Maïmonide aux autorités mahométanes, comme novateur en matière de foi. Un Provençal établi à Alexandrie écrivit même à ce sujet une lettre à Maïmonide, et lui exposa les griefs formulés contre son Gode. On lui reprochait entre autres de ne point citer ses autorités, de rendre superliue l’étude du Talmud, etc.

Maïmonide répondit avec un calme et une

patienCift inaltérables à ces accusations, tantôt injustes, tantôt passioimées Et cependant, en ce moment même, la fatalité semblait s’a:? cj^arner contre lui : la maladie, les revers do fortune, la mort des siens, vinrent successiveptient le frapper. Tant de coups cruels l’eussent accablé, si une âme comme la sienne n’eût été au-dessus des atteintes du sort.

Cependant il vit luire des jours meilleurs vers 1185. Après la perte de sa première femme, il s’était remarié avec la sœur d’Aboulmaalé, personnage attaché à la cour. Elle lui donna un fils. Abraham, qui devint sa joie et son orgueil. C’est à cette époque que vint à lui celui qui devait être son disciple préféré, sou lils selon l’esprit : Joseph b. Yehouda Ibn-Aknin », né à Geuta,Mahométan en appa-

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