A TRAVERS
Une nouvelli^ servante était entrée dans la maison^ mais ce n*était plus Anezka. Dès le lendemain du départ mystérieux de la jeune Glle, Marièm avait dit ( et elle ne cessait de le répéter ) que jamais dans le monde entier on ne trouverait à remplacer une ûUe digne^ par son in«-
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telligence et par son adresse, d*être la fille du plus grand des Rabbins. Avec elle on pouvait discuter toute sagesse. Elle dirigeait le ménage aussi bien qu'une vraie fille juive. La nouvelle servante était entrée, pour ainsi dire, du pied gauche dans la maison ; bien qu'elle eût servi pendant quelque temps dans le ghetto voisin, la grand'mère la trouva sotte et ignorante. Elle gâtait bien des ustensiles de cuisine en les mêlant les uns aux autres, sans se rappeler que le pot destiné à la viande ne peut servir à contenir du lait. Outre cela, elle faisait, au sujet des choses religieuses, des questions trop fréquentes, auxquelles Marièm n'était plus habituée depuis longues années et qui la préoccupaient beaucoup. — Est-ce que jamais Anezka avait fait une question ?
Le sabbat était revenu, et, selon son habitude, Yossef s'était rendu à la synagogue du ghetto voisin. Pendant la lecture de la Bible, certains passages du chapitre du jour tombèrent sur son âme comme des gouttes brûlant s de fer fondu. Il trembla en y découvrant retracée dans les termes les plus vrais, toute sa situation de la semaine écoulée. Dans ce chapitre de la Bible, où Moïse, à Rapproche de sa mort, répand une dernière bénédiction sur les croyants et verse l'anathème sur les transgresseurs de la loi, dans ce chapitre du saint livre, il était écrit textuellement :
a Tu n^auras qu'une existence précaire parmi les nations et la plante de tes pieds ne trouvera pas de repos. Car le Seigneur te donnera un cœur tremblant, des yeux
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humbles, une âme desséchée ; tu n'auras qu'une vie flottante, nuit et jour tu auras peur et tu trembleras pour ta vie. Le matin tu diras : Ah ! que ne fait-il nuit 1 et le soir tu diras : Ah I que ne fait-il jour ! Tout cela par suite de la terreur que t'inspireront la lâcheté de ton cœur et tous les objets qui s'offriront à tes yeux, o (Pentateuq. chap. 28, 65, 66, 67).
Ces saintes paroles n'étaient-elles pas adaptées parfaitement à la s tuation de Yossef ? chaque lettre, chaque mot ne retraçait-il pas ime minute de son existence? M 'entendait-il pas sans cesse les malédictions de la Bible se glisser sur ses pas, comme un voleur qui épie les choses les plus cachées, pour se les approprier en temps opportun? Y avait-il une existence plus terrible que la sienne ?
Pourtant, le sombre génie de l'inquiétude ne le dominait pas continuellement. En certains moments, et pendant que la malédiction biblique pesait sur lui de tout son poids, il se demandait soudain avec toute la résolution d'une âme ardemment croyante : « Mais, ce qui est écrit là, s'applique-t-il bien à moi en tous points? La Thora (la bible) ne parle que de ceux qui n'écoutent pas la voix du Seigneur, qui n'observent pas ses commandements et qui désobéissent à sa loi : sur ceux-là tombe toute malédiction. Mais qui peut me dire : Yossef, tu es un mauvais Juif, tu sors en voiture et à cheval pendant le schabbés (le sabbat), tu ne mets pas tes tephlines (phylactères) , tu ne jeûnes pas le yom kippour (jour des expiations), tu opprimes la veuve et l'orphelin. Qui pourrait me dire cela en face, sans risquer de se voir écraser
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par la foudre? Une enfant de mA mère s'est déta-^ chée de nous et s'est oubliée, hélas I comme elle nous a oubliés nous-mêmes ainsi que son père, qui est dans la tombe. Mais moi, je suis resté avec ma mère et avec mon Dieu. Où sont donc mes péchés?
A des questions de cette nature, il n*y a pas de ré*ponse; une âme inquiète flotte dans Tincertitude, et Técho de pareilles pensées est un écho trompeur qui renvoie des sons et des réponses qu'on n'a pas demandés,
Yossef sentit bientôt que son âme n'était pas soulagée ; dans son cœur était encore la peur, cette peur qui le fai^ sait trembler nuit et jour devant tous les objets qui s'offraient â ses yeuùs.
Cette nature singulière s'engagea dans une voie étrange. Plus les paroles de l'Ecriture sainte retombaient sur lut tantôt comme une bénédictiott, tantôt comme une nielle destructive, plus il croyait y découvrit la solution du problème de son existence.
Le Juif po88ède«t-il autre chose que les pages écrites de la thora ? n'est-elle pas la source de sa vie, la souche de son existence ?
On avait donné à Fischelé un maître du ghetto qui lui enseignait aussi bien l'allemand que l'hébreu. Julius Arms« teiner (c'était le nom du maître) venait depuis nombre d'années dans la maison » sans y être beaucoup remarqué, et sortait sans laisser de trace sensible de sa présence. La grand'mère l'estimait peu : son aversion (chose ûngulière !) tenait à ce que l'instituteur parlait le bon allemand. Elle ne pouvait pas discuter avec lui et se chagrinait toutes les fois que, pendant la leçon, il reprenait
UNB ENPâNT »BRDUB. fSQ
Kifichelé avec une sévérité exagérée sur chaque mot de jMmh (jargon hébraSco-allemand) qui lui échappait, tt Bientôt, lui disait souvent Marièm, Tenfant ne vous comprendra plus. » Yossef éprouvait pour l'instituteur du ghetto une aversion plus profonde encore. Selon lui, Julius Armsteiner était trop éclairé et traitait Dieu trop légèrement s il lui paraissait même fou à certains égards. Armsteiner ne cessait de parler en dialecte bon-ailé" "mand des réformes à introduire dans le judaïsmô; il se moquait des orthodaxes, et longtemps avant qu*uûe ré-* cente révolutiMi avait décrété un nouvel ordre de choses* Yossef entendit sortir de la bouche de Tinstituteur lés mots A' Emancipation et de liàef^té dé eonseimcei deux mots dont il ne saisissait pas Clairement le sens* C'était le dernier surtout qu'il ne pouvait comprendre malgré toutes les explications en bon allemand de Julius Armsteiner.
— Est-ce que nous autres Juifs nous n'avons pas une croyance libre ? dit-il un jour à instituteur du ghetto. Qui m'empêche d'être Juif? Qui se tient à ma porte, un fusil chargé à la main, pour me tuer si je mets mes ieph- Unes (phylactères), s'il me plaît d'oren (prier) ou d'aller trois fois par jour à la synagogue ?
-— C'est l'Etat î c'est l'Etat! avait répondu Julius Arm^ teînef , avec des regards attristés. Pouvez-vous devenir le moindre petit scribe au bailliage ? Pouvez-vous devenir professeur? A quoi ne serais*je pas arrivé, si ma qualité de Juif ne m'avait arrêté en chemin?
Malgré h différence d'esprit qui existait entre ces deux hommes, Yossef s'était ouvert avec plus de confiance à l'instituteur du ghetto, depuis cette mémorable soirée du
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sabbat où il avait rencontré Madeleine devant sa maison. Souvent il entamait avec lui des discussions religieuses et trouvait moins à redire à ses explications. Son âme semblait éprouver le besoin d'écouter les avis d'un autre, d*épier chaque remarque échappée par hasard pour y trouver une consolation à ses peines, de ramasser quelque perle tombée à terre pour la faire servir triomphalement à l'ornement de son bonheur.
Yossef était présent chaque fois que Julius Armsteiner enseignait la thora à l'enfant. Il passait là ses plus heureux et en même temps ses plus terribles moments. La source vive du saint livre répandait sur lui des torrents de bénédictions et d'anathèmes, de trouble et de lumière, de consolation et^de terreur... et que d'autres choses eacore!
Cette semaine-là, ^instituteur était arrivé à la ûq du 5* livre du Pentateuque. Déjà Yossef avait entendu à la synagogue ce même chapitre qui avait retenti à son oreille comme un fier chant de victoire. Une force mystérieuse le poussait à l'entendre encore une fois, à laisser mugir encore sur sa tête l'écho terrible de la parole de Dieu.
L^enfant était en train d'expliquer ce passage : « Peutêtre y a-t-il parmi vous un homme, une femme, une famille ou une tribu dont le cœur s'est détourné du Seigneur notre Dieu, pour aller servir le Dieu de ces nations et pour devenir />«u^-e/rtf au milieu de vous une racine qui produit du fiel et de l'absinthe. »
— Peut-être? murmura Yossef sous la voûte de la boutique dont la porte entr' ouverte lui permettait d'entendre toute la leçon.
— Qu'est-ce que cette racine, monsieur l'instituteur?
demaDda Fischelé après avoir traduit le texte hébraïque en bon allemand, qu'est-ce que cette racine qui produit du fiel et de l^absinthe et comment faut-il entendre cela? Yossef dressa Toreille ; tous ses sens étaient aux aguets.
— Cela est pris au figuré, dit l'instituteur. Moïse a désigné par ces mots ceux qui abandonnent la religion juive pour s'en aller vers les païens, car tu sais qu'à cette époque-là, à l'exception des Juifs, le monde entier était idolâtre. Donc celui ou celle qui renonce à la religion juive est considéré comme une racine amère au milieu de fruits sucrés. As-tu compris ?
— Pourtant ! pourtant I se dit intérieurement Yossef peu satisfait d'ailleiu-s de l'explication du précepteur.
— Après, dit ce dernier.
Et l'enfant lut :
» Et si tout en entendant ces paroles de malédiction, il se félicite lui-même dans son cœur, en disant : Mon cœur me dit que je suis heureux si je mêle l'ivresse à l'abondance...
— L'ivresse à l'abondance ? se demanda Yossef redevenu inquiet. Est-elle donc si heureuse ?
Que n'eût-il pas donné si l'enfant avait avoué qu'il ne comprenait pas le sens de ces paroles, parce que luimême ne le saisissait pas ! L'instituteur n'eut rien à ajouter. Les feuilles de la bible continuèrent à tourner, les versets se succédaient, l'anathème suivait la bénédiction ; l'on ne s'arrêtait plus que pour commenter certains passages obscurs, mais les explications de Julius Armsteiner étaient loin d'éclairer l'homme qui se trouvait
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dans la boutique, sur les feits qui décidaient de son existence.
L'instituteur et Tenfant s'étaient hâtés, d'un comuàun accord, d'arriver au sublime chant final de Moïse :
c( Les pervers et les méchants se détachent de lui, disaille cinquième Verset; ils sont une tache d'opprobre, ils ne sont plus ses enfents. »
— C'est celai s'écria Yossef avec joie du fond de sa boutique, c^est cela I qu'on vienne dire encore que ^ n^est pas écrit dans la thora 1 a Ils sont une tache d'opprobre, ils ne sont plus ses enfants. »
Un silence de quelques instants avait succédé à l'explication de ce verset. Yossef se mit de nouveau aux écoutes pour s'assurer si l^enfant ferait une question.
— A qui s*adresse-t-il, à proprement parler ? demanda Fischelé, car enfin il ne nomme personne.
— Il s'adresse aux païens et à ceux qui veulent le devenir, répondît l'instituteur,
— Aux païens seulement ? se demanda-t-on dans la boutique.
Yossef commençait à douter de l'infaillibilité de l'instituteur. Il regretta vivement que Julius Armsteiner ne se fût pas donné la peine d'expliquer plus longuement un passage susceptible de tant d'interprétations. Il se promit de ramener l'instituteur sur le même sujet, aussitôt la leçon finie, « car, se disait-il, si on lui paie une si belle somme d'argent, c'est pour qu'il instruise l'enfant et non pour qu'il le laisse dans les ténèbres, o
On entama un passage qui excita encore au plus haut
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degré rattention de Yoasef dont; les seQ3 étaiçQt çoqapie aiguillonnés par de brûlante^ orties.
Dans son discours d'^di^u ^ux tribu$ d'I^r^ëli Moïse s'î^dresae ainsi à l^évi ;
« Ceux qui dirent à leur pèr^ et à leui* mèf e : « JQ nq te Yoig pas ; » à leur frère ; a Je ne te connais pas, » e( à leur ûls : a Je ne sais rien de toi, -ceux-là obéi^Qt ^ ta parole et observent toQ alliance, n
Yossef fut forcé d§ s'appuyer de^ deux maiqs contre le mur, tant ces paroles le frappèrent. Dieu et sou prophète ne Fapprouvaient-ils pas de la manière la plu 9 évidente ?
Dans la chambre, il s'était &it de nouveau uu assez long silence. On eût pu entendra le $ang monter et descendre par flots dans le cœur de Yosaef et parcourir les battements de son pouls fébrile I 11 lui semblait que la nature entière avec tout ce qu^elle renferme, attendait avec impatience la réponse, Texplication qui allait sortir de la bouche de l'instituteur.
**- Maître, dit Fischelé, je ne comprends pas ce passage. Quel est Tenfant qui dirait à son père, à sa mère ou à ga soeur : Je ne te connais pas, je ne sais rien de toi, va-t'en ? Et celui qui parlerait ainsi serait pourtant un homme pieux et aimé de Dieu ?
Pendant que Fischelé avait fait cette question, Yossef était entré doucement dans la chambre et s'était placé derrière la chaise de l'enfant. Pareil à un juge qui épie la figure d'un accusé, il attacha fixement les yeux sur les lèvres de l'instituteur,
**- Cela ne doit pas s'entendre ainsi, dit celui-ci, et
ilik LES JUIFS DE LA BOHÊME.
je crains même que mon explication ne t'éclaire pas suffisamment... attends que tu sois plus âgé.
— Que j'attende ? répondit l^enfant en riant.
— Faites-le-lui comprendre autant que le comporte sa raison, monsieur l'instituteur, dit Yossef avec un calme apparent, Fischelé ne manque ni d'esprit ni d'intelligence.
Julius Armsteiner sentit sans peine que l'explication de l'obscur passage intéressait autant le père que Tenfant,
— Sais-tu ce que c'est qu'un ecclésiastique ? demanda-t-il.
— Pourquoi ne le saurais-je pas ? C'est un curé.
— Bien. Le curé a-t-il femme et enfants ?
— Mais cela lui est défendu.
— Veux-tu savoir pourquoi ? si le curé avait femme et enfants, le monde s'imaginerait qu'il ne serait plus un bon ecclésiastique.
— Pourquoi ?
— Aux yeux du monde, l'ecclésiastique est le représentant de Dieu sur la terre, parce qu'il a le pouvoir d'absoudre les hommes de leurs péchés et de les en laver complètement. Donc, celui qui jouit d'un si grand pouvoir aux yeux des chrétiens, celui qui peut lier et délier, doit être plus qu'un homme, car il travaille pour Dieu sur cette terre.
— Plus qu'un homme ? demanda Fischelé étonné.
— Cela signifie, qu'il ne doit pas marcher dans les mêmes voies que le reste des hommes, qu'il doit préférer Dieu à tout ce qui est sur terre et détacher son cœur de tout ce qui réjouit les hommes. Comme le guide qui
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no'js indique une route, il doit s'élever au-dessus des hommes pour mieux en être vu.
Ici la voix colère de Yossef interrompit TinstituLeur.
— Pardonnez-moi , monsieur l'nstituteur, dit-il avec un geste de vivacité, mais c'est à devenir fou que d'écouter plus longtemps vos discours. Quel rapport y a-t-il entre ce texte et vos explications ? De même qu'un bouffon, vous faites rimer toutes choses ensemble, sans vous en préoccuper davantage. Qu'est-ce qu'un ecclésiastique a donc à démêler maintenant avec le chumech (Pentateuqae) ? Avez-vous envie de faire de mon enfant un ecclésiastique ? est-ce pour cela que vous lui enseignez les devoirs d'un curé ?
L'instituteur , avec ce sourire de supériorité propre aux gens qui croient en quelque sorte déroger à leur dignité en réfutant les erreurs d'un illettré, l'instituteur, disons-nous, sans paraître blessé de l'observation singulière de Yossef, répondit :
— Mon bon Rebb Yossef, pourquoi ne pas me laisser achever mon explication ? J'ai voulu faire comprendre à votre fils que les prêtres catholiques invoquent ce verset de la bible pour prouver qu'ils n'ont rien à démêler avec l'Etat et qu'ils sont dégagés envers lui de tout devoir et obligation. Je voulais dire que ce verset est la clef de voûte de l'Eglise catholique, qu'il est le clergé lui-même, et qu'aussi longtemps que le clergé en saura tirer les conséquences....
— Laissez-moi tranquille ! s'écria Yossef en colère et en frappant la table de son poing , laissez-moi tranquille avec vos. ecclésiastiques et vos clefs de voûte! Lors-
que j*aurai envie de faire construire une voûte, jê ferai venir les maçons et non vous...
— Bon Rebb Yossef, interrompit ^instituteur pour calmer la colère de son adversaire, je n'ai pas songé un instant. . .
— Vous avez songé à mille choses et vous ave^ oublié la véritable. Mon enfant est un enfant juif et son père est Teniant d'un juif; il faut donc lui parler clairement. Si Tenfant vous demande : « Gomment Dieu peutil exiger qu'on dise à son père, à sa mère ou à sa sœur : Je ne te connais pas, je ne sais rien de toi, » vous devez lui répondre : «Oui, oui, Dieu peut exiger cela ; si ton père, ta mère ou ta sœur méconnaissent Dieu, s'ils le trahissent lui et le monde entier, alors ils sont de la mauvaise race dont parle l'Ecriture, parce qu'ils ont renié Dieu, alors aussi ils sont une tache d'opprobre. C'est à ce père, à ce frère, à cette sœur qu'on doit dire : Je ne te connais pas, je ne sais rien de toi. d Mais ce n'est pas avec vos billevesées qu'on instruit un enfant juif. Voilà comment je comprends ce verset et tous vos ecclésiastiques, et toute votre philosophie ne me détourneront pas de tnon opinion .
L'instituteur ne se rappela-t-il qu'en ce moment l'histoire de cet intérieur que les paroles de Yôssef avaient fait ressortir avec des couleurs si vraies? ou bien, blessé des rudes propos d'un homme vulgaire, jugea-t-il toute réponse indigne de sa supériorité? Quoi qu'il en soit, il garda le silence.
— Après ! dit-il à Fenfant au bout de quelque^ moments.
VNE ENFANt t>}Sllt>Uft. Hil
Et Fischelé lut :
a Seigneur, bénis sa fortune, complàis^toi aux œuvres de sa main; brise les reins de ceux qui s'insurgent contre hii, de ceux qui te haïssent^ afin qu'ils ne se relèvent pas. »
*— Nous y voilà ! dit Yossef^ et vous pouvez vous convaincre maintenant qu'il ne s^agit nullement de vos ecclésiastiques, n n'est question que de Juifs , mais non d'ecclésiastiques ou de voûtes d'église. Oui, il est béni, béni jusqu'à la centième génération ^ celui qui ne connaît plus sa mère ni sa 8œur> et Dieu a brise les reins de ceux qui s*msurgent contre lui, afin qu'ils ne se relè^ vent pas. »
Sur ces mots, l'instituteur ferma sa bible et mir fin à la leçon.
Y eut-il entente entre ces deux hommes? Lequel des deux était dans le vrai ?. . . .