‹ Les juifs de la BohèmeChapitre 8 sur 25 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

plus parlé à sa sœur depuis le jour où elle a proffiné la maison et déshonoré sa famille par sa conversion. Yossef est la personnification du fanatisme, mais d'un fananisme combattu par des sentiments plus nobles : s'il n'était pas fanatique , ce serait le meilleur des hommes : il hait sa sœur convertie au point de la voir tomber sous une charge de bois sans la relever, et puis, quand il apprend qu'elle est souffrante, il va, sans rien dire à personne, rôder une nuit entière, par vent et par pluie, autour de la maison de celle qu'il ne peut et ne veut plus voir! La vieille Marièm, elle, ne souffre pas moins qu'Iosseff de la perte de sa fille ; mais elle est restée mère ; la religion et l'amour maternel se partagent son âme, et c'est souvent le dernier qui l'emporte : elle est souffrante et alitée. Dominée par son fils qu'elle craint surtout quand il s'agit de Vautre^ elle guette le moment où Yossef est occupé à vendre des marchandises dans la boutique voisine de son lit, pour remettre, en cachette, au petit Fischelé, son messager, un paquet de sucre et de café, qu'elle tire de dessous son oreiller, pour l'envoyer à la ran^e qu'elle sait souffrante. C'est là une scène on ne peut plus originale et elle est traitée par M. Kompert de main de maître : M. Kompert

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