‹ Les juifs, rois de l'époqueChapitre 10 sur 22 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Conséquences de l'alTanilIssement de rantorité.

L’affaiblissement de l’autorité amène l’abandon du faible, du travailleur.

Quand le capital n’a plus d’obstacles à redouter de la part de l’autorité, protectrice providentielle et na» turelle du travailleur, le capital spolie sans pitié le travail et le talent de leurs droits, ou bien il les rémunère à son bon plaisir. Ce bon plaisir est devenu la loi des transactions industrielles.

Le capitaliste a mis le pied sur la gorge au consommateur et au producteur. Il les a odieusement rançonnés tous les deux. 11 a acheté trois francs ce qui en valait six, et vendu six francs ce qui en valait trois,

La concurrence exterminatrice , engendrée par l’anarchie, a réduit les salaires de l’artisan au-dessous du minimum suffisant à assurer la nourriture de celui-ci. Les travailleurs ont poussé eux-mêmes à cette réduction en se faisant concurrence entre eux, et ils ont eu à subir en même temps la concurrence des maîtres. Celle des machines est venue donner à l’ouvrier le coup de grâce. Tous les progrès de l’industrie et de la science , qui devraient être un bienfait pour l’humanité en général en activant les ressources de la production et en allégeant le travail de l’homme , se sont convertis pour le travailleur en instruments d’oppression et de

CO>’SÉQüENCES DE L’AFFAIBLISSEMENT DE L’ AUTORITÉ. 105

ruine. Les machines pacifiques sont devenues des machines de guerre entre les mains des capitalistes , qui s’en sont servis pour écraser leurs malheureux concurrents ; et le monopole de V industrie lucrative s’est constitué entre les mains des riches.

Les progrès du morcellement et de l’usure ont marché de pair avec ces empiétements du capital que le frein de la loi n’arrêtait plus; car c’était la liberté, la libre concurrence prèchée par les économistes qui engendrait le monopole et ses suites.

Une effroyable et progressive indigence s’est étendue sur les districts manufacturiers, et comme un voile funèbre a intercepté les derniers rayons de sentiment religieux qui réchauffaient encore l’espérance du pauvre et soutenaient son courage en ses afflictions. Au spectacle des iniquités dont il était victime , et que Dieu et le gouvernement toléraient sur la terre, le travailleur s’est pris à douter de la justice de Dieu et de celle des rois, et il s’est rué dans son désespoir contre les autels et les trônes qui ne le protégeaient pas. L’insuffisance du salaire a rendu le travail répugnant, et chassant l’artisan de l’atelier, l’a jeté sur la voie publique et l’a livré à toutes les suggestions du vice. Alors le gouvernement et les riches ont élargi leurs prisons et augmenté leurs armées pour résister à la nouvelle invasion des barbares.

Des prisons et des soldats, dont il faut prendre les dépenses d’entretien sur le travail du peuple! c’est tout ce que les savants et les hommes d’État ont su imaginer pour prévenir l’explosion des besoins révolutionnaires ^ engendrés par la misère, le désespoir et la démoralisation des classes laborieuses.

DE EA FÉODALITÉ FINANCIÈRE

Des prisons î quand il y a des malheureux qui sollicitent comme une grâce d’y être admis jusqu’à la fin de leur misérable existence , pour être sûrs d’un grabat et d’une nourriture de chaque jour!

Le gouvernement et les riches ont aussi conseille l’usage des caisses d’épargne à ceux qui demandaient de l’ouvrage et du pain. Ils ont envoyé des livres de sagesse ahx pauvres filles qui ne savent pas lire , pour arrêter les progrès de la prostitution qui ruisselle sur le pavé des grandes villes.

Et comme les désordres et les intempéries des saisons amènent quelquefois à leur suite une épidémie désastreuse qui décime les populations , ainsi l’anarchie commerciale, et les folies des gouvernés, et la pusillànimité honteuse des gouvernants, ont amené le fléau de la féodalité industrielle et financière, l’un des plus ignobles fléaux qui puissent affliger les nations.

ORlGIiNE ET AYÉNEMËN’i' DE l.A FÉODAUTÊ.

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