‹ Les juifs, rois de l'époqueChapitre 11 sur 22 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

S.jî feodalîfé iiîdcistrieüe. — origîïsuN — progrès. — »«m

Les jours

de là féodalité üuancière sont donc venus.

La France subit aujourdliui le Joug de cette puis™ sauce et il nj a pas d’autre gouvernernent que la banque J je le répète pour la dixième fois. Le roi^ les chambres n’exi&teiit qu’à la condition de servir ses exigences et ses caprices. On a écrit pendant dix ans que le roi Louis-Philippe tenait sa couronne d’une demi-douzaine de banquiers en péril de suspension de payements. Le haut banquier et le haut industriel sont assez partisans des révolutions, quand leurs spé-

culations financières tournent mal. Ils vident volontiers en ce cas leurs ateliers sur biplace publique, pour, le cas de leur déconfiture arrivant , pouvoir mettre leurs pertes de jeu sur le compte de leur patriotisme, et faire endosser par la révolution triomphante leurs traites protestées. Quand ils se sont posés de la sorte en victimes , il n’est pas rare de voir, et le roi qu’ils ont fait et le peuple qu’ils mènent, se cotiser pour venir au secours de ces débiteurs en retard. Et pendant que, grâce à ces libéralités calomniées, l’industriel se refait, et que son escarcelle de mendiant se métamorphose en comptoir général , les assassins, chaufTés par les prédications de la presse et des

de la féodalité financière.

clubs, préparent contre la personne du chef de l’État leurs machines infernales et interdisent au roi les rues de sa cité. A l’homme de Bourse, au parasite, la popularité et l’or! Au roi, à l’homme de peine de la nation , les balles parricides et les malédictions du peuple I La devise gouvernementale du parti des ham quiers et des moitiés de receveurs généraux du Nord est celle-ci : Le roi reçoit des balles et ne gouverne pas.

Un petit journal intitulé la Chronique^ qui vivait en 1846, écrivait que la royauté financière de M. de Rothschild était de beaucoup préférable à la royauté oificieiJe du roi Louis-Philippe, par la raison que le juif n’avait pas de balles à parer.

M. Guizot et M. Thiers sont de grands orateurs et des historiens distingués qui ont écrit de nombreux volumes sur les choses du passé. Ces deux hommes d’État sont assis depuis quinze ans au gouvernail des affaires. Eh! bien, je pose en fait, que si on leur eût demandé il y a deux ans sous quel régime ils vivaient, et quelle puissance ils servaient à deux genoux, ils ne l’auraient pas dit. Car cette puissance dont ils exécutaient les ordres avec tant de souplesse, cette féodalité industrielle dont ils ne sont que les humbles esclaves, ils ne la connaissaient pas; «ils ne savaient pas même le nom de l’idole qu’ils encensaiept. 11 a fallu pour leur ouvrir les yeux, l’entrée de la secte saint-simonienne dans les hauts conseils de Juda.

M. Guizot et M. Thiers ministres, ont compté bien longtemps treize mille francs tous les mois à l’organe officiel de la coterie régnante, sans que la témérité leur soit venue de s’informer à quels maîtres le pouvoir soldait ce tribut de la peur. Je pardonne à ces deux mi-

nistres tout le bien qu'ils n’ont pas fait depuis quinze ans, car il ne dépendait peut-être pas d’eux de mieux faire. Ils ont vu des ennemis là où il n’y en avait pas ; ils ont vu les eaux calmes là où miroitaient les écueils. Pilotes aveugles qui ne connaissaient pas la mer sur laquelle ils voguaient, il est peu surprenant qu’ils n’aient pas amené leur esquif à bon port. Quand les Argonautes s’en furent à la conquête de la toison d’or, ils prirent pour pilote Lyncée, dont la vue était si perçante qu’il découvrait les écueils cachés au plus profond des eaux.

Et comment ne pas pardonner à M. Guizot et à M. Thiers leur impuissance et leurs tâtonnements d’aveugles, quand cette aristocratie des écus, qui régne et gouverne de fait et qui dispose de toutes les forces vives de l’État, ignorait elle-même son pouvoir hier encore et ne savait pas qu’elle était constituée?

On dit qu’il a fallu toute l’éloquence des renégats de la femme libre , lesquels comptent dans leur bande bon nombre d’enfants d’Israël, pour faire comprendre au roi des juifs l’étendue de sa puissance et la portée de cette salutation du Pere : a Sire, tous les revenus de ce pays sont à vous,... et aussi nos cœurs et nos plumes. «

La féodalité industrielle est constituée ; elle tient en ce moment le pouvoir et elle le tient pour longtemps, si la sottise publique lui prête vie.

L,a féodalité industrielle.

La féodalité industrielle est une forme de gouvernement prévue et définie, qui a ses conditions et ses

i>£ ii Féodalité fisanciébe.

raisons d’être , comme la féodalité nobiliaire, fl est une tyrannie que les États sont amenés à subir par la force naturelle des choses , en telles circonstances données. Elle a son caractère distinct et ses institutions spéciales.

La féodalité industrielle naît de l’épuisement financier des États, comme la féodalité nobiliaire de l’asservissement de la race vaincue à la race conquérante. Montesquieu a oublié de la définir, et de nous apprendre sur quelles bases elle repose. Un homme qui avait plus de génie que Montesquieu a eu soin de réparer cet oubli. Je ne le nommerai pas, de peur c|u’on ne m’appelle fouriériste; il a été plus malheureux que la prophétesse Cassandre; car on n’a pas cru à ses prédictions, même après que ses prédictions s’étaient réalisées.

Il y a quarante-trois ans aujourd’hui que cet homme annonçait pour le temps où nous sommes la venue de la féodalité industrielle , à laquelle il a donné le nom qu’elle porte. On était alors aux beaux jours du traité d’Amiens. Le prophète, qui remplissait alors les hautes fonctions de commis chez un négociant lyonnais, lie s’abandonnait pas aux illusions du Consolai et do la paix. Il annonça, au contraire, la reprise prochaine des hostilités générales et une conflagration universelle, en comparaison de laquelle les guerres qui venaient de finir ne devaient être regardées ejiie comme dos jeux d’enfants. 11 déduisait aussi dans une brochure qui frappa le premier consul, les conséquences financières de ce nouveau branle-bas européen.

L incendie se ralluma en effet quelques mois après

ORIGIIS'E ET ATÉNEMENT l>E JÀ FÉODAUTÉ. 111

ia prédiction et s’éteignit au jour dit. Ses ravages avaient duré le temps nécessaire pour obérer tous les Etals et les livrer aux juifs. L’invasion du fléau s’est faite à T époque assignée pour son apparition. Si la féodalité industrielle ne se trouve encore qu’à l’état rudimentaire en certaines contrées privilégiées de l’Europe, elle est arrivée en France à l’état de développement parfait.

Elle a pris pied chez les diverses nations belligérantes, à la suite des guerres de l’Empire, quand les immenses levées d’hommes que consommaient ces luttes gigantesques eurent forcé tous les gouvernements à recourir aux emprunts nationaux.

On peut prendre la fatale année de 1815 pour l’ère de la nouvelle puissance , bien que , dès avant cette époque, la coalition des banquiers et des accapareurs de froment eût déjà fait échouer la campagne de Moscou..., Moscou et Waterloo, voilà les dates que FinterventioE du juif dans nos affaires nationales nous rappelle.

Et ces dates sont caractéristiques. Comme le gui parasite qui fleurit Fhiver au milieu du deuil de la nature et pendant que le givre est aux branches du chêne sur lequel il s’est implanté, ia féodalité financière s’épanouit dans tout son éclat aux jours d’adversité des nations sur lesquelles elle a prise. Sa fortune se fait de la détresse publique.

À celle époque de 1815, la France, accablée plutôt que vaincue , succombait sous les efforts de la coalition de toutes les puissances européennes. Condamnée par le sort des armes à payer une indemnité de guerre d’un milliard cinq çenl millions, elle devait

^^2 DE LA FÉODALITÉ FINAINGIÈRE

devenir la proie des traitants cosmopolites qui se liguèrent pour exploiter sa détresse. Alors commença à se constituer ce comité de la haute finance, qui tut plus tard le conseil des dix et qui s’adjugea le monopole présent et futur de tous les emprunts nationaux. La France emprunta à un taux onéreux , car les fonds étaient à cinquante.

Le calme fut à peine rétabli en Europe , et la France rassise de ses ébranlements, que la Restauration s’abandonna ouvertement à ses tendances contrerévolutionnaires. La politique intérieure de la Restauration ayant été pour beaucoup dans la rapidité des progrès de la féodalité financière, il est nécessaire de l’examiner rapidement et sous ce point de vue exclusif.

Politique rte la Restauration à l’intérieur.

L’idée fixe de la Restauration, l’idée qui la perdit, fut de reconstituer l’ancien régime, chose aussi facile, à peu près, que de faire remonter un fleuve vers sa source.

La loi électorale est la véritable charte de la liberté chez tous les peuples; la Restauration fit une loi électorale qui fixa le cens d’éligibilité à mille francs , et qui accorda à tous les électeurs payant ce cens le droit de voter deux fois. Jamais le droit de l’argent n’avait été reconnu par la loi d’une manière aussi insolente.

11 s agissait après cela de concentrer entre les mains des amis du pouvoir les moyens d’arriver à la richesse représentée par cette contribution de mille francs. 11 s agissait, en un mot, de reconstituer une aristocratie

ORIGINE^ ET ATÊNEMENT t)E LA FÉODALITÉ. 113

en faisant pleuvoir sur les nouveaux privilégiés, comme équivalent de la franchise des terres nobles d’autrefois, toutes les faveurs du pouvoir et toutes les largesses du budget. Dans ce but, on rédigea d’abord la fameuse loi financière ou des douanes de 1821-22. Ces lois prohibaient presque toutes les provenances de l’étranger, qui, par voie de représailles, frappa un impôt quasi-prohibitif sur la plupart des pij’oauits de notre soi. La nouvelle loi financière, par exemple, protégeait l’industrie des grands propriétaires fonciers, éleveurs de bétail, par une prime indirecte de cinquante-cinq Iraiics par tête de bœuf élevé en France, en frappant chaque tête de bétail "étranger d’un impôt direct de cinquante-cinq francs. On n’aurait pas osé rendre à ces grands propriétaires l’immunité du sol; on la remplaça habilement, en leur accordant sur l’impôt national, sur le budget, une prime magnifique pour tous les produits de ce sol; on trouvait moyen par là de leur rembourser leur impôt. 11 était difficile d’éluder avec plus d’adresse le principe de la proportionnalité des charges écrite en tête de la loi fondamentale du royaume. Les fabricants de fer, les propriétaires de forets, d’usines, de houillères, les grands manufacturiers, les raffineurs, tous les industriels, en un mot, dont Tindustrie exigeait la possession de vastes capitaux, furent admis à jouir de privilèges analogues. Ces belles réformes, bien entendu , ne s’opéraient qu’au nom des intérêts de l’industrie nationale , du fer national, de la viande nationale. Au moyen des droits d’entrée exorbitants frappés sur les produits similaires <ie l’étranger, on attribua aux industries privilégiées le monopole du marché intérieur. Quant aux autres

. DE LA FÉODALITÉ FINANCIÈli}:.

industries nationales, mais qui avaient le tort de s’exercer par de petits propriétaires, de petits industriels, des gens sans conséquence, elles furent impitoyablement sacrifiées au p rincipe de Y indust rie nationale. Les vins, les alcools, les soieries, se trouvèrent dans ce cas. Le peuple fut obligé de renoncer à la viande de boucherie , que la surtaxe du bétail étranger fit énormément renchérir. Le vigneron, à qui tou« les marchés du dehors étaient fermés par Limpôt de représailles, et tous ceux du dedans par Lélévation des droits d’octroi des villes, fut insensiblement amené à sa mine; il ne fallut pas plus de dix ans de ce régime pour le réduire à sa misère d’aujourd’hui. Il y a des années où la valeur du vin, dans les quatre cinquièmes des vignobles, ne représente pas la valeur de l’impôt et des frais de culture de la vigne. Une autre loi, qui n’était que le corollaire de celle-ci, fut présentée dans la meme période '1821-22, c’est la loi des canaux, dont j ai parlé au début de cet écrit, à propos du projet de rachat des actions de jouissance. Le gouvernement, pour favoriser l’écoulement des produits des hautes industries métallurgiques et minéralogiques et activer le commerce de l’intérieur, eut la sage pensée de relier les principales voies navigables du royaume, les fleuves et les rivières, par un réseau de navigation artificielle de deux millequatre cents kilomètreseiiviron . Ce réseau

de canaux devait mettre en communication immédiate

les beux de production avec les foyers de consommation les ])ius importants. J’ai dit le pont d’or que le

goüveniemeiit fit à cette

occasion aux marcliands d ar-

gent auxquels il emprunta une somme de cent vingtliuit millions , eu leur payant un intérêt de 8 pour 1 00

OlllGJNIi £T AYÉNEMEiM DE LA FÉODALnÉ. 'H5

à peu près , indépendamment du droit de partage pour quarante et quatre-vingt-dix-neuf ans dans le revenu futur des canaux. Ces canaux ont déjà coûté à l’État trois cent millions, et après vingt-trois ans ils ne sont pas terminés; et comme les banquiers , qui n’ont Iburni que cent vingt-huit millions sur cette somme, sont cependant les maîtres absolus des tarifs de ces canaux qu’on leur a livrés en gage , il s’ensuit que ces canaux n’ont rendu par le fait aucun service à l’industrie nationale. Iis l’auraient pu, d’ailleurs, que la bonne volonté de l’administration eût été paralysée par la résistance incroyable des deux compagnies propriétaires des canaux de Briare et du Loirig, qui sont les clefs de la naxdgation de la Loire, résistance coupable qui a suffi pour paralyser le commerce du bassin de la Loire. Aujourd’hui les houilles de Saint-Etienne n’arrivent plus à Paris où elles sont remplacées par les honilles d’Anziri et de Mons. Les vins, les fruits^ d’Auvergne sont également dépossédés de ce débouché, Les produits métallurgiques d’imphy prennent encore la voie du roulage pour se diriger sur la capitale. L’ordonnance royale du 17 avril 1843, rendue sur l’injonction des compagnies financières des canaux, a supprimé le commerce des bois de construction de rAllcrnagne avec l’est et le midi de la France. La même ordonnance a fermé les marchés de Mulhouse et de l’Est aux houilles de Saint-Étienne et de Saôneet-Loire. La mauvaise fortune qui s’ost attachée depuis quelques armées -aux mines de "Saint-Étienne, leur avait quelque temps auparavant suscité la concurrence des liouillères d élais, appartenant à la maison Rothschild , pour la fourniture des bateaux à vapeur de Mar-

DE LA FÉODALITÉ FINANCIÈRE

seille et deTor’ )o. Le baron de Rothschild s’est fait adjuger un che ;in de fer qui conduit les produits de son établissemc d’Alais sur le Rhône et sur les ports du Midi. De mônie que les manufactures de l’Est et le débouché de Par^: ont été perdus pour le bassin houiller de Saiut-Eti, ane, le plus riche de tous ceux de la France et celui qui produit le charbon de meilleure qualité; de mêmv; les vins du Beaujolais, du Maçonnais et du Lyonnais , ont déserté la voie du canal du centre, propriété de l’État, qui menait autrefois les vins de la Saône à la Loire , pour prendre la voie du canal de Bourgogne. Les vins de la Bourgogne proprement dits, les vins de la Côte-d’Or, qui s’exportent presque tous, suivent encore, en grande partie, la voie dispendieuse du roulage.

On se demande à quoi ont servi ces emprunts contractés à des conditions léonines et ces charges de trois cent millions imposées à la fortune publique, et ces deux mille quatre cents kilomètres d’une navigation artificielle, puisque les houilles de Saint-Étienne, pas plus que celles de l’Ailier et de Saône-et-Loire, puisque les bois de l’Allemagne et des Grisons, pas plus que les fers et les cuivres de la Nièvre et les vins de la Bourgogne, ne profitent de cette navigation?

Voici la réponse à la question : ces dépenses de trois cent millions, ces emprunts de cent vingt-huit millions contractés à des conditions léonines, ont servi à donner à la haute banque, aux Jacques Lefèvre, aux Périer, Pillet-Will (juif), Barthélemy (Géiievois), Dclabante , etc., la direction suprême de la navigation intérieure du royaume et du commerce de la France centrale. Elle a servi , de plus, à amener la création ,

pour ces messieurs, d’une foule de valeurs de Bourse qui s’appellent les actions de tel ou tel canal , trois canaux y quatre canaux' enfin la création de cent soixante-huit mille actions de jouissance , dont les créateurs elles détenteurs désireraient aujourd’hui se défaire au prix modique de quarante millions. Je rappelle encore que les actions de jouissance ^ une des valeurs qui ont le plus pesé de tout temps sur les opérations de la Bourse , appartiennent pour les sept huitièmes aux banquiers génevois....

J’ai dit qu’il s’agissait pour le gouvernement de la Restauration de reconstituer une aristocratie, et que ce gouvernement s’y prit avec adresse pour arriver à son but.

Le libéralisme comptait de beaux noms dans la finance. L’occasion parut magnifique de tenter la fusion de la noblesse d’argent avec la noblesse de race, cette fusion que le bon général Lafayette voulait pousser jusqu’à évaporation complète. Le gouvernement savait parfaitement que le libéralisme se laisserait enrichir sans trop de résistance, et que les plus farouches des puritains du parti iraient même jusqu’à tolérer l’apposition d’une couronne de baron ou de comte sur les panneaux un peu nus de leur modeste équipage. M. de Villèie n’ignorait pas que le cœur des enrichis est éminemment accessible à l’ambition des honneurs et des titres. L’important était d’enrichir ceux qu’on voulait avoir.

C’est dans ce but qu’on prodiguait les faveurs du budget aux compagnies financières des canaux, illustrées des plus beaux noms de la finance ; qu’on abandonnait en meme temps les canaux de Saint-Quentin,

.jjj:, OË LA FÉODALITÉ FJNANCïtRE,

Sainf-Martin , etc.; appartenant à l’État; à quelques rrros spéculateurs, à qui l’on fit des fortunes princières au bout de quelques années.

C’est en ce temps-là aussi qu’on faisait M. Ternaux baron comme M. de Rothschild. Il n’aurait tenu qu’à ,\f. Laffitte; qui fut le second de M. de Villèle dans l’affaire du 3 pour 100 et dans celle d’Haïti; de se faire haroniser comme M. Ternaux. Mais M. Laffitte, qui n’avait pas de fils et dont la fille était princesse, méprisa noblement ce vain titre de baron.

Cependant il ii’était pas aussi Ihcile de faire prendre le change à la ünance libérale sur certaines questions politiques, que sur celles des canaux ou des douanes que le peuple ne comprenait pas, et à propos desquelles elle pouvait s’humaniser sans trop se compromettre vis-à-vis du public. La Restauration , pour reconstruire son semblant d’ancien régime , sa marotte, était obligée de faire marcher parallèlement à ses lois de iinances ou après , des lois politiques empreintes des mêmes tendances, comme celles du droit d’aînesse, des majorais , substitutions, dotation de la pairie. L’opinion libérale avait peu à gagner et tout à perdre en dormant les mains à ces projets de lois eontre-révolutionnaires. Elle demeura donc fidèle à la cause du peuple, et les combattit vivement. L’emprunt de quatre centmillions pour la guerre d’Espagne, expédition entreprise par le gouvernement français contre les libertés d’une nation constitutionnelle, n’avait pas été voté par les eliambres , sans une vive opposition de la part des libéraux. Enfin, quand arriva le jour de la grande curée de la Restauration, quand les hommes qui avaient subi la révolution . frappèrent

inie contribution d’un milliard sur les enfants de ceux qui l’avaient faite, la finance libérale, qui date toujours d’bier et qui n’avait pas d’indemnité à recevoir, éclata. Elle ne craignit pas de caractériser du nom de dilapidation du trésor public cette mesure réactionnaire que les hommes du pouvoir couvraient, de leur côté, du beau nom de restitution légitime. L’opposition de M. le duc de Choiseul , de M. le duc de Noailles et de M. le marquis de Lafayette, qui n’étaient pas de finance , mais de noblesse, et qui avaient beaucoup perdu à la révolution , était de nature à produire plus d’effet sur les chambres que les emportements des banquiers libéraux ; mais le projet était voté d’avance par une majorité compacte d’intéressés dans la question. Toute dépense d’éloquence et de patriotisme se fîiisait là en pure perte.

On sait comment, à dater de ce triomphe, les prétentions du parti de l’émigration ou de l’ancien régime tout pur, n’eurent plus de bornes ; comment ces prétentions comprimées un moment par la sagesse du ministère Martignac , n’en firent que plus violemment explosion sous le ministère qui lui succéda et qui fut le dernier de ce gouvernement. La noblesse de race avait tout à fait perdu dans cette phase de vertige, les enseignements et l’exemple de M. de Yillèle; elle eut le tort immense de traiter de concessions indignes et humiliantes les ménagements et les cajoleries du grand ministre pour les hauts barons de la Bourse. La finance, blessée dans son orgueil et dans ses intérêts, ne lui pardonna pas. Elle eût accepté la fusion , elle eût toléré bien des infractions à la charte, si on lui eût fait aussi curée de portefeuilles et d’honneurs;

120 Oü: la FÉODAUTÉ riiNA^ClÈRE.

mais la llestauration sortait de la voie financière, elle rétrogradait ouvertement vers 1T60, elle api)elaii- au ministère des noms de VOEU-de-bœuf. Il y eut lutte entre les deux orgueils. Kt la maison des Bourbons de la branche aînée se brisa contre la maison de ?<1M. tels et tels, marchands d’espèces, fabricants de cassonade et de chandelle, appuyés par la presse et par les ouvriers qu’on expulsa des ateliers.

La révolution de juillet, c est la victoire d Rastings de la féodalité financière. De ce jour-là, celleci a commencé à se douter un peu de sa puissance.

Cette révolution de juillet a renversé de fond en comble réchafaudage des tentatives contre-révolutionnaires de la Restauration. La noblesse y a perdu ses derniers privilèges et ses dernières espérances. Son bagage est tombé tout entier dans les mains des vainqueurs.

Le peuple n’y a rien gagné en droits , ni en bienêtre; les tarifs sur le vin et la viande n’ont pas été abaissés , loin de là.

Mais la France y a énormément perdu en influence; car, dès le lendemain de la chute de Charles X, elle a été obligée de renoncer à l’ailiance de la Russie et de se jeter dans les bras de l’Angleterre, sa mortelle ennemie.

La royauté... Le roi a été assassiné six fois, et sa clémence n’a pas encore lassé la rage des assassins.

Il y a dans l’iiistoire de ces quinze dernières années deux faits qui disent ce qu’est devenue la royauté en France.

Aux premiers jours du gouvernement, la Belgique s offrit au ûls du roi ; c’était la réunion à la France.

OKIGIKE ET AVr:?JEMKWT DE LA FÉODALITÉ. 421

La Belgique est un pays de manufactures de draps et de toiles, de houilles et de fonte. Angers, Elbeuf, Rouen et Lille eussent beaucoup perdu a cette réunion. L’ofîre du peuple belge est refusée.

En 1843, treize ans après cet échec, le roi des Français, d’accord avec le roi des Belges, essaye de renouer au moins ralliauce conmierciale avec la Belgique, ne voulant pas, dit-il, voir à sa frontière des douaniers prussiens.

Les drapiers d’Elbeuf et de Roubaix, les fabricants de fer, les éleveurs de bœufs , se constituent à cette nouvelle en petite convention et menacent le gouvernement de lui retirer leur protection , s’il ne retire pas son projet. Le gouvernement du roi a reculé.

Nous avons vu les conséquences de la politique de la Restauration , dans ses rapports avec les progrès de la féodalité financière. Achevons Thistoire des développements de celle-ci depuis 1830.

Au bruit de la chute de ce trône dont la réédification avait coûté tant de sang et tant de milliards à l’Europe, la peur prit de nouveau les Puissances. Toutes armèrent, toutes furent de nouveau contraintes de recourir aux enfants d’Israël. Quand les emprunts eurent été contractés au taux de quatre-vingts, le comité des dix qui se les était adjugés tous, décida qu’il n’y aurait pas de guerre, qu’il ne fournirait pas d’argent à ceux qui voudraient guerroyer. Alors les fonds remontèrent jusqu’à cent vingt, et les bénéfices réalisés en quelques années, souvent en quelques mois par les

DE LA FÉODALITÉ FINANCIÈRE

prêteurs, atteignirent des chiffres fabuleux. Le ministère Laffitte et celui du V" mars, les deux pires ministères du gouvernement de juillet, sont aussi les deux époques que. les joueurs à coup sûr se rappellent avec le plus d’attendrissement. Il s’est fait en ce temps, à ce qu’il paraît, d’admirables coups de Bourse. La pèche des écus ressemble à celle des goujons qui réussit mieux par l’eau trouble.

Si bien que le juif a frappé tous les États d’une nouvelle hypothèque et d’une hypothèque que ces États ne rembourseront jamais avec leurs revenus. L’Europe est inféodée à la domination d’Israël. Cette domination universelle que tant de conquérants ont rêvée, les juifs Font en leurs mains. Le dieu de Juda a tenu parole aux prophètes et donné la victoire aux fils de Machabée. Jérusalem a imposé le tribut à tous les empires. La première part du revenu public de tous les États, le produit le plus dair du travail de tous les travailleurs , passe dans la bourse des juifs sous le nom ^'intérêts de la dette nationale. Et notez bien que pas un juif n’a fait œuvre utile de ses main-s, depuis le commencement du monde.

^iaint-Üiiinon et «fiida.

Cependant, jusqu’en ces dernières.années, la constitution de la féodalité d’argent n’était pas encore chose de notoriété publique. On en parlait vaguement, mais on ignorait les noms propres. Le juif prenait bien, le juif accaparait bien tout ce qu’il trouvait sous sa main à accaparer et à prendre, emprunts nationaux ou chemins de fer ; mais il ne faisait, en agissant ainsi ,

qu’obéir pour ainsi dire aux impulsions de son instinct natif. Il accaparait sans se rendre compte; il n’avait conscience ni de ses actes, ni de sa valeur, ni de la force politique de son levier d’accaparement. La théorie, le système, le lien du but commun, manquaient à ces praticiens exercés , à ces tireurs de bourse subtils; les théoriciens leur sont venus.

Les débris dispersés de la tribu de Saint-Simon se sont réunis aux débris dispersés de la tribu de Juda, et ces deux grands débris , pour se consoler entre eux, se sont adjugé le partage des dépouilles du monde civilisé, de la France surtout, la creme des vaches à lait y comme dit le juif. L’alliance était d’autant plus naturelle que l’Église saint-simonienne comptait parmi ses fidèles bon nombre de circoncis.

On sait le principe sacramentel de la foi saintsimonienne ; à chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses œuvres. Le rôle indigne que jouent aujourd’hui les apôtres de cette doctrine ne me fera pas être injuste à leur égard , ni méconnaître les services immenses par eux rendus à la cause du progrès. Même mon esprit ne recule pas devant les conséquences extrêmes de leurs théories sur l’héritage. Ils proclamaient cet héritage une grande iniquité, qui nous dit qu’ils n’avaient pas raison, et que leur principe que nous déclarons aujourd’hui révolutionnaire et subversif de toute société, ne sera pas sanctionné demain par l’assentiment universel des sages et écrit dans la loi; car enfin il y a des abus, et des abus odieux et révoltants dans la loi d’hérédité d’aujourd’hui. Ainsi, pour ne citer qu’un exemple.... le sort m'aura donné pour père un Marceau, un Laplace, un héros qui aura versé

DK LA FÉODALITÉ FINANCIÈRE

pour son pays jusqu’à la dernière goutte de son sang, un savant qui aura consacré au service de l’humanité tout ce qu’il avait reçu du ciel d’intelligence et de génie. II nieurt, et parce que le but supérieur que ce héros ou que ce savant poursuivait , l’aura complètement absorbé pendant sa vie, l’aura détourné du soin de ses affaires personnelles, des affaires de famille, moi, son fils, je ne serai rien, rien que rhéritier d’un nom difficile à porter — tandis que le lils de l épicier contemporain de mon père, d’un crétin dont toute rexistence se sera perdue dans les détails d’un négoce infime, et par cela même que cet épicier n'aura jamak ^ongé à son pays, héritera de cet inutile citoyen le droit de faire des lois, le droit de me représenter, moi , dans les conseils de la nation ! Et vous appelez cela de l’équité, messieurs les partisans de l’hérédité quand même, et vous faites condamner par vos tribunaux, sous prétexte d’outrage à la morale publique, ceux que révoltent d’aussi criantes sottises. Condamnez tant que vous voudrez, moi j’absous, moi je trouve que le fils du riche devrait s’estimer assez heureux déjà de recevoir, eu récompense dela^eme qiCils est donnée de naître, le droit de commander le travail d’autrui , et de consommer sans produire.... Et puis si vous vouliez sérieusement attacher à votre dosme de l’héritace le

privilège de l’inviolabilité éternelle, vous auriez dû ne pas commencer par vous vanter, comme d’une superbe conquête révolutionnaire , de l’auto-da-fé de la nuit du 4 août, où furent brûlés tous les titres de noblesse, autant de privilèges que les tribunaux d’autrefois déclaraient aussi inviolables. Vous deviez respecter l’hérédité des charges, celle de la pairie, celle

de ia royauté que yous avez brisée dix fois depuis un demi“siècle ; car sachez bien qu’au fond tous ces privilé ges sont les mentes , et que la transmission héréditaire d’une charge de justice, c’est-à-dire du privilège appliquer la loij n’a rien de plus monstrueux que la transmission héréditaire du privilège de faire celte loi, ou de choisir ceux qui la font.

Quant à l’émancipation de la femme, j’avoue encore que je suis de ceux qui, loin de redouter cette grande mesure de réparation et d’équité, l’appellent de tous leurs vœux, n’étant pas chose démontrée pour moi, que la femme affranchie profiterait de sa liberté pour se jeter à notre tête, comme le supposent si complaisamment tant de vieilles barbes du parlement et d’ailleurs. J’ai de plus le malheur de considérer comme infâmes tous ces marchés légaux qui se passent par -devant notaire, et qu’on appelle mariages de raison ou de convenance; marchés infâmes où des mères sans cœur vendent la chair de leurs filles à des vieux, pour un peu d’or ou pour des titres; unions illégitimes, s’il en fut, aux yeux de Dieu , car Dieu ne consacre que celles dont l’amour est le lien.

Plût au ciel que la France n’eût à reprocher aux apôtres de la foi saint-simonienne que de pareils méfaits, des méfaits d’utopie! Mais il y a autre chose que leurs utopies à réprimer et à flétrir, il y a leur pacte ignoble avec la boutique, et leur apostasie!

C’est chose facile ([ue de formuler un principe. Celui des saint-simoniens n’avait rien de bien hardi, rien de bien effrayant pour personne. A chacun selon ses capacités ^ à chaque capacité selon ses œuvres. Si le nmnde n’est pas régi conformément à cette loi so-

^<2C^ DË LA FÉODALITÉ FINANCIÈRE

claie , au moins beaucoup désirent-iis qu’il puisse en être ainsi : le difficile est toujours d’appliquer. Le difficile dans Fespèce était de décider qui serait Fappréciateur de la capacité, le distributeur des récompenses proportionnées à la capacité. On sait la façon cavalière dont Fécole tranche ce nœud gordien. Le peuple acclame au plus digne. Le plus digne, c’est le plus beau, le plus éloquent, le mieux fait pour cap' tiver les cœurs par ses charmes vainqueurs, comme le duc de Guise de la Henriade ^ c’est l’individu, en un mot, qui porte le plus visiblement imprimé sur sa face le cachet de l’élection divine. Le Père, Facclamé, commence par choisir tous les grands dignitaires de I Ltatj il est rare qu on ne trouve pas en pareille circonstance des amis disposés a vous servir d’Atlas, à partager avec vous le poids des aüaires publiques ; ces amis élisent le reste des fonctionnaires, et voilà la machine sociale organisée de la base jusqu'au faîte; ce n’était pas plus difficile que ça.

Alors il y eut un homme semblable aux immortels et nommé Enfantin, non moins célèbre par la puissance de ses effets de queue au noble jeu de billard, que ])ar la fréquence et la distinction de ses parolis à la chasse , et qui , sur la foi de quelques créatures charmantes et sa modestie aidant, se posa comme possédant au grand complet le physique de Femploi pivotai, et se fit acclamer le Père en petit comité. Et comme on était au lendemain des glorieuses, et que Paris n'avait pas eu le temps de cuver sa révolution en trois jours; comme Fcffervescence bouillonnait encore au fond de beaucoup de têtes , cet homme eut des adeptes, voire des séides de Fun et de l’autre sexe,

ORIGllNE ET AYÉNEMENT DE LA FÉODALITÉ. 127

et son espoir s'enfla démesurément avec le chiffre d'iceux ; et bientôt le mirage perfide de Fillusion lui fit entrevoir dans un avenir tout proche sa royauté paternelle ofiiciellement installée au vieux trône des Bourbons; royauté de droit divin, celle-là, car elle devait se conquérir par la seule puissance du regard. (( Aux Tuileries dans trois mois, » disait cet homme dans ses rêves de vertige !.... « Aux Tuileries dans six semaines, » répétait Tinfidèle écho de la rue Monsigny, et il y eut même parmi les disciples des impatients qui trouvèrent ce terme de Fentrée en jouissance un peu bien reeulé ; si bien que le Père , cédant à la contagion de Fimpatience, adressa, par la voie du Globe^ à la reine Amélie Fépître devenue fameuse, où la royauté du T août était invitée, de la façon la plus civile et la plus charitable, à déguerpir du château royal pour faire place à une autre.

‘Le malheur voulut que le ministère public prît ombrage de ces prétentions ; que le candidat du bon Dieu, que Félu du favoritisme fût mandé à la barre d'un tribunal, et que le coup de son regard manquât complètement sur ses juges, lesquels le condamnèrent, lui et les siens, à la prison et à Famende. Je n’ai pas besoin de rappeler comment, à la suite de cette condamnation , les disciples déroutés se dispersèrent par le globe, les uns à la recherche de la femme libre, les autres à la recherche d’un emploi de quinze cents francs.

Le Père , qui avait été ridicule devant ses juges et qui vit bien que la sentence de ceux-ci avait tué dans Fopinion sa puissance de fascinateur, comprit aussitôt la nécessité de recourir à un autre moyen pour

123 DE EA FÉODALITÉ FIS ANCIÈRl!.

rentrer en possession des Tuileries. Le château des Tuileries joue dans Tépopée saint-simoiiierme le même rôle que la terre d’Italie dans riiisloire des pérégrinations d’Énée, cette terre qui se lève tous les matins à l’horizon et qu'on n’aborde jamais. Italiam! Italiam! Le Père se tourna du côté de l'or, et résolut d’opérer exclusivement désormais par la puissance attractive du métal.

Charles Fourier et Saint-Simon avaient dit comment se fonde la féodalité financière. Le Père décida de la fonder. Les éléments de la nouvelle puissance étaient là dans la main des juifs, tout prêts à fonctionner; il ne s’agissait que de relier les diverses pièces de la machine et de lui donner l’iiTipulsion. Le Père se dit : U Je serai l ame qui animera cette machine, » et la chose se lit. Certes , il y avait de la cervelle sons ce front magnifique, et je commence à me rendre compte de rinüuence qui fit tant d’esprits distingués dociles à l’autorité de cet homme. Je commence à m’expliquer que de grands penseurs , que d’habiles écrivains ayant nom Jean Puiynaud , Pierre Leroux , Abel Transon , Moïse lletouret, Michel Chevalier, Ch. Duveyrier et tant d’autres, aient pu accepter avec autant d’abnégation les coimnandementsde cet homme, même ceux qui prescrivaient le jeûne rigoureux d’amour.

Pour arriver à gouverner par l’or, à se faire le distributeur des emplois et des grâces , il fallait commencer par se réhabiliter dans l’opinion, par effacer la tache du verdict de la cour d’assises, par donner des gages aux puissances du capital qu’ou avait jadis ettrayées. U fut en conséquence décidé en conseil de

l’ordre , que les plus compromis se retireraient momentanément de la scène politique et chercheraient à attacher leur nom à d’utiles entreprises. La justice et l’opinion sont indulgentes dans ce temps-ci aux demi-dieux et aux souverains détrônés ; la concurrence a été si forte pour ces emplois depuis une cinquantaine d’années, qu’on ne sait plus soi-même ce qu’on peut devenir. L’autorité ne crut pas devoir tenir la main à l’exécution de la sentence de la cour d’assises, et faire languir ses prisonniers dans les fers. M. Michel Chevalier commença par se faire donner pour l’Amérique du Nord une mission importante dont il se tira glorieusement, pendant que M. Charles Duveyrier popularisait son nom sur nos diverses scènes dramatiques, et que MM. Lambert et Fournel essayaient de reprendre vers les parages du Nil les travaux gigantesques des rharaons et des Ptolémées. De son côté, le Père acceptait avec humilité, pour mieux dissimuler ses projets, les modestes fonctions de membre d’une commission scientifique algérienne. D’autres avaient trouvé un asile dans le sein de la presse quotidienne où ils tenaient une place honorable. Bref, six ans après la sentence , la doctrine était représentée aux Débats par MM. Michel Chevalier, Adolphe Guéroult et Fournel, au National par les Pereyre, au Courrier Français par M. Émile Barrault : j’en passe et des meilleurs; M. Charles Duveyrier trouvait dans les loisirs que lui laissait le culte de Thalie , le temps de rédiger, pour des revues et des journaux quotidiens, des articles remarquables. Dès la fin de 1838, le public oublieux avait perdu le souvenir de Ménilmontant et des prédications de la rue Monsigny ; il ne restait plus de l’école

Dli LA FÉODALITÉ FINANCIÈRE.

que i’usage de porter la tunique et la barbe, usage généràlenient adopté»

C’est en cette année 1838 que le gouvernement, par l’organe de M. Martin du Nord , eut la bonne pensée d’apporter aux chambres le projet du grand réseau

du chemin de fer national, entreprise gigantesque,

dont l’exécution était réservée à l’État. La féodalité

financière était tuée dans son germe , si ie projet eût obtenu l’assentiment des chambres, car la féodalité

financière repose sur deux pivots d’accaparement, 1e monopole de la banque et celui des transports ; elle demeurait donc boiteuse et s’attardait forcément dans sa

route, si l’un de ces deux supports lui manquait. La haute banque et la haute presse saint-simonienne surent conjurer le péril. Les Débats publièrent contre le malencontreux projet gouvernemental un article foudroyant dont il ne se releva pas. Deux ans après, les deux principales lignes de l’Ouest et du Midi étaient concédées par l’État à deux grandes compagnies ; les Fould et les Rothschild étaient investis depuis longtemps de l’exploitation des lignes de Saint-Germain et de Versailles , destinées à servir de têtes de pont à d’autres futures grandes lignes. Cinq ans après, toutes les grandes lignes appartenaient aux grandes compagnies. Les juifs avaient appelé de Londres les Anglais pour les aider à rançonner la France.

Cinq ans après, des banquiers juifs tenaient la roulette de la Bourse , et réalisaient dans cette industrie des bénéfices de cent cinquante millions en un an. Cinq ans après, M. de Rothscliildtraversait, entriompbaleur, les contrées septentrionales de la France , et des princes du sang embellissaient son cortège. Cinq ans

après, M. Emile Pereyre, juif de nation et ex-saintsiinonien, était directeur du chemin de fer du Nord, et possesseur de quelques millions gagnés au jeu des actions de chemins de fer, pourquoi il prétendait avoir droit aux suffrages des électeurs de Nogent-le^ Rotrou. Le père Enfantin était secrétaire du conseil d’administration du chemin de fer de Lyon, avec quinze ou vingt mille francs d’appointements , en sus des petits bénéfices amassés dans le commerce des mêmes actions, quelque chose comme cinq cent mille francs, un million , le diable sait ces chiffres-là mieux que moi. M. d’Eichtal, le frère du saint-simonien et juif, était nommé député, toujours pour le même motif, pour avoir gagné des sommes énormes à la roulette de la Bourse. M. Michel Chevalier, ex-saintsimonien, la forte plume du parti, était député, conseiller d’État, professeur d’économie politique. M. Charles Duveyrier, ex-saint“-simonien , tenait le monopole du mercantilisme de la presse. M. Olinde ■ Rodrigues , ex-saint-siroonien et juif, avait voix dans les conseils de la maison Rothschild; l’alliance de Saint-Simon et de Juda, alliance offensive et défen^ sive, s’était conclue pour tout jamais sur l’autel du veau d’or, autel bâti des richesses amoncelées %de la France , et le regard du Père s’élevait radieux vers le dieu d’Isaac, pour le remercier du succès dont il cou^ ronnait ses efforts, et des grâces dont il comblait ses fils. Car tout cela était l’oeuvre du Père.

Il se dit maintenant dans le monde, que ce dispenr sateur de millions est déjà las de n’avoir à distribuer à ses féaux que de l’or, de l’or impur, prélevé piu* parasitisme sur le travail de l’ariisan et sur la

j>t LA FÉOUALJTf; FINAÎNCIERE.

dulité des badauds. On dit que la charité lui est remontée au cœur avec le succès et la puissance , et qu’il lui tarde d’avoir mis aux mains de ses juifs, les monopoles restant à prendre, sels, tabacs, houilles, fers, pour faire largesse au peuple.

Ainsi disait le parti conservateur au moment des émeutes, à ceux qui se défiaient de lui : « Assurez-nous la paix et la tranquillité d’abord, pour nous permettre de réaliser les réformes que le peuple a le droit d’attendre de sa révolution. » L’émeute a cessé de gronder, la paix intérieure et les jours de la sécurité sont ve^ nus.... seules, les réformes que le peuple espérait de sa révolution , sont encore à venir. En sera-t-il ainsi des bienfaits de la sainte alliance de Saint-Sinion et de Juda ?

On dit encore que le nouveau Sanmel, qui sait toute la puissance du levier dont il dispose, a songé à s’en servir pour asseoir, sur une base inébranlable, la paix universelle. Les Anglais veulent les clefs du passage de rinde, et pourraient être tentés de s’en saisir dans ‘ un mouvement d’impatience, si on les leur refusait longtemps. Le Père entend que , pour prévenir toute collision fâcheuse , les clefs soient confiées à sou féal Rothschild, de par l’assentiment des puissances continentales d'Europe — sauf, par le portier de l’Isthme, à partager les bénéfices du péage, par portions égales entre lui, le souverain de Stamboul et le vice-roi d'Égypte. La lutte est entre l’empire britannique et le Père, attendons.

Trop de noms juifs illustraient le personnel de l’Église saint-simonie une , pour que le fait de la constitution de la féodalité financière par les disciples de

Saint-Simon ait droit de nous surprendre ou de nous indigner. C’étaient des juifs, U fallait bien qu’il y eût de For et de la trahison au fond de la pensée de ce monde. Judas Iscariote, qui reçut le prix du sang, était juif — et Simon Deutz aussi.

Un onbli de Montesquieu*

Montesquieu a oublié de définir- la féodalité industrielle; c’est dommage. Il y avait, sur ce sujet, une piquante définition à attendre de la part du penseur spirituel qui a dit : « Les financiers soutiennent l’État, comme la corde soutient le pendu.

La féodalité industrielle ou financière , ou commerciale , ne repose ni sur l’honneur, ni sur les honneurs, comme la république et la monarchie de Montesquieu. Elle a pour base le monopole commercial, oppresseur et anarchique. Son caractère, c’est la cupidité, cupidité insatiable, mère de l’astuce, delà mauvaise foi et des coalitions. Toutes ses institutions portent le cachet de l’accaparement, du mensonge, et de l’iniquité. Si le despotisme monarchique n’abat que les superbes et respecte les humbles, il n’en est pas ainsi du despotisme du coffre-fort. Celui-ci envahit la chaumière du pauvre comme le palais des princes, tout aliment convient à sa voracité. Comme le mercure subtil qui s’insinue par sa pesanteur et sa fluidité à travers tous les pores de la gangue, pour s’emparer des plus minimes parcelles du métal précieux qu’elle renferme, comme le hideux ténia, dont les anneaux parasites suivent dans leurs circonvolutions tous les viscères du corps humain; ainsi le vampire mercantile

13^ de la féodalité ftnanctère.

fait courir ses suçoirs jusqu’aux ramifications extrêmes de l’organisme social, pour en pomper toute la substance et en soutirer tous les sucs.

Le ton, sous le régime de la féodalité d’argent, c’est Tégoïsme qui cherche vainement à se dissimuler sous le masque d’une philanthropie hypocrite. Sa devise est : chacun pour soi.

Les mots de patrie^ de religion ^ de foi, n’ont pas de sens pour ces hommes qui ont un écu à la place du cœur.

Une patrie, — les marchands n’en ont pas : Uhi aurum,y ibi patria. La féodalité industrielle se personnifie dans le juif cosmopolite.

Une religion, — je vous ai dit que le Hollandais foulait aux pieds le Christ et lui crachait au visage , pour acquérir le droit de trafiquer avec le Japonnais.

La foi commerciale s’appelait jadis la foi punique^ elle s’appelle la foi britannique aujourd’hui.

Il y a ici un parallèle à établir entre l’aristocratie nobiliaire et l’aristocratie financière.

La devise de l’aristocratie nobiliaire est celle-ci : Noblesse oblige.

Celle de l’aristocratie financière : Chacun pour soi.

Chacun pour soi ! Noblesse oblige ! Ces deux devises caractérisent admirablement la différence fondamentale qui existe entre l’aristocratie de naissance et l’aristocratie d’argent.

Après que la nation conquérante a pris possession du sol de la nation vaincue, les chefs de la horde victorieuse sont obligés de se fortifier pour prendre racine sur le sol. Ils bâtissent leurs châteaux forts, leurs manoirs féodaux, et maintiennent soigneuse-

ORIGINE ET avènement DF LA FÉODALITÉ. 135

ment à leur caste le privilège des grades militaires et des hauts emplois de l’État. Ils ne payent pas l’impôt de la terre, mais bien celui du sang. Ils revendiquent en toute occasion Y honneur de défendre cette terre dont ils sont les seigneurs. Ils honorent par-dessus tout la profession des armes , la vaillance , le dévouement de l’inférieur au supérieur. La protection due à roppriihé , au faible , la déférence due à la femme, le respect de la religion et de ses ministres, sont renfermés implicitement par eux dans cette expression de vaillance. De là les traditions et le ton de la chevalerie et de la galanterie. Le chevalier, pour être admis dans l’ordre, doit jurer de protéger et de servir la femme et l’orphelin. Noblesse oblige ! Le descendant des preux, dont la gloire est écrite sur les pierres du pays, est tenu de bravoure.

Mais je demande à quoi sont tenus, de par leur origine, ces hauts barons de la finance, qui descendent d’une faillite ou d’une adjudication de fourrages illustrée de pots-de-vin! Hélas! ceux-là ne dérogent pas à hanter les tripots de la Bourse, et à solliciter des marchés scandaleux ; leur conscience est parfaitement en repos sur ce chapitre , et les spectres de leurs aïeux ne se dérangent pas de leur tombe, pour leur faire du chagrin la nuit.

Le haut baron de la finance ne paye pas l’impôt de la terre, car il possède toujours, autour de son châ^ teau, une usine au moyen de laquelle il se fait rembourser l’impôt du fonds, par la prime qu’il obtient en faveur de son produit industriel, bœuf, fer ou betterave. D’ailleurs, il conserve en portefeuille le meilleur de son avoir y et il ne souffre pas que le fisc

de la féodalité funatnciére.

touche à cette arche sacro-sainte , pour le taire contribuer aux charges de TÉtat, proportionnellement à sa fortune , comme le veut la charte.

Le haut baron industriel n’acquitte pas l’impôt du sang non plus; encore moins. 11 paye le malheureux pour défendre le sol de la patrie en sa place ; il n’a pas de patrie, d’ailleurs. Le sol de la patrie ria plus maintenant pour défenseurs que les prolétaires^ On compte dans l’armée française plus de cent mille vendus.

Sous le régime de l’aristocratie de sang , la vraie noblesse est la noblesse d’épée. Le gentilhomme abandonne aux vilains toutes les professions lucratives, le négoce, l’usure, la chicane. Les mots de robin et de marchand ont dans sa bouche la valeur d’une injure.

L’aristocratie des écus professe au contraire le plus souverain mépris pour les carrières honorables ou honorifiques. Les métiers les plus infimes lui vont , je l’ai dit tout à l’heure , pourvu qu’il y ait de Fargcni à y faire. Elle remuera sans répugnance toutes les boucs de nos Babylones impures, pour peu qu’elle espère y trouver d’or au fond. Elle abandonne aux poètes, aux niais, l’armée, la magistrature et l’Église, vrais métiers de dupes où l’on est forcé de mettre du sien. Du métier d’interprète de la loi , elle ne se réserve que la partie qui rapporte : la procédure, la chicane , l’étude de l’avoué. Elle a un grand faible aussi pour l’étude du notaire. Jacques Ferrand est

un de ses types. On ne sait pas de juif qui cultive la terre.

Le ton de 1 aristocratie d’argent n’est pas chevale-

resque. On ne fait pas jurer au financier de prêter secours et protection à l’orphelin et à la lemme, avant de Fadmeltre dans le corps. Les financiers ne sont pas poëtes; ce mot de poëte est meme à leurs yeux l’injure la plus sanglante qu’on puisse jeter à un homme. Défunt te Globe ^ feuille catholique enireiQune par des banquiers protestants et rédigée par desyuî/s, a essayé de tuer M. de Lamartine en rappelant ainsi. Le Journal des Débats^ ami de la haute banque, et à qui sa feuille d’annonces rapporte plus de trois cent mille francs par an, a fait une fois contre le même un article en trois colonnes, où cette injure de poëte était répétée trente fois. Les admirateurs du style de cette feuille trouvaient la méchanceté charmante. La philanthropie des banquiers n’existe qu’en paroles. Ils émancipent les nègres, mais ils persécutent l’Irlandais et refusent d’assister la Pologne mourante; c’est pour la Pologne mourante qu’a été inventé l’ignoble chacun chez soi. Les financiers ont aussi une religion à eux; je ne la connais pas. Leurs tournois sont des paris de courses, où l’on joue des sommes énormes sur l’habileté d’un jockey et le jarret d’un cheval. 11 y en a qui achètent les jockeys de leurs adversaires pour être plus sûrs de gagner. On se joue souvent de ces bons tours à la Bourse de l’hippodrome. J’ai eu tort d’avancer précédemment qu’on ne voyait pas de juifs cultivateurs ; il y en a au contraire qui s’occupent avec succès de l’élève du cheval de course. Aux promenades de Longchamps, à la place des marquis poudrés de l’ancien régime, de leurs danseuses et de leurs brillants équipages , on voit aujourd’hui figurer, à la file les unes des autres, des voitures de bottiers et de

de L^ KÉODALITÉ FINANCItKE.

marchands de cirage, avec l’adresse des débitants écrite en caractères gros et lisibles. On a vu des marchands faire afficher leur boutique en plein salon du Louvre, par des pinceaux complaisants.

Comme nous avons établi tout à l’heure un parallèle entre les diverses variétés d'aristocraties , établissons-en un entre les divers despotismes.

Le despotisme monarchique , garantie de protection et d’égalité pour la masse , ne frappe que les sommités sociales, comme la foudre les grands édifices, et l’éclat qui en rayonne suffit pour illuminer une nation pendant des siècles.

Le despotisme de l’aristocratie de sang, écrasant et inhumain pour la race vaincue , stimule ardemment le sentiment de l’orgueil national par la grandeur et le caractère de ses entreprises; il sait attacher un immense prestige à ce mot de patrie. C’était quelque chose que d’être citoyen romain dans le temps de Pompée et de César; c’est quelque chose aujourd’hui que d’appartenir à la nation qui a vaincu Napoléon et forcé les portes du céleste empire.

La paix du monde , la cause de la fraternité des travailleurs et des peuples, n’ont pas d’ennemi plus terrible que ce sentiment d’orgueil national et de rivalité , que les lords de l’aristocratie britannique ont si grand soin d’entretenir dans l’esprit de leurs malheureux serfs contre tout ce qui n’est pas anglais,

La féodalité industrielle , plus lourde , plus insatiable que la féodalité nobiliaire, saigne une nation à blanc, la crétinise et l abâtardit, la tue du même coup au physique et au moral. Son despotisme est le plus déshonorant de tous pour une nation généreuse.

C'est celui sous lequel nous vivons, celui qu’il faut briser.

Maintenant qu’on sait qui nous mène, on s’explique aisément ce système à' ahaissement continu devant l’é^ tranger, adopté par tous nos ministères sans exception depuis 1830, et les éternelles concessions de la politique modeste y et la déchéance de la France du rang de puissance de premier ordre. On se rend compte de ce désordre intérieur, de ces complicités de l’administration dans les fraudes commerciales et électorales, de ces transactions de conscience si communes dans les régions officielles, de ces coalitions de corrompus et de eorrupteurs de toutes les classes, de ce népotisme scandaleux, de ces ventes publiques d emplois , de ces partages de recettes générales entre gendre et beau-père , entre frère et beau-frère ; de ces concussions journalières, en un mot, et de cette démoralisation progressive qui s’infiltre peu à peu au cœur de l’administration et du pays.

Un grand malheur, un mal immense , c’est que la presse, quand elle signale ce honteux ordre de choses, en fasse retomber la responsabilité sur la royauté seule, et détourne cette responsabilité des véritables auteur^ du système régnant. Et plût à Dieu que la royauté fût encore assez puissante et assez influente chez nous pour mériter le blâme ou les éloges , à propos d’un acte quelconque de l’administration. Mais, contrairement à la fiction . du gouvernement constitutionnel, c’est le roi qui maintenant ne peut bien faire ^ empeché qu’il en est par les coalitions des marchands privilé-

DE LA FÉODALITÉ FINANCIÈRE

giés, et c’est lui qu’on accuse de tout le mal qui se fait. On Ta bien vu dans dix affaires d’alliance politique, et notamment dahs celle de la Belgique précédemment citée. Il y a d’ailleurs un moyen fort simple de s’assurer des faits et de juger à qui appartiennent le pouvoir et la responsabilité. Pour savoir a priori qui règne en France, voyez qui les Débats servent. Le Journal des Débats a pris parti pour les marchands contre le roi des Français dans la question de l’union belge; donc ce sont les marchands qui régnent; donc le roi des Français ne s'appelle pas Louis-Philippe ^ et il y a une foule de rois des Français en France, et ces souverains s’appellent Périer, Delessert, Fulchiron, Bugeaud, Mimerel, et ce sont des éleveurs de bestiaux, des fabricants de draps et des producteurs de fer et de sucre indigène. Mais la presse, qui ne craint pas d’attaquer la royauté officielle , n’oserait pas attaquer la royauté réelle ; la presse qui devrait répéter tous les jours le nom des vrais coupables, se garde bien d’une telle indiscrétion ; et la féodalité financière profite de ce silence pour poursuivre le cours de ses accaparements.

J’arrive à l’histoire de ces accaparements. Mais j’ai besoin d’établir préalablement qu’en fait, le capital est complètement au-dessus de la charte et des lois en France. Je demande pardon d’être obligé de reproduire des arguments que j’ai déjà indiqués et sur lesquels je reviendrai bien des fois encore dans le cours de cet ouvrage. Mais la matière est si gravé et l’opinion publique a été si cruellement faussée depuis quarante ans sur le sujet que je traite , qu’on me pardonnera, je 1 espère , mon insistance et ces répétitions.

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