‹ Les juifs, rois de l'époqueChapitre 9 sur 22 · SOLIDARITÉ DES INTÉRÊTS MONARCH. ET DÉMOCRAT · texte numérisé non relu

SOLIDARITÉ DES INTÉRÊTS MONARCH. ET DÉMOCRAT

du peuple et Tennemi de T aristocratie, fut le premier qui arracha du cirque les gladiateurs et les esclaves condamnés à périr sous la dent des lions et des tigres, et qui les enrôla dans ses troupes. Il traitait avec la même humanité les prisonniers de guerre, ce qui rallia à sa fortune tant de dévouements incroyables. Une de ses légions formée de soldats gaulois, la légion Alauda^ contribua puissamment au succès de la bataille de Pharsale. Ce qui n’empêche pas que toutes les apologies des philosophes ne soient pour le vertueux Caton et tous leurs anathèmes pour César, et que Voltaire n’ait jugé à propos de faire assassiner le vainqueur de Pompée sur notre scène, comme tyran.

Les Spartiates, ennemis de l’oisiveté et très-chers aussi aux moralistes, s’exercent à tuer des ilotes à coups de flèches, pour s entretenir la main y et ils les enivrent de temps à autre, pour inspirer à leurs enfants le dégoût de Pivresse.

Les lords anglais , plus philanthropes et plus vertueux que les Spartiates, le dimanche surtout, les lords anglais ne tuent pas leurs Irlandais; ils se contentent de les laisser mourir d’une maladie singulière : (( une maladie dont les symptômes disparaissent aussitôt quon donne à manger au malade y )> dit un écrivain anglais dans un rapport sur la détresse des classes laborieuses en Irlande L Toutefois, comme les

‘ Il n’y a pas de jour où les journaux anglais , qui décrivent si complaisamment les magnificences de la toilette du marquis de Westminster, et qui donnent le nom de ses diamants , n’enregistrent un peu plus loin plusieurs cas d’individus morts de faim [deaih from starvation). Puis après, ils nient la famine. Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre,,.,

ÜE LA FÉODALITÉ FL\AISaÈRE.

Spartiates, les lords anglais ont grand soin de tenir leurs ilotes d’Irlande dans rabrutissement de Tivresse, de Fivresse du gin, qui rend les esclaves plus gouvernables. Un jour un de leurs prêtres, un homme payé par eux pour répandre la parole de Dieu , s’alarmait publiquement des progrès de la tempérance parmi les travailleurs catholiques, llconsidéraitcomme une calamité nationale, comme une menace redoutable pour sa chère Angleterre et pour m religion ^ cette régénération d’ êtres abrutis qui veulent revenir à leur dignité d Jiommes 1

Oh î oui, les renverseurs auraient parfaitement raison de vouloir démolir les gouvernements de cette

espèce, dont les intérêts sont si épouvantablement opposés à ceux des gouvernés } mais la besogne n’est pas facile. Ces aristocraties sont prudentes, elles ont la vie dure et elles sont sans pitié , et elles savent se prémunir contre les révoltes plébéiennes qu’elles écrasent. Les rois, qui n’ont pas les mêmes raisons de s’armer contre leurs peuples, présentent moins d’obstacles à i’insurrection. C’est pour cela que les insurrections s attaquent de [iréférence à eux.

Le gouvernement des aristocraties n’étant que la prolongation du fait brutal de la force, du droit de la victoire, l’application de la formule barbare vœ victis^ il est évident que. ce gouvernement ne peut desserrer l’étreinte des fers de la nation captive, sans s'exposer à périr. Les Normands d’Angleterre auraient depuis

longtemps émancipé la race saxonne et la race irlan-

daise, s ils avaient pu le laire sans renoncer à leurs richesses et à leur pnissaoce. Mais ils ont conquis leurs privilégcB snr h*. cham]> de bataille d'Ilaslmgs ,

soLn)ABrri> di:s ikt^rêts monarch. et ofiMOCRAT.

iis ne les céderont que vaincus sur un antre clianip de bataille.

Le gouvernement monarcliique n’a jamais eu et ne peut jamais avoir de ces nécessités d’oppression.

Le gouvernement monarchique est calqué sur Fimage de la famille, sur celle du système sidéral, sur tous les emblèmes d’unité, d’ordre et d’harmonie que la nature olire à nos sens et à notre intelligence. Si Fiiistoire des libertés nationales de la France prouve à cliaqiie page la solidarité intime qui exista de tout temps entre les intérêts du trône et ceux du peuple, l’bisfoire du despotisme elle-même la conürnierait peiit-êire plus virtuellement encore. Et il faut bien que cela soit ainsi; pour qu’un principe soit juste, il faut qu’on puisse en étendre jusqu’à 1 infini toutes les conséaueiices sans rencontrer la contradiction ni Fab-

surde. A Dieu ne plaise que je prenne en main la cause du despotisme monarchique , forme de gouvernement barbare bonne pour les peuples enfants. Mais je dis cependant : cherchez les noms les plus odieux de l’histoire, les règnes les plus maudits par les poètes, ceux des Tibère, des Néron, des Louis XI , des Richelieu, et vous verrez que jamais les malédictions du peuple contemporain ne se sont associées à celles des écrivains. Néron était Fidole du peuple de Rome, et je ne parle pas du Néron qui regrettait de savoir écrire quand il avait à signer une sentence de mort, je parle du iiéron du lac Fuciri et de l’incendie de Rome, du Néron arrivé rm naroxvsme des fureurs césariennes.

Cela, ne prouve pvs cvi faveur de la moralité du peuple, (dest possible; mais cela prouve que le peuple

DE EA FÉODALITÉ FINANGiÈRE.

souffre peu des plus fougueux excès du despotisme, et c’est tout ce que j'ai voulu démontrer.

Pe soleil, emblème de la royauté, cause aussi par ses ardeurs les tempêtes et les épidémies : le soleil n’en est pas moins l’astre qui mûrit la vigne et les moissons, et qui vivifie la nature; or, si la science a pu donner à l’homme le moyen de conjurer la foudre et de s’en faire un instrument docile, est-il à supposer que Dieu refuse à l’homme les moyens de prévenir les écarts de la royauté ?

Voici au surplus de plus nobles preuves de la sympathie du peuple pour les despotes.

Tous les grands noms qui nous sont arrivés, à travers la gratitude des âges, couronnés d’une auréole resplendissante de gloire populaire, sont des noms de despotes : Périclès , Alexandre, Auguste, les Antonins, Charlemagne, Aaroun-al-Ilaschild , Soléiman, Louis XIV, le grand Frédéric, Napoléon. Les traditions des peuples aiment à reporter à ces noms glorieux toutes les lois, toutes les découvertes, toutes les institutions utiles et populaires. Les nations cherchent d’instinct les grands noms pour abri. Les masses admirent et respectent la force, même dans l’individu, parce que la force est presque toujours la compagne de la justice, et que la force dans le pouvoir est leur seule garantie contre l’oppression des grands. Le despotisme qui pèse le plus lourdement sur les travailleurs, on le sait, c’est le despotisme subalterne, le despotisme local, celui du seigneur ou de son intendant. On sait encore que la tyrannie des monarques s exerce d’habitude dans une sphère où le travailleur n arrive pas; les traits du pouvoir absolu passent tous

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au-dessus de sa tête ; la verge de Tarquin ne brise que les pavots. Ajoutons que l’égalité parfaite des citoyens devant le roi, la loi vivante, est déjà une des premières conséquences du principe de la monarchie absolue, et cette égalité est moins illusoire certainement dans les pays de despotisme royal ou impérial, que celle qui est écrite dans la charte française. En Turquie, le dernier des esclaves et des fonctionnaires du harem est apte à devenir grand-visir. Il semble même que ce droit soit écrit sur la face imposante et majestueuse des individus de cette race. Et en effet, les Turcs et les Arabes de sang possèdent tous cette noblesse d’attitude et cette dignité calme que riiabitude du commandement ne donne pas toujours chez nous aux plus hauts dignitaires de l’État. En Chine, comme en Russie, c’est l’empereur qui récompense et qui protège le mérite, qui fait et qui défait les nobles. Dans ces États semi-barbares où la majesté royale est entourée d’un prestige quasi-divin , la capacité est rémunérée par la fonction, et donne la noblesse avec tous les privilèges de l’ordre. Là l’intelligence n’est point forcée de s’humilier devant le privilège, comme il arrive sous le régime de l’aristocratie nobiliaire, ni de se courber sous le joug ignoble des écus, comme il arrive sous le gouvernement des banquiers. 11 faut lire les fueros d’Aragon et de Biscaye, admirables institutions delà vraie démocratie, pour se faire une idée de ce que le pouvoir monarebique absolu peut comporter de libertés populaires courant côte à côte avec lui. Je donne cinquante ans de révolutions à l’Espagne pour retrouver, dans ses institutions nouvelles, les libertés municipales et provinciales dont elle était

m LA rÉüDALui; financière.

pourvue sous la monarchie absolue. Dans les États kérédüaires d'Autriche , pays d’absolutisme et de bonheur^ de danses, de festins et de chants éternels, le peuple bénit son souverain et l’appelle son père. Ce peuple n’a pas voulu de sa liberté que nos soldats vainqueurs lui apportaient au bout de leurs baïonnettes, aux jours des victoires de la Képublique. Et pour avoir constaté ce fait vrai, je suppose n’avoir pas ioesom de me défendre du crime de sympathie pour ce gouvernement de l’immobilisme, qui règne par la terreur sur les pays conquis, gouvernement d’espions, d’assassins et de sbires j État fabriqué de pièces et de morceaux volés, que les traités de 1815 ont bâti, que de nouveaux traités ne tarderont nas à démolir, ie l’espère; car la justice divine ne peut pas pardonner des iniquités politiques comme le démembrement de la Pologne et les égorgements de Tamow î‘ Le gouvernement despotique de la Prusse est en avant de tous les gouvernements soi-disant libéraux de l’Europe, pour la fondation des institutions de charité sociale.

Tout ce qui se fait de bon et de populaire en Russie émane de l’empereur. Ce tzar Nicolas, que la presse parisienne décore si complaisamment du titre de Néron tartare, est le souverain d’aujourd’hui qui travaille avec le plus d’art et de persévérance à l’émancipation des travailleurs, en brisant du même coup la puissance des boyards, et le parasitisme mercantile des entants d Israël. Un jour, les Danois fatigués de l’exercice de leurs droits, renoncèrent spontanément à leur liberté et proclamèrent la monarchie absolue. Je doute qu ils aient eu à sc repentir de cette détermination. Le peuple le |)ius heureux elle plus libre de l’Europe, le

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peuple toscan , est gouverné par un souverain à peu près absolu. 11 existe en ce moment^ aux portes de la France, dans un des cantons les plus riches et les plus industrieux de la Suisse, une population anciennement française, et que les traités de 1815 nous ont faite étrangère. Cette population, qui a trouvé d’immenses avantages matériels dans son changement de nationalité, a pris en tel dégoût le régime des libertés helvétiques, qu’elle a voulu naguère s’expatrier en masse pour aller fonder quelque part en Afrique une mlonïe P cdsible ^ sous V appui d'un gouvernement fort^

Ah! les haines des peuples pour les rois sont plus stupides encore que coupables, et les écrivains soidisant démocrates , qui poussent les nations au renversement des trônes , trahissent bien cruellement la cause de la démocratie !

Ainsi Thistoire du despotisme elcelle de la monarchie protestent contre la théorie du gouvernement-ulcère appliquée à la royauté. L’histoire naturelle, dont les économistes et les philosophes considèrent sans doute les enseignements comme choses rid icules, nous offre aussi dans le gouvernement des abeilles l’emblème intéressant d’une véritable monarchie démocratique, où tout le monde travaille, la reine comme le peuple, et où les travailleurs mettent impitoyablement à mort les parasites, pour nous montrer que la constitution de l’ordre parfait et du travail attrayant ne comporte pas d’oisifs.

Mais cherchons dans des preuves moins religieuses et moins abstraites la démonstration de ce principe : que le bonheur du peuple , c’est-à-dire celui des travailleurs, exige l’union intime des intérêt' du peuple èt du gouvernement.

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