MENSONGES DE LA CHARTE
blicsj no confiera ces emplois qu’à ceux qui peuvent la servir. Et il n’y a qu’im moyen de servir cette administration, à savoir de maintenir ou d’accroître sa majorité. Pour cela, il faut être électeur. Or, tous les citoyens français ne sont pas électeurs. Pas d’argent, pas d’emploi.
L'article ment encore, parce que, pour être admis à l’emploi de sous-préfet, d’auditeur au conseil d’État, de juge, il faut être avocat. Or, pour être reçu avocat, il faut avoir assez d’argent pour suivre , pendant dix ans , les cours d’un collège, et les cours de la faculté de droit pendant quatre autres années; et ce diplôme d’avocat, qui s’achète, prouve bien la capacité monétaire, mais ne prouve pas toujours la capacité intellectuelle. Pour devenir notaire, avoué, agent de change, il faut de l’or, beaucoup d’or. Pour être officier dans les armes savantes , il faut avoir les moyens de se faire admettre dans les écoles spéciales. Ensuite, pour occuper convenablement la plupart des emplois administratifs ou judiciaires , il faut être riche de patrimoine ; car pas un de ces emplois n’est assez rétribué pour permettre au titulaire de vivre honorablement avec ses émoluments.
Par conséquent les citoyens français qui ne peuvent pas dépenser vingt mille francs pour faire leurs études et leur droit , ne sont pas admissibles à tous les emplois
civils et militaires.
C'est-à-dire que toutes les professions libérales sont inféodées à la richesse et inaccessibles à la capacité seule, et que l’article 3 de la charte a menti comme l’article 1*"'' et l’article 2.
L’arthile T, qui consacre la liberté de la presse, et
DE LA FÉODALITÉ FINANCIÈRE
qui dispose que tout Français a le droit de publier ,^on opinion y se joue tout aussi insolemment de la bonne foi et do la vérité; car il faut d’abord déposer un cuutionncmentde cent mille francs entre les mains du trésor quand on veut publiei’ son opinion, et puis il faut payer la façon du journal. La charte, pour ne pas mentir, devrait dire : «Tout Français ale droit de publier son opinion, quand iladeux cent mille francs dans sa caisse, a
Je m’arrête; j’ai choisi les exemples assez haut, et j’en ai fait voir assez dans ces prémisses pour être en droit de conclure qu’il n’est pas de disposition capitale de la loi fondamentale, qui ne fléchisse humblement devant la toute-puissance des écris.
L’argent seul pouvant donner le cens de rélectorat et le cens de l’éligibilité, la valeur du citoyen pauvre est égale à zéro, dans ce prétendu pays d’égalité. Je ne lui vois de bien garantis que le droit de payer l’impôt et celui de monter sa garde, mais c’est tout.
Passons à l’examen des moyens que la féodalité financière emploie pour accaparer la fortune publique*
MOYENS d’accaparements DE LA fÔKïUNE PUBLIQUE. ik1