‹ Les juifs, rois de l'époqueChapitre 7 sur 22 · SOLIDARITÉ DES INTÉRÊTS MONARCH. ET DÊMOCBAT · texte numérisé non relu

SOLIDARITÉ DES INTÉRÊTS MONARCH. ET DÊMOCBAT

ce sont toujours comme autrefois les avides tyrans de la mer; la race gauloise heureusement a la fibre plus chatouilleuse que la race saxonne et la race irlandaise, à r endroit de la liberté ; elle a jeté par-dessus bord toutes ses vieilles castes, franque et normande , dans la dernière tempête* Reste la juive,,..

L’autorité royale annihilée pendant toute la durée de la seconde race par celle des grands vassaux , reprend-elle un moment le dessus à l’avénement des Capets, de ces chefs de nation choisis pour leur vaillance, et de qui le patrimoine forme à peu près tout ce qui s’appelle encore la France.... aussitôt résurgissent de toutes parts les éléments de nos libertés communales. Le souvenir de ces premiers actes d’affranchissement du peuple se trouve indissolublement uni dans l’histoire nationale, aux noms glorieux de ces rois d’épopée, dont la mémoire nous est chère, Louis Yl, Philippe-Auguste, saint Louis, des héros au bras fort, que la fortune ne semble abandonner quelquefois sur les champs de bataille , que pour faire briller d’un plus beau lustre leur courage de fer et leur magnanimité *. Dans ce temps-là, le peuple comprend admirablement que la cause de la royauté est la sienne. Le peuple , le roi , le clergé lui-même s’appuient l’un sur l’autre et se prêtent mutuellement secours et assis-» tance. Ils se liguent fréquemment pour renverser l’ennemi commun, le seigneur, le Puiset qui tient assiégées les avenues de la capitale de la France, ou le

‘ La maison royale de France a eu trente-sept de ses princes tués ou faits prisonniers sur ic champ de bataille, et parmi ces derniers trois rois ; Louis IX, Jean II , François P". Le duc d’Aumale a eu le droit de dire ; Jamais prince de ma race n’a reculé.

gQ de la féodalité financière.

Burchard (Montmorency) qui pille laLbaye de Saint- Denis où est déposée l’oriflamme nationale. Ils envoient aussi ce gentilhomme aux croisades, et ils profitent de son absence pour lui faire rendre gorge.

Durant cette longue période d’anarchie et de calamités, qui s’appelle la guerre de cent ans, à partir du désastre de Crécy jusqu’aux triomphes de Jeanne d’Arc, la misère des populations est au comble. C’est que les rois de ces temps-là s’appellent Jean II et Charles VI, l’un prisonnier de l’Anglais, l’autre atteint de démence. C’est qu’un roi d’Angleterre , aidé du traître Bourguignon, s’assied sur le trône de France. Enfin, Dieu prend en pitié la France et les infortunes de son peuple; il suscite une vierge inspirée pour expulser l’ennemi de ce sol qui le supportait avec peine ; et le lendemain du triomphe, quand la royauté a repris terre , les libertés des communes se relèvent avec elle.

L’alliance du peuple et du roi se resserre plus intimement que jamais sous Louis XI, qui livre à T échafaud les nobles, les traîtres qui conspirent avec l’étranger, Saint-Pol et d’Armagnac, cependant qu’il ' choisit pour ministres son barbier et son médecin. Sous ce règne , le trône et la commune se partagent publiquement les conquêtes faites sur la féodalité. Les bourgeois de Rouen rentrent dans leur droit de garder eux-mêmes leur ville ; Bordeaux est alîranchi de la suzeraineté de Toulouse. La noblesse , qui a longtemps soldé les historiens de France, comme les patriciens de Rome ont soldé Tite-Live, la noblesse a eu ses raisons pour faire de ce Louis XI, un monstre, une hyène altérée de sang humain. Mais les historiens

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du peuple ont réhabilité sa mémoire , et ils ont eu raison, à leur tour, d’en faire un de nos plus grands princes.

La fusion des deux intérêts monarchique et démocratique, s’opère plus intimement encore sous Richelieu, ce rude faucheur de geniilhommerie. A chacun des coups dont il frappe cette féodalité menaçante, cette éternelle ennemie de la royauté et du peuple, il semble qu’on voie jaillir de la terre de France les libertés et la richesse , comme on voit l’herbe des prairies renaître plus verdoyante et plus épaisse, lorsque la faux du laboureur a débari’assé le sol des herbes parasites. Ne m’interrompez pas ici pour m’accuser de piller Barrère , rAnacréon de la guillotine ; je ne fais pas l’apologie de l’échafaud, je rends compte d’un fait que je n’analyse pas. La question de la moralité des moyens est ici hors de cause. Eh î mon Dieu, la guerre, celte série de boucheries atroces et insensées qu’on appelle la guerre , est assurément la plus stupide et la plus injustifiable des folies de l’humanité,* et je crois fermement que, dans deux cents ans d’ici, nos neveux auront pour les héros des champs de bataille la même répulsion que nous aujourd’hui pour les anthropophages; et pourtant nos pères ont chanté le Te Deum pour les victoires d’Iéna et d’Austerlitz, et nous le chanterions encore , sans trop d’amertume , je suppose, pour une revanche de Waterloo. Prenez alors que j’ai chanté le Te Deum en l’honneur du triomphe de la royauté sur l’aristocratie, en l’honneur du grand cardinal qui créa la puissance maritime de la France, qui chassa pour jamais l’Anglais du continent, en détruisant la Rochelle protestante, et qui n’eut pas à

de la féodalité financièbe.

se reprocher à sa mort le meurtre d un innocent. Je reprends :

Richelieu déjoue le plan du protestantisme anglais, qui espérait fédéraliser et républicaniser la France, et la partager en vingt fiefs nobiliaires, à l’instar de ce qui s’est fait dans la Grande-Bretagne. Il constitue notre admirable unité monarchique. Otez Louis XI, Médicis et Richelieu de notre histoire, et le peuple de France en serait réduit aujourd’hui au même degré d’abrutissement et d’énervement que le peuple irlandais- Aucune nation opprimée ne pourrait compter sur lui.

Un peu plus tard , sous le successeur de Richelieu, la paix de Munster se faisait. Le roi de France était l’arbitre des destinées de l’Europe ; son pavillon glorieux flottait sur toutes les mers ; ses armées occupaient dans les quatre parties du monde autant de territoire qu’en possède aujourd’hui l’Angleterre ÿ et les sauvages de l’Amérique du Nord, comme les habitants de la presqu’île du Gange, le doge de Venise, comme les poètes que pensionnait Louis XIV, l’appelaient le grand roi, A cette époque, la théorie du ^ouvernement-ulcere n’avait pas encore pris racine dans le sol national.

C’est qu’alors , en effet , la véritable royauté a pu se développer dans sa gloire. Le principe monarchique a décidément prévalu ; les privilèges de l’aristocratie sont éteints ou sont prêts de s’éteindre ; les vassaux ci-devant rebelles se sont faits courtisans , et sont forcés de vendre leurs derniers droits féodaux aux commîmes peur se procurer les moyens de figurer dignement à la coût du monarque. Toute commune a

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ses franchises : iè peuple est entré aux affaires par Colbert^ Louvois et Câlinât. Le roi protège Molière contre les marquis et les tartufes : tous les talents, le lot du peuple, même les talents du dehors, sOtit noblement rémunérés; toutes les capacités admises à sè produire. On accorde la noblesse aux drapiers d’ Abbeville. Tous les intérêts de l’Etat se personnifient

dans son chef, et le grand roi, dans la conscience de mandat populaire, pent dire : l'État, & est moi ^ déclaration sublime et que n’ont pas comprise ceux qui la calomnient. Oui, rÉtat c’était lui, comme ce fut le premier consul après la victoire de Marengo. Et quels autres noms, s’il vous plaît, quels noms de parlements ou de corps législatif étaient mieux faits pour personnifier la nation dans sa majesté éclatante, que les noms radieux de Louis XIV et de Napoléon!

Aucune cour n’a brillé dans Fhistoire des rois comme celle de Louis XIV ; jamais royauté ne s’entoura d’une aussi éclatante auréole de célébrités de tout genre. La beauté y fut admise comme le talent, comme la poésie, comme l’éloquence, comme toutes les supériorités légitimes , et les fondations populaires et utiles de ce règne ont dépassé en grandiose tout ce qui s’est fait depuis. En même temps que la pensée artistique du monarque faisait éclore le palais du Louvre et les féeries de Versailles, le sentiment ar^ dent de son patriotisme enfantait les créations de Toulon, de Fréjus et le canal du Midi. Ses ingénieuTs couvraient les frontières dit royaume , que fétraiigét respecta, d’une ligne redoutable de citadelles; et sùr le territoire conquis de l’Amérique septentrionale, nos établissements militaires s’étageaient dès bouches

LA FÉODALITÉ UNAINCIÈKE.

'du Saint-Laurent à celles du Mississipi. l.es forts de T,avs nui sont devenus depuis de grandes villes pacifiques, portent encore aujourd hui les noms de ce temps héroïque (Louisbourg). C’étaient là des couronnes de bastilles conçues dans un meilleur système que celles d’aujourd’hui. L’élève de Mazarin , en faisant son petit-fils roi d’Espagne et en reculant ses frontières jusqu’au détroit de Gibraltar au midi, en se couvrant à l’est par ses conquêtes de la Franche- Comté et de l’Alsace,^ avait trouvé du moins un moyen honorable de mettre sa capitale à l’abri des invasions de l’ennemi. C’est encore la gratitude prévoyante du prince qui fonda, pour les vieux serviteurs de l’État, l’hospice des Invalides, et dota l’armée navale de sa caisse de retraite, deux fondations-modèles. Tous les principes d’unité administrative , législative et financière, entre autres, l’uniformilé des poids et mesures, toutes les améliorations réalisées depuis par Turgot , par la Convention et l’Empire, sont contenus en germe dans les ordonnances et dans les institutions du règne de Louis XIV. C’étaient des hommes du peuple désignés par leur capacité qui composaient le conseil du grand roi.

Les encyclopédistes et quelques écrivains dramaturges, parmi lesquels je regrette de rencontrer des hommes d’intelligence et de cœur, ont essayé depuis cent ans de mordre à cette gloire ; mais le peuple d’aujourd’hui, qui n’a pas vu les malheurs de la lin du règne de Louis XIV, malheurs noblement supportés, du reste; le peuple, qui n’a pas subi l’hiver de

09 J et qui a 1 épiderme des générations passées moins sensible que nos philanthropes, le peuple se

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