SOLIDARITÉ DES INTÉRÊTS- MON A RCH, ET DÉMOGRAT
contenfe fFadmirer les monuments que lui a légués le grand roi, et il s’enorgueillit de ce magnifique héritage en face de l’étranger.... et quand il se révolte et qu’il chasse ses rois de leurs palais, c’est lui en personne qui se charge de la garde des trésors du Louvre, par la raison qu’il sait que ces trésors sont à lui. Le peuple, après cela, se serait-il révolté aussi souvent, si le grand roi , oubliant les souvenirs de la Fronde, eût fondé son Versailles au sein du vieux Paris même , et n’eût pas préparé, pour ainsi dire, le divorce de la royauté et du peuple, en commençant par faire ménage à part. Les bandes parisiennes qui envahirent Versailles, au 6 octobre, se félicitaient, au retour de leur expédition victorieuse , d’avoir reconquis leur roi, 11 est surtout un acte que les détracteurs systématiques de la grandeur royale ne pardonnent pas à la mémoire du dernier de nos rois : la révocation de l’édit de Nantes. On dirait que l’expulsion de quelques industriels protestants a porté le coup de mort à l'industrie française , comme si la France ne possédait pas encore aujourd’hui un assez grand nombre de ces malheureuses cités manufacturières où les populations se crétinisent, se démoralisent et s’étiolent, et où Fémeute et les révolutions siègent en permanence. Ah î tant que l’industrie ne sera pas organisée chez nous , et le salaire remplacé par le contrat de société entre le capital et le travail, tant que nos grandes manufactures ne seront que de grandes fabriques d’ilotes , de meurt-de-faim et de prostituées , et qu’il faudra des armées de deux ou trois cent mille hommes pour garder ces travailleurs, comme on fait pour les forçats des bagnes dont la condition n’èst pas pire, ne por-
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tons pas si la gloire de Tindustrie manuracturièrefet lâchons d’être plus indulgents pour le grand roi, qui se trompa, sans doute, mais qui crut devoir sacrifier les intérêts de quelques villes de fabrique aux intérêts supérieurs de l État, La révocation de l’édit de Nantes, comme le massacre de la Saint- Barthélemv, comme les atrocités de 92, sont de ces
actes odieux qu’il est impossible de justifier, quand on ne considère que les faits en eux-mêmes. On a le droit de flétrir des épithètes les plus dures les égorgeurs des Cévennes, les assassins de Coligny et les septembriseurs; mais il serait injuste de calomnier aussi durement la pensée politique qui dicta ces assassinats. Il est bien aisé d’écrire que la fin ne justifie pas les moyens, deux ou trois siècles après qu’un événement est passé ; bien facile surtout de faire de la saine morale rétrospective, quand on est en dehors des passions d’une époque. Mais quand on considère l’importance du but que se proposaient les auteurs des actes que l’on condamne ; quand on voit que les plus grands esprits du temps donnaient les mains à ces exécutions, et qu’elles étaient réellement laires; quand on se reporte aux habitudes de violence de 1 ancienne politique, on se sent disposé a apprécier les faits avec moins de sévérité. Au 24 août 1 572,
comme au 10 août et au 2 septembre 92, peut-être s agissait-il pour la France d’être ou de n otre pas# Quand Médicis ordonna le massacre des protestants , les Coligny étaient plus puissants que le roi , car ils avaient des armées de dix raille hommes, et les protestants menaçaient de partager la France. Les uns tmitaient avec l Allemagne, les autres avec l’Espagne
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OU avec F Angleterre; chaque grand seigneur se faisait sa part de royauté dans le démembrement de FÉtat. Fallait-il les laisser agir? C’était toujours la lutte entre Funité et le morcellement, entre le roi et le peuple d’une part, et les grands seigneurs de l’autre. L’affaire était plus politique que religieuse; et le peuple et le roi étaient parfaitement d’accord entre eux pour en finir avec les grands seigneurs , amis dé l’étranger. Je ne connais pas de fable plus stupide que cette invention du roi Charles IX tirant de sa fenêtre sur son peuple. Eh! imbéciles chroniqueurs, le peuple du roi tirait avec amour sur les protestants pour son compte , car ce peuple était catholique et beaucoup plus fanatique que le roi; et on le vit clairement plus tard par l’énergie désespérée de la résistance qu’il opposa au prince protestant Henri IV, lors du siège de Paris. On le vit mieux encore par Fabjuration du vainqueur, qui fut obligé de sacrifier ses croyances religieuses à celles du peuple de Paris ce qui ne le sauva pas du poignard de Ravaillac.
Louis XîV, appuyé par Bossuet, voulait établir Funité politique et religieuse en France, et dans la pensée de ces deux grands hommes d’Etat, le protestantisme, ami de l’Angleterre et de la féodalité, était un obstacle insurmontable à la constitution de cette unité, à la grandeur et à la suprématie de la France. La politique fut pour autant et plus que le zèle religieux dans les motifs de la persécution de l’hérésie. En tout cas, les dragonnades des Cévennes que les philosophes ont si furieusement incriminées n’approchent pas des atrocités commises précédemment sur les catholiques par Elisabeth et < Cromwell, atro-
de la féodalité financière.
cités que les encyclopédistes et les dramaturges ont passées sous silence.
De même en 92, quand l’explosion du 10 août éclata, quand vinrent les journées de septembre, l’armée de la coalition européenne était entrée en Lorraine et n’était plus qu’à soixante lieues de Paris. Quand Danton et les siens frappèrent ces coups terribles pour lancer la révolution en avant , pour surexciter toutes les ardeurs de l’esprit national contre les traîtres, l’ennemi menaçait la capitale, et je ne vois pas pourquoi le peuple de Paris, qui croit encore aujourd’hui à l’empoisonnement de l’eau des fontaines, en temps de choléra, n’aurait pas ajouté foi au bruit d’une secrète alliance entre les traîtres du dehors (les émigrés) et les traîtres du dedans. Ces émigrés qui figuraient dans les rangs de l’ennemi ne s’élaient-ils pas vantés , devant les princes alliés , de ramener le peuple français à la raison en six semaines? Ne comparaient-ils pas ce peuple à une meute de chiens en faute qui s’empresseraient de rentrer dans le devoir, à la vue du fouet de leurs maîtres? Pour moi qui suis du peuple et qui ne le renie pas, je trouve une excuse à sa fureur, quand elle s’abat sur les insolents et les traîtres; et, je le répète, le véritable amour de la liberté et de la France peut fournir d’amples excuses à la plupart des excès de la révolution. Vous parlez de sang versé par le peuple; mais le peuple, qui venait de rompre ses fers, n’avait qu’un jour pour se venger d’une oppression de huit siècles î Mais je voudrais bien voir si l’ambition et le fanatisme religieux ou boutiquier ont les mains moins rouges que la dépiocratie en délire.
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Le règne de Louis XIV a été Tapogée de la royauté en France, Depuis, le prestige et la popularité du pouvoir ont toujours été déclinant jusqu'aux jours de la Convention et de TEmpire. Des successeurs du grand roi, le premier, le régent d’Orléans s’allie (quelquesuns disent, se vend) à l’Angleterre; il prend pour favori un cardinal Dubois, honte de la pourpre romaine. Le second se fait battre par les Anglais, perd l’Amérique du Nord et l’Inde et nos vaisseaux, et signe le fatal traité de 1763 , une deuxième édition du traité de Brétigny. Tous deux semblent prendre à tâche d’avilir la majesté royale par leurs débauches infâmes et leurs mœurs dissolues. Alors le mépris légitime du peuple pour ses chefs fait en peu de temps des progrès si rapides, que toutes les veiTus et les intentions les plus louables du malheureux Louis XVI sont impuissantes plus tard â conjurer l’explosion des colères nationales amassées contre la royauté. C’est ici , comme toujours , le juste qui subit le martyre , en expiation du crime des méchants.
Il n’y a pas paradoxe à soutenir, qu’après Louis XIV, c’est le gouvernement de la Convention qui a le mieux compris la mission du pouvoir. La Convention a assis le principe de Vunité gouvernementale sur une base inébranlable. C'est elle qui a écrit l’ünité et l’Indivisibilité sur le frontispice de nos lois ; elle qui a aboli les douanes intérieures et fondu les provinces ; elle qui a uniformisé la législation et les mesures. Comme Richelieu y Louis XIV et Catherine de MédiciSy la Convention a poursuivi à outrance et anéanti V aristocratie et le fédéralisme, L’Angleterre a soldé contre la. Convention toutes les puissances européennes, et la
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Convention a improvisé les armées et les armes , les généraux et la victoire, et elle s est superbement imposée à l’Europe vaincue. Quand la jeune République traite avec les vieilles monarchies écrasées, et que les représentants de l’Autriche déclarent reconnaître l’Etat nouveau : « La République française , dit son négociateur, n’a pas besoin qu’on la reconnaisse, elle est comme le soleil, elle luit aux yeux de tous. « La Convention a fait surgir du sein des classes populaires des myriades de héros. Sa misère ne Ta pas empêchée de faire au talent et à la capacité la plus belle part d’influence qu’on leur eût encore faite. Elle a éteint la guerre civile et reporté la guerre extérieure sur le territoire ennemi. Le patriotisme et le génie de la Convention ont lavé sa mémoire de bien des accusations injustes. Elle a vaincu, c’est déjà beaucoup pour la justification des moyens qu’elle a employés pour vaincre; car ce comité de salut public, qui avait la Vendée et les fédérés à soumettre, Lyon et Toulon à reprendre, l’Europe tout entière à combattre, ce comité de salut public n’était pas non plus sur des roses. Et puis je trouve que les taches du sang versé pour la liberté s’effacent vite. 11 faut dire maintenant, à la gloire éternelle de laConvention , qu’aucune assemblée nationale n’a été aussi loin qu’elle dans la justice et la charité chrétienne, car c’est la seule assemblée qui ait songé à proclamer le droit au travail , droit sacré et imprescriptible de l’homme L
' Je ne veu^ pas oublier de mentionner que Timmortel Turgot, dans 1 édit de 4776 , avait précédemment formulé ce principe , et que Thonneur de l initiative revient au ministre de Louis XVI , et peut-être même «t ce prince que le peuple a immolé par la main du bourreau. Turgot
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La recopnaissance solennelle du droit de T homme, au travail, est le plus magnifique monument de charité législative que les sociétés humaines aient encore bâti. Je prends le mot de charité dans Facception su** blime que lui a donnée le Christ : r amour du g^nre humain. La reconnaissance du droit au travail pour tous, c’est Faholition du paupérisme, du prolétariat, du salaire, de la concurrence anarchique. C’est Fordre h la place du chaos , la liberté à la place de l’oppression, le droit à la place du fait, l’association à la place de la lutte entre toutes les forces actives de la société Comme nous avons rétrogradé depuis!
Voilà les résultats qu’obtiennent les pouvoirs forts et bien d’autres encore, comme la vente des biens du clergé, cette mesure juste et légitime décrétée par la Constituante , qui a triplé la richesse territoriale de la France et fait arriver un si grand nombre de prolétaires à la propriété. Je demande si le peuple serait bien venu à se plaindre aujourd’hui des abus de pou-voir commis par la Convention.
Cependant la Convention n’a pu faire jouir le peuple
disail dans le préambule de cet édit : « Dieu , en donnant à l’homme des besoins , en lui rendant nécessaire la ressource du travail , a fait du droit de travailler la propriété de tout homme, et cette propriété est la première, la plus sacrée et la plus inviolable de toutes. »
C’est le même ministre qui a écrit : « Il faut connaître les vrais principes, lors même qu’on est obligé de s’en écarter, afin de savoir, du moins précisément , à quel point on s’en écarte; afin de ne s’en écarter qu’autant exactement que la nécessité l’exige; afin de ne pas, du moins, suivre les conséquences d’un préjugé qu’on craint de renverser, comme on suivrait celle d’un principe dont la vérité serait reconnue. »
( Mémoire sur les prêts d’argent. )
Et T.oiiis XVf disait souvent : « Il n’y a que M. Turgot et moi qui aimions sincèrement le peuple. »
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du droit sacré qu’elle lui avait reconnu , parce qu'il n’est pas au pouvoir de la démocratie non constituée de se maintenir et d’achever ses œuvres. La démocratie ne peut se constituer et se mouvoir qu’à l’aide du pivot de la monarchie. U y a longtemps que les États-Unis d’Amérique seraient constitués en monarchie , s’ils avaient dans leur voisinage de puissants rivaux à combattre. La mobilité meme de la démocratie lui fait besoin de l’appui d’un principe et d’une autorité moins mobiles qu’elle. Or, la Convention en copiant T Angleterre, en faisant tomber sous la hache du bourreau une tête royale , pour la jeter aux rois absolus de l’Europe , comme un gage de défi , la Convention avait brisé l’ancien talisman du bonheur de la France, l’union du pouvoir et du peuple. La fortune du pays faillit s’abîmer dans le déluge de calamités qui suivit cette sanglante rupture. La nation entière eut longtemps comme un vague sentiment que la vengeance de Dieu pesait sur elle, pour l’attentat qu’elle avait laissé commettre en son nom, et il fallut que les fils innocents expiassent rudement le crime de leurs pères. La France est monarchique. Avant de retrouver son principe de vie , la royauté , elle eut à subir le despotisme de l’anarchie d’abord, et après, par l’enchaînement naturel des choses, le despotisme du sabre. El. le soldat couronné qui lui rendit ce principe dut le retremper préalablement dans le sang de huit raillions d’hommes.
Le mérite personnel, le dévouement et la capacité, seuls litres de noblesse du peuple, furent reconnus sous \e pouvoir fort de l’Empire. Mais le triomphateur, pris de la folie césarienne au plus haut de sa gloire ,
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méconnut le principe de sa puissance. Il crut avoir besoin, pour soutenir son trône, d’enter sa dynastie démocratique sur la plus vieille souche des, monar<chies européennes absolues. Il se fit une cour de comtes et de ducs comme les autres spuverains ; il ambitionna tous les trônes, comme s’il eût voulu se faire pardonner son origine révolutionnaire , à force de grandeur et de gloire. Alors le peuple, qui vit l’orgueil de l’homme percer dans les actes du chef, se désaffectionna de lui, et l’ambitieux se trouva seul aux jours de l’infortune. Je demande qu’on me pardonne si je ne me sens pas le courage d’encenser plus ardemment la mémoire du héros qu’ont maudit tant de mères, et par qui l’Anglais victorieux a campé deux fois en un an sur les places de Paris. Mais il aima le peuple et la France, et l’histoire de l’Empereur ne peut nous faire oublier celle du premier consul, la plus magnifique page certainement de notre histoire nationale.
Depuis la Convention et depuis 1814, le prestige du pouvoir n’a fait que s’affaiblir parmi nous; car le peuple, à dater de cette époque, a dû peu de choses à ses rois, si ce n’est la tranquillité depuis 1830. Mais la tranquillité par la compression et l’engourdissement n’est pas l’ordre normal, ni la paix, ni la prospérité publique. La nation chez laquelle la progression du crime court quatre fois plus vite que celle de la population , n’est pas une nation heureuse. Aussi la popularité n’a-t-elle pu revenir au nom de Napoléon lui-même, qu’après qu’il n’était plus. Nous n’aurions pas ressuscité sa gloire, si nous avions eu à la craindre.
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Hélas! le châtiment cruel infligé pstr la Providence à la génération de 93 n’a pas profité à la génération actuelle, et rie l’a pas détournée de la voie de perdition. C’est de notre temps, au contraire, que la manie du régicide s’est développée avec le plus de fureur. Le personnel des assassins, Dieu merci, a eu tout ce qu’il fallait pour dégoûter du crime , et j’espère que l’épidémie s’est calmée pour longtemps ^
Le régicide n’est, après tout, que la couclusion logique et fatale de la croyance à rantagouisme-né des gouvernements et des peuples , au dogme des économistes à qui le gouvernement français paye des auditeurs et une chaire publique pour propager leur science. Les autres symptômes du virus révolutionnaire que les docteurs de réconomisme ont inoculé à la nation française , se révèlent par l’accroissement du nombre des délits constatés par la statistique criminelle, par le succès scandaleux de ces journaux qui ne sont que les annales du crime , par l’état de nos prisons qui crèvent partout d’embonpoint.
Incroyable folie que cette fureur du régicide et des révolutions chez nous , en France , dans un pays écrasé, torturé, avili par la féodalité d’argent, et qui n’aura bientôt plus que le despotisme monarchique pour bouclier contre le despotisme du capital 1
Sans doute, il est des gouvernements inhumains par essence, des gouvernements dont les intérêts sont fatalement hostiles à ceux des gouvernés. Ce sont les gouvernements de castes, ceux de Rome, avant Au-
.Fimprimais cette phrase en 1845; les symplùmos de la maladie n’claicnt apparemment qu’étoulîés.
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giiste; ceux de Sparte, de Venise, d’Angleterre, les oligarchies et les aristocraties, républicaines ou noil, affublées ou non affublées d’un Vain semblant dé royauté, comme l’aristocratie anglaise. Sous ce régime de castes, en effet, il n’y a pas de peuple; ou bien le peuple est une chose qui s’appelle indifféreitiment niole, l’esclave, le serf, le manant, l’Irlandais. C’est une race vaincue qui doit son travail et son Sang à la race victorieuse , jusqu’à la consommation des siècles. Pourquoi s’est-elle laissé vaincre! Vce victis!... Ainsi disaient aux Romains les barbares Gaulois qui prirent Rome, et plus tard aux Gaulois les barbares du Rhin, les Francs qui asservirent les Gaules!
Vœ métis! quand par hasard cette race asservie se révolte pour réclamer ses droits, ou simplement pour demander du pain et du travail, les délégués de la classe victorieuse lui répondent par l’apologue insolent de Ménénius Agrippa ;
Nous^ le sénat romain, les patriciens, ou les lords d’Angleterre , ou les magnifiques seigneurs de Venise 5 nous sommes V estomac du corps social^ dont la fonction est de digérer la substance du travail pu^ hlic,.,. — ^Yous, le peuple, les manants, vous êtes les jambes et les bras condamnés au travail et à la peine ^ et chargés par Dieu d'alimenter nos loisirs. Travaillez donc et bénissez-nous, au lieu de vous révolter et de vous plaindre ; car si nous n’avions pas la bonté de digérer pour vous^ vos muscles s’énerveraient bien vite, et vous seriez privés par là de l’avantage de continuer à vous exténuer pour nous h »
' Les banquiers philanthropes et helvétiens, dont la réputation de
DE LA rÉOJ)ALlfJÈ FiNANCIÈBE.
Quand ces ârguments-Ià, qui font le bonheur de Tite-Live , de M. Roi lin et de tous les professeurs dlmmanitésy ne réussissent pas sur le peuple, alors les patriciens proclament la loi martiale, et Ton mitraille le peuple qui se tait, et tout est dit. Ah! ils n’ont pas de pain à se mettre sous la dent y eh bien! on leur donnera de la baïonnette dans le ventre* (Paroles d’un conservateur modéré de 1834.)
Dans ces pays d’oligarchie , pays privilégiés de la souffrance, il n’y a pas de nation , je le répète. L’histoire nationale est celle des familles patriciennes. La cruauté, la cupidité, le mépris de toutes les lois divines et humaines, l’insolence et la morgue sont les caractères saillants du despotisme de caste.
Les patriciens de Rome nourrissent les murènes de leurs viviers avec de la viande d’esclave y parce que le savant gastronome Hirrius ou un autre a découvert que cette nourriture avait la propriété d’engraisser en peu de temps les murènes et de raffiner leur chair.... Qu’y a-t-il à dire à cela? Les plus vertueux de l’époque n’enseignent-ils pas des principes analogues? Le vertueux Caton, entre autres, ce type vénéré de la moralité antique, n’a-t-il pas proclamé et mis en pratique ce précepte d’économie domestique et agricole : quil faut se défaire de son esclave y aussitôt qu’il est vieux h Les Romains les plus charitables se débarrassaient de ces vieux esclaves en les exposant sur une île déserte du Tibre où ils mouraient de faim. Jules César, l’homme
vertu et de probité est le plus solidement assise , ne donnent pas d autre mission aux journaux qu’ils subventionnent, que de paraphra- , ser chaque jour l’apologue de Ménénius.
« Vendat senem servum.... et bovem. » (Cato, de Be rusfica.)