ÉMIGRATION
qui entraînaient vers le Nouveau- Monde un flot toujours montant d*israélites russes et polonais. La conclusion des deux commissaires fut formelle : c'est la persécution seule qui obligeait ces gens à fuir leur pays.
Grâce à un fonds de secours créé à New- York par le baron de Hirsch et surtout au concours dévoué prêté par les Israélites américains, il a été possible, dans une certaine mesure, de soustraire les immigrants à une misère qui leur eût fait bientôt regretter même la Russie. On évalue à plus de 3oo,ooo le nombre de ces malheureux qui ont trouvé dans l'Amérique du Nord une patrie nouvelle, et, à défaut de l'aisance, la Hberté. Les Etats-Unis recueilleront un jour par un accroissement de prospérité, le prix de la tolérance hospitalière dont ils font preuve ; ils ont mérité la reconnaissance profonde, non seulement du judaïsme, mais de l'humanité.
En i8gi, année des grandes expulsions de Moscou et de Kiev, plus de 60,000 juifs russes se dirigèrent vers les Etats-Unis ; pendant assez- longtemps, on en embarquait régulièrement une moyenne de 400 par jour à Hambourg, où un Comité central allemand s'occupait d'eux avec beaucoup de sollicitude, s'eflbrçant de régler autant que possible ce mouvement tumultueux d'émigration. A New- York seulement, il s'en trouve aujourd'hui plus de 200,000. Cette vaste communauté, bien qu'en général très pauvre, exerce une attraction facile à comprendre sur les israélites russes, qui comptent presque tous à New- York des amis ou des parents. Aussi le courant est-il devenu si régulier, si puissant qu'aucune mesure restrictive ne saurait plus l'enrayer.