‹ Les Juifs russes: Extermination or émancipation?Chapitre 29 sur 125 · UN CAS SINGULIER · texte numérisé non relu

UN CAS SINGULIER

absurdité, car la province de Kherson se trouvait ainsi ne contenir plus que des villes et des villages, sans un seul centre d'une importance intermédiaire ('). Le ministre cassa la décision du gouverneur (*).

Le cas le plus curieux fut celui de Jousovka. Cette malheureuse bourgade, située dans le gouvernement d'Ekatérinoslav, avait été désolée, en 1892, par une sanglante émeute ; presque tous les Israélites qui Thabitaient se trouvaient ruinés. Au commencement de 1893, on déclara que Jousovka était un village et que 300 familles juives devaient en sortir. Voici comment VOdesski Listok (3) raconte la suite et le dénouement de cette affaire :

« Les juifs envoyèrent une requête à Sa Majesté. Dans cette requête, entre autres motifs qui, d'après eux, leur donnaient le droit de demeurer dans la bourgade Jousovka, les signataires ont exposé le fait suivant : Après la catastrophe de Borki du 17 octobre, alors que la famille impériale avait été sauvée miraculeusement, les habitants de Jousovka ont adressé à lempereur un télégramme de félicitations. Sa Majesté y répondit par le télégramme suivant : « Remerciements à la population de la bourgade Jousovka. » S'appuyant sur cette appellation, les signataires déclarèrent que s'il plaisait à Sa Majesté de désigner la localité de Jousovka comme bourgade, la transformation de celle-ci en village ne pouvait guère s'effectuer que par un ukase impérial et

p) Odesski Listok, 30 janvier/ll février 1893.

(3) Id., r/13 avril 1893.

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