‹ Les Juifs russes: Extermination or émancipation?Chapitre 33 sur 125 · CIRCULAIRES DE 1880 ET · texte numérisé non relu

CIRCULAIRES DE 1880 ET

tout l'Empire, maïs beaucoup d'ouvriers et même de journaliers qui, tout en restant soumis nominalement à Tarbitraîre de la police, trouvaient une sécurité relative dans la tolérance dont étaient alors empreintes les relations du gouvernement avec les juifs. 11 est naturel que cette dernière catégorie d'immigrés du Territoire devint, avec le temps, la plus nombreuse, comme elle était et resta aussi la plus pauvre; mais jamais, quoi que Ton ^ en ait dit, la population chrétienne des villes n'eut à

faire valoir des griefs contre elle. Ouvriers habiles ou simples manœuvres, les juifs travaillaient de leur mieux, et leur activité contribua beaucoup au développement économique des villes dont le tsar Alexandre II leur avait facilité l'accès.

Il y aurait de la mauvaise foi à prétendre qu'une tolérance de 26 années consécutives ne constitue pas des droits véritables à ceux qui en sont l'objet. La meilleure preuve qu'on en puisse donner, dans l'espèce, émane du gouvernement russe lui-même. Le 3 avril 1880, le ministre de l'Intérieur, M. MarkofF, rendit une ordonnance par laquelle il invitait les gouverneurs et la police à ne pas inquiéter les israélites qui s étaient établis hors du Territoire, sans en avoir le droit strict (^). Survinrent les massacres de 1881 et les lois de mai 1882, qui parurent tout remettre en question. Mais le général Ignatieff ayant été remplacé, en 1882, par le comte Dimitri Tolstoï, celui-ci confirma purement et simplement l'ordonnance de M. MarkofF (21 juin 1882). Ainsi,

(0 Ordonnance du ministre, publiée par VOdesski Ltsfok, 4/16 février 1893.

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