‹ Les Juifs russes: Extermination or émancipation?Chapitre 74 sur 125 · Commerce de F argent. Usure · texte numérisé non relu

Commerce de F argent. Usure

Les quatre cinquièmes, au moins, des juifs russes ne possèdent rien*

— Les prêteiurs juifs, moins exigeants que les négociants chrétiens.

— Leur départ vivement 'regretté. — Aveux des journaux antisémites.

Après les tableaux navrants de la misère où sont plongés la grande majorité des juifs russes, Taccusation stéréotypée d'usure apparaît simplement absurde. Les huit dixièmes d'entre eux — M. Leroy-Beaulieu disait même les neuf dixièmes (') — , vivant au jour le Jour et ne possédant rien, ne peuvent rien prêter; et la moitié de ce qui reste sont des artisans. Mettons donc qu'il y en ait, tout au plus, un dixième qui puissent retirer quelque bénéfice en avançant à intérêt une partie de leurs économies.

On n'aperçoit guère de quelle autre manière ils pourraient utiliser leur modeste avoir. L'acquisition ou la location de la terre leur est interdite; gênés dans leurs voyages, enserrés par les restrictions, incertains du lendemain, ils ne peuvent ni aspirer aux vastes entreprises, ni même, le plus souvent, s'occuper d'industrie; écartés des universités, exclus des emplois publics et arrêtés, dès le début, dans la plupart des carrières, il ne leur reste que le petit commerce et le prêt à la petite semaine. Toujours le même cercle vicieux ! On ne laisse aux juifs que certains métiers, puis on les blùme parce qu'ils s'y adonnent.

p) Anat. LEROY-BEAULffiU,/owma/ desDébaîSj 15 août 1890.

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