AVEU DECISIF DES ANTISEMITES II
raîrcs », qui, après onze ans, sévissent encore toujours :
« On nous écrit de Baranovka, en Volynîe : L'expulsion des juifs des villages et campagnes est menée avec b:aucoup de sévérité et de vigueur Dans notre village» pas un seul juif n'a été toléré; autrefois, nous en comptions une cinquantaine. Les paysans ne sont guère heureux de ce départ : ils sont tombés entre les mains d'usuriers chrétiens, qui les écorchert et les ruinent avec une âpreté que les juifs n'ont jamais eue. Nos paysans ont souvent de pressants besoins d'argent et les nouveaux usuriers ne prêtent qu'à loo ou 150 p. c.
par an! Aussi le départ des juifs est-il vivement
regretté par nos paysans emprunteurs ».
Et le journal d'ajouter :
« Dans les gouvernements du centre (où il n'y a pas de juifs) les paysans sont entre les mains d'usuriers qui
les dépouillent honteusement Si cette gent rapace
se met maintenant à exploiter encore les paysans du Territoire juif, la situation deviendra intolérable » (^).
Il y a quelques jours, le Grajdanine allait jusqu'à demander la réintégration des juifs dans les villages, non seulement du Territoire, mais de l'Empire tout entier (*) !
Quand les organes les plus hostiles aux juifs regrettent ainsi leur départ, on peut affirmer que la question est jugée.
(1) Novoïé Vrémia, 8/20 octobre 1892.
(2) Grajdaniney cité dans VOdesski Listok, ll/23îuillet et 20 juillet/ier août 1893.