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CHAPITRE IV

Séparation des Jumeaux. Le Singe.

"Le caractère incompatible des deux jumeaux, surtout lorsqu'ils étaient l'un avec l'autre, força madame la marquise à prendre la résolution de les séparer, et d'envoyer l'aîné avec un gouverneur dans un collège irèséloigné de la capitale , dans une institution d'une juste célébrité, et de garder le vicomte auprès d'elle, parce que sa gaieté^ ses jolies manières , son aimable caractère, étaient

|)oiu' elle un divertissement continuel; pendant que son frère semblait attrister tout ce qui l'entourait, et portait dans l'âme de sa maman un fond de chagrin et de mélancolie dont elle ne pouvait pas se défendre.

Les deux frères étaient dans leur neuvième année, madame la marquise choisit pour monsieur le comte Jean, un précepteur d'un mérite distingué , pour suivre son fils dans ses études lointaines, et pour faire germer dans son cœur les principes d'une bonne éducation. Elle ne voulut point dans le choix qu'elle voulait faire, s'en fier à ses connaissances, encore moins à son jugement; elle chargea monsieur le docteur Si-

hyllliis d'un soin si important , et le hasard, en cela comme en tout, le servit peut-être mieux que son talent. Aussitôt que ce gouverneur fut trouvé, on composa pour le jeune homme un riche trousseau, et tous deux partirent pour le ce'lèbre collège de Sorèze, établissement qui a toujours joui d'une haute réputation, tant par le choix des professeurs, que par la manière dont il a toujours été administré.

Monsieur le vicomte Jean , qui était resté seul auprès de sa mère, n'ayant plus cet obstacle larmoyant pour témoin de ses folies et surtout pour les censurer, quoique l'humeur triste de son frère l'amusât beau-

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coup, se livra à la fougue impétueuse de son caractère et de sa gaitë. L'on avait fait une remarque assez singulière sur ces jumeaux d'une nature extraordinaire : c'est que l'un avait rarement pleuré, même lorsqu'il était à la mamelle, et que l'autre n'avait jamais fait apercevoir le plus léger sourire, la plus faible empreinte d'un sentiment agréable sur sa physionomie, quoique très-jolie, €t ressemblant parfaitement à son frère qui exprimait toujours la plus aimable hilarité.

Les appartemens de monsieur le marquis ef de madame la marquise de Basville , étaient fort éloignés les uns des autres, non-seulement ils

ne se communiquaient pas, mais encore l'on n'y montait poiut par les mêmes escaliers; celui du jeune vicomte était dans une telle position, qu'il pouvait fréquenter les uns et les autres. Il était rarement chez monsieur le marquis parce qu'il n'en recevait jamais un accueil aussi agréa- ])le que lorsqu'il se rendait auprès de sa maman. Madame la mar([uise aimait beaucoup son fds , cependant elle n'avait pas toujours à se'louer de sa discrétion , il allait et venait sans discernement, et tout en voulant rire de tout , il causait souvent beaucoup de désordre. Ses actions n'étaient pas causées par le désir de mal faire; elles n'étalent pas non plus le résultat de

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la méchanceté; mais il avait continuellement besoin d'être en mouvement pour alimenter son caractère bruyant et sa gaieté.

Il avait remarqué que sa mère était rarement seule chez elle le soir, par un goût particulier que madame la marquise avait contracté depuis long-temps , elle aimait i\ avoir quelqu'un pour la distraire des ennuis de la journée, ou pour la remet' i-e des fatigues de ses promenades. Il faut ajouter que dans ses goûts, elle avait toujours préféré pour lui tenir com- |)agnie dans ses soirées, (juelqu'un qui fût d'un sexe différent du sien , elle était beaucoup plus tranquille soit auprès de son feu, pendant les

nuits si longues et si ennuyeuses de l'hiver, soit dans son lit, oii elle aimait à se reposer pendant que l'on faisait une agréable lecture qui portait dans tous ses sens un baume consolateur, et qui la remettait de quelques tribulations ou de quelques légères vicissitudes dont une jolie femme, et surtout une femme comme il faut, croit toujours être la victime : elle était tranquille , enfin, lorsque quelqu'un était auprès d'elle. D'un autre côté , jamais madame la marquise n'avait pu maitriser une frayeur extraordinaire lorsqu'une funeste température faisait présager quelques orages. Un éclair , une faible étincelle d'électricité , faisaient sur elle l'effet d'un coup âe

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pistolet que l'on aurait tiré aux oreilles de Sancho Pença, de très-poltrone mémoire. Tellement que dans cette pusillanime disposition, la conversation ou la lecture , qui chaque soir était l'objet de sa distraction , s'étendait fort avant dans la nuit et quelquefois jusqu'au matin, suivant l'insomnie ou l'inquiétude de madame la marquise.

Le jeune vicomte Jean avait été accoutumé à se coucher fort tard , soit qu'il allât souvent au spectacle, soit qu'il s'occupât à d'autres amusemens. Souvent il allait écouter à la porte de sa mère parce qu'il ne pouvait pas toujours entrer. La lecture ou la conversation était telle-

ment attachante , la frayeur tellement à son comble , que madanie la marquise s'enfermait presque toujours chez elle. Le jeune homme qui était aux aguets ne comprenait pas beaucoup ce qui se passait dans l'intérieur de la chambre à coucher; mais d'un autre côté, ne cherchant qu'à rire et h s'amuser cela ne l'inquiétait pas beaucoup; il s'en allait seulement un peu contrarié de ce quer ien ne pouvait alimenter sa gaieté ordinaire.

Monsieur le marquis avoit fait présent au jeune rieur, d'un très-beau sirige de la grande espèce , cet animal était d'un caractère fort doux et se prétait rolontiérs» h toutes les folies

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ijue lui faisait faire son jeune maître. Un soir, il s'était amusé à le pomponner et à lui faire une charmante toilette de nuit. Enchanté de la coiffure ridicule de son singe, il le porte dans le lit de sa mère avant qu'elle fût rentrée , il l'arrange bien joliment la tête sur l'oreiller, et le laisse dans cet état. « Oh ! comme maman sera étonnée, et combien elle va rire, disait-il, lorsqu'elle se verra un camarade de lit; elle qui couche toujours seule! Mon cher Magot, sois bien sage et bien poli , je te promets de te doniier des bonbons; pour moi , j'écouterai tout doucement à la porte, et je serai témoin de la surprise de maman. »

Pour compléter cette scène bouffonne, il alla chercher une douzaine d'appeaux , de caille ou de perdrix qu'il avait parmi ses joujoux, il les jeta entre les matelas sur lesquels monsieur Magot était mollement couché. (( Les mouvemens que maman fera, ajoutait-il, lorsqu'elle se trouvera auprès de mon singe, et qui seront occasionnés par son extrême surprise de se trouver dans une si aimable société , feront siffler les appeaux, et tout cela fera un charivari , un concert de carnaval qui va bien nous amuser. »

]\ïadame la marquise avait été ce jour là au spectacle avec un ami de son mari, monsieur Dolval , c'était

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l'ami de la maison , et au milieu de la première pièce, affectée d'une forte migraine, elle avait préféré rentrer chez elle de bonne-heure, plutôt que de laisser empirer le mal dans une loge de l'Opéra. Le singe venait d'être placé au beau milieu du lit lorsqu'elle entra dans sa chambre à coucher avec beaucoup de bruit, accompagnée de l'ami de la maison. Ce pauvre animal craignant d'être fustigé , comme cela lui arrivait souvent, s'était dépêché de sauter du lit , oii monsieur le vicomte l'avait placé avec beaucouj> d'art et d'élégance, et était allé se cacher derrrière les coussins d'un canapé.

Madame de Basville qui ne peu- 1. 2' édit. 9

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sait à rien , comme cela lui arrivait presque toujours , se disposait à se coucher, pour entendre de la bouche de monsieur Dolval , une lecture édifiante, afin de pouvoir s'endormir plutôt , croit entendre un bruit étranger qui partait de fun des coins de la chambre; elle détourne la tête , qu'elle est sa svu^prise de voir le Magot de son fils fagoté de la manière la plus grotesque, qui cherchait à se soustraire à la vue de la maîtresse de la maison. Elle pi^suma avec juste raison, que c'était le cher vicom.te qui lui avait ménagé cette agréable surprise. Elle le fit venir, et comme elle était disposée à gronder parce quelle se trouvait un peu

dérangée do la lecture qu'elle voulait entendre , son fils se ressentit de cette disposition malencontreuse.

« Vos traits de folies m'amusent quelquefois, lui dit-elle, et souvent ce sont des sujets de distraction trèsagréables , mais il me semble , Monsieur, lorsque vous voulez diriger ou faire quelques mauvaises plaisanteries^ que votre mère qui vous aime beaucoup, devrait être rayée de vos tablettes. Songez, Monsieur, une fois pour toutes, que la marquise de Basville ne doit jamais être un objet d'amusement.

— Ma bonne mère , ne te fâche

pas, je sais tout cela, mais et il

riait aux éclats.

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— JMais quelque soit votre éternelle gaieté , il me semble que votre mère doit toujours être pour vous un oJjjet respectable et sacré.

— J'en conviens, maman, mais tu ne saurais te faire une juste idée de l'originalité de mon Magot lors- ([u'il était couché dans ton lit. Et il riait toujours davantage.

— Cela se peut, mais ne pouviez vous pas lui choisir un autre gîte?

— C'est que j'aurais voulu voir la grimace qu'il aurait faite , se trouvant couché à côté de toi.

— J'espère que désormais vous lie chercherez jamais l'occasion de jouir d'un tel spectacle.

— Maman il y a encore — et ie

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cher vicomte riait toujours de plus en plus.

— C'est très-bien , Monsieur , laissez nous seuls je vous prie, je vais me coucher, car je suis fort indisposée. Monsieur qui a eu la bonté de m'accompagner, voudra bien étendre l'excès de sa complaisance jusqu'à rester quelque temps encore auprès de moi , la frayeur que nia causé votre insuportable singe, jointe à des maux de tête affreux que j'avais avant, nécessitent la présence de quelqu'un près de moi,

— Bien maman, mais je t'avertis....

— Je n'en veux pas savoir davantaille ; pour la dernière fois , moi»

fils, ayez la complaisance de nous laisser. ))

L'enfant les quitte sans ajouter une seule parole, mais il étouffait de rire en pensant à ses appeaux, qu'on l'avait presque empêché de reprendre. Il aurait bien voulu en prévenir sa mère, et il avait pour cela toute la bonne volonté possible, mais on ne lui avait pas laissé le temps d'achever sa phrase. — Ma foi il en arrivera ce qu'il pourra , pensa-t-il en s'en allant, tout ce que je regrette, c'est que je ne serai pas un eles témoins des jolies scènes et du désordre que cela va produire.

En quittant madame la marquise , il eut grand soin d'emporter son

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smge avec lui. Par ses gambades dans la chambre à coucher de madame, monsieur Magot avait un peu dérangé la fraîcheur de sa toilette, monsieur Jean l'emporta dans sa chambre , pour le refriser et le coiffer de nouveau, sans trop préjuger à (juel usage lui servirait cette nouvelle mascarade. Après l'avoir poudré et bouchonné, il court le mettre dans le lit de Julie, la femme de chambre de sa mère, qui dans ce moment était auprès de sa maitresse, occupée à faire sa toilette de nuit. — Je n'ai eu que du désagrément dans mon premier essai , dit en lui même monsieur le vicomte, il faut espérer que je serai j)lus heureux dans un se-

coiid, et du moins ici, je ne serai pas grondé, comme a bien voulu le faire ma chère maman. Tout dans cette chambre , me promet une scène des plus délicieuses, que j'espère entendre à mon aise, en ne m'éloignant pas. En faisant ses réflexions, il n'oubliait pas la leçon de son Magot , qui ne s'accomodait pas trop de tant de changemens de lits; enfin, après l'avoir joliment fagoté la tête sur l'oreiller de Julie, il sort en fermant la porte tout doucement pour ne point faire de bruit.

Mademoiselle Julie , était une trèsjolie personne d'une vingtaine d'années ; et dont un prince se serait fort accommodé , même dans un âge

OU les feux de l'amour et l'éclat de la jeunesse font toujours espérer les plus briilans succès auprès des belles.

Monsieur le marquis de Bas ville, dans les visites très-rares ([u'il faisait à sa chère épouse, avait remarqué avec une espèce de concupiscence; que Julie avait des yeux superbes pour une soubrette, que ses cheveux d'une avme et demie de loni^, étaient d'un noir extraordinaire et contrastaient parfaitement avec la blancheur de sa peau, que tout enlin , dans sa personne , semblait otïrir une petite perfection. Plusieurs fois, monsieur le marquis avait parlé et fait parler à Julie de l'amour qu'elle lui avait inspiré^ il lui avait fait faire

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aussi diverses propositions. Tout cVabord avait été rejeté, parce que mademoiselle Julie ne semblait pas trop disposée à accorder ses faveurs h un galant d'un âge aussi avancé, lorsque tant de jeunes gens faisaient la roue autour d'elle» Mais enfin , poussée par des argumens irrésistibles, ceux de Figaro, elle s'était déterminée, quoiqu'avec répugnance , à écouter quelquefois la conversation de monsieur le marquis.

Le jeune vicomte sortant de la chambre de Julie , s'était caché dans un coin du corridor pour jouir du spectacle dont il avait d'avance arrangé tous les fds conducteurs. De sa petite cachette, il avait vu arriver

monsieur le marquis en robe de chambre et en tajDÎnois , regardant bien autour de lui s'il n'était point observe par quelques domotiques , convaincu qu'il n'avait été vii de personne, il entre dans le cabinet de la jolie femme de chambre , et fern^f la porte sur lui. '

On a déjà remarqué que le jeune Jean n'aimait pas beaucoup monsieur le marquis, parce qu'il n'en recevait jamais que des remontrances, et ce mets extrêiïxement amer, n'avait jamais été du goût de notre jeune homme , qui aurait préféré des bonbons ou quelque jolis joujoux. Dès qu'il vit son père entrer chez Julie et s'y enfermer, il s'ima-

giiia qu'il s'y rendait pour donner quelques ordres, et ne voulant rien avoir à démêler avec lui, il se sauva dans son appartement, abandonnant le plaisir qu'il s'était promis, plutôt que de se trouver avec monsieur le marquis, lequel n'avait pas l'habitude de rire.

Monsieur de Basville sortait d'une maison où il s'était beaucoup amusé , et on, à la suite d'un splendide déjeuner, on avait joué un très-gros jeu : monsieur le marquis avait participé amplement à l'un et à l'autre de ces divertissemens; sa tête se ressentait encore de la vapeur que le Champagne avait produit à la suite de ses fréquentes détonations.

En entrant dans la chambre de Julie y son bougeoir a la main , monsieur le marquis avait jetë un coupd'oell sur le lit de sa dulcinée , il avait aperçu au travers d'un rayon visuel un peu brouillé , une tête si grotesquement arrangée , que feu Callot , de burlesque mémoire, en eut fait ses délices; mais monsieur le marquis ne put y découvrir qu'une tête de Vénus.

c( Ma chère Julie, dit-il en entrant, le bonheur me poursuit depuis -ce matin avec une fureur extraordinaire, jamais l'aimable fortune ne m'a accordé tant de faveurs , et pour augmenter, s'il se peut , ma félicité, i Ifaut que je trouve mon adorable Julie dans

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les bras d'un airaaJDle el voluptueux repos —

L'adorable Julie ne répondait pas :

elle avait ses raisons.

— Il y a long-temps, ma chère amie, que je cherche l'occasion de te faire un sort, je veux te mettre à l'abri de toute espèce de besoin, et te prouver, incomparable personne, tout l'attactement que j'aurai toujours pour toi.

Même silence, de la part de l'incomparable personne.

— J'ai gagné aujourd'hui plusieurs milliers de louis, je veux en employer la plus grande partie à meubler magnifiquement un superbe local

pour recevoir ma \éiuis, mille fois plus belle que celle de Praxitelle.

Or, la Venus mille fois plus belle que celle de Praxitelle , ne répondait point à des expressions d'amour aussi tendres et aussi généreuses, mais de temps en temps , elle faisait des grimaces affreuses, parcequelle semblait être effrayée des gesticulations de monsieur le marquis, qui, dans vSa marche toujours oblique , avait été diverses fois sur le point de tomber par terre ou sur le bord du lit, devant lequel il se trouvait par intervalle.

— Eh quoi! ma charmante Julie tu ne me réponds pas! Est-ce que déjà le sommeil se serait emparé de tes

sens? N'importe, il faut que je te ravisse le baiser le plus....

Il s'avance au bord du lit, et il s'empare de la tête du singe sur laquelle il veut appliquer la sienne; mais monsieur Magot n'était nullement disposé à i^ereyoir des caresses si expansives , et surtout si persuasives. Aussitôt qu'il se sentit pressé par les mains décharnées de monsieur le marquis^ il s'accrocha à son visage.

— Julie , belle Julie , quelle est ta folie —

La belle Julie , de sa gueule et de ses pattes armées de griffes, lui faisait les entailles les plus larges et les plus profondes, après avoir as-

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souvi sa colère , elle saute sur la croisée qui se trouvait entr'ouverte , et se sauve sur les gouttières^ laissant l'amoureux transi , dans ini état pitoyable , et criant comme un malheureux : au secours! au secours!

Je suis entre les pattes du diable....

Au secours ! J'atteins ma dernière heure... Au secours!.... Et il tombe évanoui au beau milieu de la chambre.

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