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en clinique humaine que FiLaTov remit à nouveau l'accent sur le fait qu'un fragment cornéen transplanté produit autour de lui un éclaircissement de la cornée réceptrice ; mais, de plus, et surtout, il montra que nombre d’affections cornéennes se trouvaient du même coup très favorablement influencées dans leur évolution par une telle greffe.
En ophtalmologie s’ouvrait alors la voie d’une modalité nouvelle de la kératoplastie alors que l’on ne pratiquait celle-ci, jusque là, que sur des lésions cicatricielles et dans le seul but optique ou tectonique. Cette découverte empirique de l’action trophique et thérapeutique des greffons cornéens devenait du reste le point de départ de la méthode générale de traitement institué par FiILarTov, et actuellement bien connue sous le nom de thérapeutique tissulaire.
Mais Firarov bénéficiait du privilège d'obtenir facilement des yeux de cadavre. En Amérique, puis en Europe, il fallut attendre les années 1935 à 1945 pour que se dissipent les entraves dûes aux législations en vigueur en matière d’autopsies ; alors naquirent de grandes organisations, telles la < Eye Bank» aux Etats-Unis, et l’on obtint en Europe des modifications aux législations anciennes, pour permettre le prélèvement des yeux dès après la mort (En France, décret du 20 octobre 1947).
Ces entraves dissipées, les travaux sur la greffe de cornée se font de plus en plus nombreux de partout et les recherches de FILATOv “imposèrent.
Dès 1938, LônLeinx (63) et MARCHESANT (71), simultanément rapportent des cas de maladies cornéennes en évolution, traitées par la kératoplastie (au moyen de greffons perforants).
Ils introduisent, pour qualifier ce type de greffe dont le but est d’enrayer l’évolution des kératites graves, le terme de kératoplastie curative ou prophylactique ; un abcès pyociannique de la cornée, des ulcus serpens, une kératite disciforme, une acnée rosacée, sont ainsi traités avec succès ; LÜHLEIN réinsiste à nouveau sur le surprenant effet éclaircissant de la greffe sur la cornée réceptrice ; il rapporte même ce cas probant de kératoplastie, faite, elle, dans un but optique au stade cicatriciel d’une kératite parenchymateuse, et où le greffon s'était opacifié ; mais, l’éclaircissement de la cornée réceptrice autour du greffon fut tel qu’une kératoplastie itérative devint inutile, une simple iridectomie optique permettant une bonne vision.
En 1941, FrancEescaxTrTI (32) mentionne les indications suivantes kératites métaherpétiques récidivantes, kératites dégénératives épithéliales et parenchymateuses, kératites rosacées, et l’auteur insiste sur le rôle trophique surprenant de ces greffes faites en cours d'évolution de la maladie ou dans une période de calme relatif pour arrêter l’évo.
lution des lésions, et il propose la dénomination de greffe thérapeutique.
Dès lors, sous les dénominations successives mais complémentaires de greffes curative, prophylactique, thérapeutique et trophique, les
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travaux expérimentaux et cliniques les concernant se font plus nombreux ; nous allons essayer d'en dresser brièvement la liste chronologique ; pour chacun de ces travaux, nous rappellerons succinctement autant que possible, la nature des lésions traitées, le nombre de cas en cause, le mode de greffe (lamellaire ou perforante) et un rapide aperçu des résultats obtenus (*).
1942 : a) travaux expérimentaux
TSCHETSCHIK-KUNINA (122) : kératoplastie à chaud sur 20 lapins porteurs d’ulcères cornéens provoqués artificiellement (greffons perforants et greffons lamellaires sont employés).
BEREZINSKAJA (5) expérimente chez le lapin dans des cas de brüûlures par caustiques divers, et observe l’éclaircissement de la cornée après la greffe à chaud.
b) cas cliniques :
TSCHETSCHIK-KUNINA (122) : greffes à chaud dans 15 cas d’ulcères de la cornée (greffons perforants), œil sauvé dans trois quarts des cas.
Popov: (92) fait des kératoplasties à chaud dans le traitement des ulcères purulents de la cornée (greffons ?). Les résultats auraient été excellents.
1944 : Ruse (97) : kératoplastie à chaud dans un cas de kératite à hypopion (greffon perforant). Infection jugulée.
1946 : LANGER (60) : 9 yeux sur 12 atteints d’infiltrations purulentes de la cornée (greffons perforants) sont « sauvés» par la greffe à chaud.
1948 :FR1rZ (38) vient ajouter une indication nouvelle de la greffe à chaud : la kératite de HUTCHINSON, et en présente 3 cas démonstratifs (greffons lamellaires périphériques).
Lecranp (62), dans une remarque de discussion, rapporte également un cas de kératite interstitielle syphilitique traitée par la kératoplastie à chaud (technique ?, résultat ?).
I1 semble toutefois que SKORODINSKAJA (108), élève de FiILATOv, aurait déjà traité 8 cas de kératite de HurCHiINSOX en évolution par la greffe à chaud (greffons lamellaires périphériques), « un résultat positif a été obtenu » ; le même auteur à également traité 25 cas de kératite et scléro-kératite tuberculeuse et obtenu 17 améliorations nettes.
Dans leur remarquable rapport à la Société Française d'Ophtalmologie en mai 1948 (84), MM. PAUFIQUE, SOURDILLE et OFFRET €XpPO-
(*) Nous attirons l'attention sur le fait que notre catalogue des cas traités par la kératoplastie à chaud ne pourra mentionner que d’une facon très incomplète les travaux de l'Ecole d'Odessa, ces travaux n'étant connus que de façon parcellaire et très souvent de simples traductions, résumés.
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sent brièvement le principe de la greffe thérapeutique et trophique, et les auteurs prévoient : «.… que la greffe lamellaire trouvera là des indications qui seront à préciser dans le traitement de certaines affections récidivantes ou rebelles aux traitements habituels» ; à cette date, les auteurs ne rapportent qu’une observation, très démonstrative du reste, de kératoplastie thérapeutique, dans un cas d’herpès récidivant ; une autre observation où le but, il est vrai, ne semble pas uniquement thérapeutique mais optico-thérapeutique, concerne un cas de brûlure de la cornée par l’ammoniaque. Dès cette date, MM. PAUFIQUE, SOURDILLE et OFFRET prévoient qu’ils auront à revenir sur la question de la greffe lamellaire thérapeutique quand une expérience et un recul suffisant en cette matière le leur permettront.
Le 27 juin 1948, Paurique (85) présentait à la Société de Lyon ses premiers résultats : il s'agissait de trois cas de kératites rebelles et récidivantes traitées avec succès par la greffe lamellaire thérapeutique (greffons en forme de demi-lune et périphérique).
1949 : Joserx et Orrrer (56) présentent à la Société de Paris des opérés de greffes lamellaires totales de la cornée ; chez l’un de ces malades, atteint de scléro-kératite tuberculeuse, la greffe a été faite en pleine période évolutive ; une amélioration nette a été obtenue.
PaurIQUuE (86), à la Société Française d’Ophtalmologie, dégage les indications et les résultats de 41 cas de kératoplasties lamellaires thérapeutiques ; ces 41 cas sont développés dans la thèse de Madame HUGONNIER-CLAYETTE (51) : 41 cas : 18 kératites à virus neurotropes, 1 ulcère à hypopion, 8 kératites ulcéreuses diverses, 6 kératites dystrophiques, 3 kératites rosacées, 3 kératites bacillaires, 2 cas d’æœdème primitif de la cornée ; résultats : 31 succès (résultats bons ou excellents), 8 insuccès, 2 résultats douteux) ; et, déjà l’on note que le siège et la forme des greffons employés peuvent être variés (5 greffes lamellaires totales, 6 greffes lamellaires centrales, 30 greffes lamellaires périphériques) .
L'expérience acquise par l’étude des cas précédents, PAUFIQUE la rapportera à nouveau au Symposium International de la Chirurgie de la Cornée à New-York (86) ;
ainsi qu’en Grande-Bretagne dans un bref article (87). Le]
SourpiLze (113), à la Société Française d’'Ophtalmologie, apporte ses premiers résultats de la greffe à chaud dans des cas de kératites de HuTcæiNsoN : la greffe a été pratiquée chez 4 malades (6 greffes) ; le greffon utilisé a toujours été un greffon lamellaire et placé à la périphérie de la cornée ; SOURDILLE souligne l’excellent résultat dans ces Cas ; chez l’un des malades, la greffe avait été faite à la période d’envahissement vasculaire, la pénétration des vaisseaux a été stoppée.