‹ Les KhassonkéChapitre 14 sur 74 · I.A VIK MA 1 l-.IMKI.l.lv 1.1 MOKM-K 5f · texte numérisé non relu

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préparations culinaires, l'huile d'arachide et le beurre végétal lui sont souvent substitués.

Les moutons et les chèvres ne forment pas des trcjupeaux importants et ceux dont on dispose ne donnent guère autre chose que leur chair, parfois un peu de lait, mais pt^int de laine.

La \iande du gros et du menu bétail est très appréciée, mais ce n'est pas dire qu'elle se débite et se vend couramment comme dans nos boucheries ; à part les grands marchés de Kayes et de Médine, ce n'est que de temps à autre que, dans le village, on égorge un mouton et, dans les grandes occasions, que l'on abat un bœuf. Le bétail est, à dire vrai, considéré bien plus comme une richesse mobilière que comme une ressource alimentaire. Toutefois, il n'est pas rare que l'on garde à l'engrais une vache stérile, pour la consommer lors d'un événement marquant circoncision, mariage...) : et l'on voit souvent dans la lu, un mouton qui, nourri avec les débris des repas, soigné particulièrement, acquiert parfois un embonpoint caractéristique : on le réserve d'ordinaire pour la fête du sacrihce du mouton. Il est assez habituel de recourir à une vieille coutume, le lonlon'o, pour s'offrir de la viande de bœuf sans de trop lourds sacrifices : plusieurs personnes s'entendent pour acheter un bœuf et l'animal acheté avec les ressources communes est, ensuite, partagé au prorata de ces mises.

Aux animaux domestiques dont nous venons de parler, il faudrait sans doute ajouter la poule, mais elle est loin d'être d'un rendement aussi important qu'en Europe : petite et à demi sauvage, elle ne donne qu'une viande médiocre, souvent dure; ses œufs (ii, guère plus gros que ceux de nos pigeons, ne sont point recherchés de l'indigène, qui

(i) D'une manière quasi générale, les œufs ne sont pas employés dans l'alimentation indigène. L'on nous en a souvent donné pour raison qu'autrefois et encore fréquemment aujourd'hui, on les réserve pour les olfrandes aux esprits. — Dans le khasso, l'on dit que la femme qui mange des (tufs demeure stérile.

ne les consomme pas. Il n'y a pas de pigeons, canards, pintades... domestiques.

Nous n'avons jusqu'à présent rien dit de la boisson. En principe, l'eau seule paraît au repas ou plutôt le termine ; mais d'aucuns se délectent volontiers, en dehors des repas, avec des boissons fermentées : le dolo, tiré du mil, le kunan'-d]-i^ fabriqué avec les fruits du kunlan' , le bandyi, qui n'est autre que la sève extraite du palmier ban' ; l'hydromel...

Préparation des aliments.

Le plus généralement les repas sont préparés par les coèpouses qui se répartissent entre elles la besogne. Chez les gens riches il y a des domestiques spécialisées dans certaines fonctions : l'une est cuisinière [gada muso), une autre pileuse {susu la miiso), de jeunes esclaves vont chercher l'eau et le bois. Dans la cour de la lu, en plein air ou à l'abri, selon le temps, la pileuse travaille de longues heures et dès le point du jour pour broyer les graines et bluter la farine; tandis que, dans une case {gabugu), spécialement appropriée à cet etiet, la cuisinière vaque à ses occupations culinaires auprès d'un ioxQr [tadiila] où se dressent trois mottes coniques de terre glaise {sinkiin') servant de trépied pour les pots {dakha).

Dans les ménages pauvres ou peu fortunés, l'unique femme cumule toutes les fonctions : sou\ent, alors, la cuisine est faite dehors, tout au plus à l'abri d'un léger toit {gwa) horizontalement soutenu par quatre perches fichées en terre et, quand le mauvais temps l'exige, c'est dans la case servant d'habitation, près de l'ouverture de la porte, que l'on dispose le foyer.

Lors des travaux agricoles, si l'éloignement des champs ne permet pas de revenir à la lu pour prendre les repas, ou si, pour toute autre raison, la cuisine doit être faite sur

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place, les ustensiles nécessaires sont apportés et les ménagères procèdent en plein air, trois pierres ser\ant de foyer.

La nourriture est surtijut végétale ; voyons comment on l'accommode.

Le gros mil est, parfois, simplement décortiqué au pilon, ensuite on le cuit à l'eau, en arrêtant l'opération au moment (jù le grain est sur le p'oint de s'ouxrir, on obtient ainsi le kitii, on l'extrait du pot, on le dépose dans un hunan' profond ; alors l'on fait au centre de la pâte une manière de puits, allant presque jusqu'au fond du plat, et dans lequel on verse la sauce. Au lieu de laisser le grain entier on peut le concasser à moitié et le traiter ensuite comme il vient d'être dit : c'est le gesen' .

Le riz donne lieu à des préparations pareilles à celles du gros mil.

Les petits mils servent à la confection de mets plus compliqués. En général on les transforme en une sorte de tapioca nommé basi. A cet effet, le grain est réduit en farine fine que l'on blute soigneusement; on la cuit ensuite à la vapeur: pour cela on la place dans Viniin', pot en terre percé de trous jusqu'à mi-hauteur et que l'on ajuste sur une marmite contenant de l'eau, le joint entre les deux pots estluté: l'appareil ainsi formé est mis au feu, la farine cuite par la vapeur d'eau se transforme en minuscules granules. Le basi est mangé avec de la sauce: soit tel quel, soit après avoir été façonné en grandes galettes assez épaisses. Mais il constitue surtout un régal quand on remplace la sauce par du lait aigre. .Vdditionné de miel et de piment, il sert à confectionner les petites galettes appelées )no}}ii, que l'on trouve sur tous les marchés et dont tous les noirs sont très friands. Dans tous leurs déplacements les indigènes aiment emporter comme \ivres de route du basi enfermé dans une peau de bouc que l'on suspend à l'épaule; en arrivant à l'étape un peu de sauce et, mieux,

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de lait, que Ton se procure facilement, suffit pour préparer un repas ai^réable et substantiel.

Le maïs, bien mûr et bien sec, pourrait être traité en basi ou en gesen' : mais plus généralement on le consomme frais; l'épi, gardé entier, est cuit sous la cendre; l'on ne traite pas différemment l'arachide, la patate, le manioc; les dyabere et les folo sont, à cause de l'amertume, cuits à grande eau avant d'être consommés; les haricots sont, en général, associés au mil ou adjoints aux éléments des sauces.

La viande de boucherie est à la portée seulement des gens riches ou aisés; mais le noir n"est pas difficile : son grand désir d'aliments carnés se satisfait à bon compte. Il mange sans répugnance les animaux les plus divers, même ceux dans un état de putréfaction avancé et, dans ce dernier cas, il ne semble pas qu'il en ressente aucun inconvénient. Sur les marchés, il y a toujours, dans un coin, un feu où le client a la faculté de rôtir son emplette, soit directement sur les charbons, soit à l'aide de broches de fortune : la viande est, de la sorte, autant fumée que grillée et on l'engloutit avant même qu'elle soit cuite, alors qu'elle est seulement chaude. Le foie et le cœur sont les parties nobles ; l'épaule et les côtes des morceaux de choix dont on fait hommage; mais les tripes sont, semble-t-il, ce que l'on préfère ; on va jusqu'à les dévorer crues, à peine débarrassées, par un sommaire lavage, des immondices qui les souillent, tout au plus leur fait-on voir le feu ; il n'y a pas de partie de rebut.

Le poisson est extrêmement apprécié, en particulier lorsque, après avoir été séché, il répand une odeur nauséabonde.

La confection des sauces est, à xrai dire, la partie la plus délicate de l'art culinaire indigène. Les sauces contiennent des condiments et des épices destinés à corriger la fadeur des mets dont nous avons parlé et qui, eux, ne sont jamais

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assaisonnés; des inucila^'os propres àlaciliier la déglutition des graines et, dans une certaine mesure, à rompre l'énergie des condiments et des épiccs. L'on aime que ces brouets gardent une certaine consistance.

L'on utilise à ces diverses lins, d"une part les leLiilles de baobab, de bantin' , de biuikun' d'arachides, de haricots; les fleurs de s iifurini', de bantin' , de tombi\ le gombo, les courges, les patates, les arachides ; d'autre part, le sumbara, le da-lu, le gingembre et surtout, surtout le piment.

Bien entendu les huiles d'arachides ou autres, le beurre de vache ou de s/, la graisse des divers animaux sont mis à contribution; aussi, quand on en a, du jus de citron, des clous de girorte, du poivre et enlin du sel. Autrefois, le sel était rare et très cher, et, pour en tenir lieu. Ton employait une sorte de soude, sego (i), obtenue par évaporation de l'eau de lavage de cendres végétales.

Des repas.

Sui\ant les circonstances, le temps et le lieu, le noir est frugal ou vorace. En voyage pressé ou, plus généralement, lorsque le temps lui fait défaut, il se contente d'une poignée d'arachides, d'épis de maïs, de grains de mil vert, ou de mil grossièrement broyé et additionné d'eau. Par contre, un jour de cérémonie naissance, circoncision, mariage, décès i il ne connaît aucune retenue et s'arrête seulement lorsque, suivant son expression, « il est plein », c'est-à-dire qu'il lui est impossible d'en ingurgiter davantage, faute de place. Peut-être faut-il voir la raison de cette voracité dans ce fait qu'en temps ordinaire la pitance est plutf>t

(i) D'après une opinion courante, il faudrait attribuer la maladie du sommeil à l'usage du sègo.

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peu nutritive, qu'il huit en absorber beaucoup pour apaiser la faim, qu'ainsi l'estornac se distend et s'entraîne à la longue à contenir un bol alimentaire énorme et cela, dès le jeune âge.

Il n'y a pas d'heures fixes pour les repas et le nombre des repas varie de un à trois, quelquefois quatre par jour. L'homme libre, aisé, fait d'ordinaire trois repas (fanda) : un dans la matinée, un après midi, un dans la soirée; les gens riches font en plus une collation vers la tin de l'après-midi. L'indigène en visite chez quelqu'un en train de manger prend sa part du repas sur l'inx'itation qui lui est toujours faite, même s'il vient de manger chez lui ou est sur le point de le faire. Le premier repas \cia-iu-kha = ouverture de la bouche) est ordinairement très sommaire; il ne comporte souvent que les reliefs du repas de la veille; d'autrefois il consiste en mil grossièrement pilé, additionné d'eau; chez les plus aisés, c'est une simple bouillie de mil. Les repas de l'après-midi et du soir sont plus copieux et plus soignés, le premier surtout; les diverses préparations que nous avons examinées en forment le menu sans toutefois qu'il y ait plus d'un service à chaque repas.

Les repas sont pris en plein air fréquemment, dans la cour de la lu ou au dehors; par le mauvais temps l'on s'installe dans les cases. Les riches ont, parfois, une case aménagée spécialement pour les repas et dans laquelle ils reçoivent les visiteurs : dans le sol, des concavités sont alors aménagées pour recevoir les kunan' qui contiennent les aliments, la sauce et qui, de ce fait, se trouvent parfaitement en équilibre.

En général, le maître du logis mange à part avec ses parents, ses hôtes ou amis ; les femmes s'installent d'un autre côté, hors de la présence et même de la vue des hommes ; si ceux-ci surviennent pendant qu'elles mangent, elles s'interrompent et souvent se sauvent en poussant

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des cris OU en s'esclalVant ; il est fréquent que le lils aîné prenne ses repas séparément, en compafjnie de ceux qui forment sa société habituelle; les tout jeunes enfants demeurent avec les femmes; les domestiques se tiennent à 1 écart, de préférence dan^ le buliin' ou case d'entrée pour les hommes, dans la cuisine ou ses environs pour les femmes. Mais il y a de nombreuses dérogations à ces principes et il n'est pas rare, notamment, que le maître mange en compagnie de sa femme préférée ou de celle dont c'est le tour.

Quoi qu'il en soit, lorsque tout est prêt, s'il v a de la viande ou toute autre chose de particulièrement agréable, le maître est invité à procéder au partage : chaque groupe reçoit sa part dont le plus qualifié fait, en toute équité, la répartition entre les convives.

Après s'être lavé les mains les commensaux s'accroupissent autour des plats: chacun prend devant soi, exclusivement avec la main droite (i!, une certaine quantité de pâte, qu'il pétrit en forme de boule: il trempe cette boule de pâte dans la sauce, l'avale et recommence. Il est de stricte politesse que chacun ne se serve pas plus souvent ni en plus grande quantité que ses voisins, et l'on se règle tout naturellement sur le plus lent. La part de ceux qui s'en vont avant épuisement du mets profite à ceux qui restent. La viande et le poisson sont généralement mangés en dernier.

L'on ne boit que lorsque le repas est terminé et seulement de l'eau ; le premier ustensile qui tombe sous la main sert à puiser le liquide que l'on boit à plein gosier. Après quoi on se rince bruvamment la bouche, on introduit les doigts pour expulser les restes d'aliments, et, d'un

(i) La main droite paraît devoir son nom à sa fonction habituelle, celle de servir à prendre le kini, on la nomme en etfei AiMJ-w-bu/u, littéralcmcni la main du kini. — La main gauche dont on se sert pour les ablutions inlimes n'est pas employée pour prendre les aliments dans le plat.

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seul jet, on lance le liquide aux alentours. Enlin on se lave les mains que Ton égoutte en les secouant.

Les fruits ne sont pas consommés aux repas ; on les mange à n'importe quel moment de la journée, quand l'occasion s'en présente, notamment la cola si appréciée de tous.

CHAPI rUK H

IIABILLKMENT. — COIFFURE. PARURE.

Chez les Ivhassonké, èlre bien vêtu signilie elre riche — car il faut avoir des richesses pour se procurer de beaux vêtements — cela signilie aussi être d'un rang social distingué, car les travailleurset lesesclaves ne peuveniavoir,engénéral, une mise soignée. Aussi, bon nombre d'indigèness'efforcentils d'avoir cet aspect flatteur, sans cependant posséder les moyensquile justifient, autrement dire, toutcommeailleurs, l'on aime « paraître ». Du haut en bas de la société indigène, il y a donc des différences marquées dans l'habillement sans que, pour cela, Ton doive conclure que les plus luxueusement vêtus sont aussi les plus riches; ici, non plus qu'ailleui's, tout ce qui brille n'est pas d'or ; souvent, Ion constate chez ceux qui disposent de l'autorité et de la fortune, une très grande simplicité de mise et, par contre, un étalage de luxe écrasant chez des mendiants du genre « griot » {(i)-aliK

En ce qui concerne la femme il \' a lieu de noter, tout d'abord, que, quelle que soit sa condition, celle qui se respecte pone toujours une sorte de vêtement intime formé d'une étroite bande d'étoffe passée entre les jambes et dont les extrémités sont fixées à une ceinture de licelle ou de verroterie de manière à obtenir une tension parfaite et à dissimuler les deux bouts de l'étolTe.

Chez les femmes du commun, le milieu du corps est entouré par un pagne qui va de la ceinture au genou. Ce simple appareil constitue tout Thabillement des pauvresses et aussi des femmes quelconques occupées aux travaux domestiques, agricoles... car il laisse les bras entièrement libres ; en principe, pour les femmes aisées, il est complété par un second pagne long d'une brasse, large de i m. 20 à 1 m. 5o, enroulé par un de ses bords longitudinaux à la ceinture et tombant à la cheville. L'on ajoute, parfois, à cet ensemble un troisième pagne que Ton lixc par-dessus les seins ou sous les bras et dont le bord inférieur descend au bas du ventre. Le tout jeune enfant étant porté à califourchon dans le dos, ce troisième pagne est indispensable pour le mainteniren place: les bouts inférieurs du pagne étant solidement noués, l'enfant est plaqué contre le dos de sa mère, la tète ballante, le plus souvent, les pieds pointant de chaque côté à hauteur des hanches.

Les femmes riches, ou qui veulent paraître telles, ont un habillement assez compliqué dont voici la description, remarque étant faite, d'ailleurs, que les genres précédents peuvent eux aussi comporter certains des vêtements dont nous allons parler, le voile de chevelure et les chaussures notamment ; il n'y a, en effet, rien d'absolu en ces matières et l'ordre adopté pour la clarté de l'exposition ne doit pas avoir pour conséquence de faire apparaître une mode impérative pour le vêtement là où chacun est, au contraire, absolument libre d'agir à sa guise.

11 est bienséant que la chevelure disparaisse sous une sorte de résille en fil de coton blanc ou bleu, de la taille d'un mouchoir de poche et dont le bord présente une mince bande en lil rouge. C'est le kunaniminango (i) que Ton (ixe à l'aide d'un bandeau {dyala) consistant souvent en un ruban de soie de provenance européenne et, d'autres

l>) Mot qui signilic littéralcmenl « ce qui entoure la tête ».

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fois, en une courroie de cuir. I^a femme n'aime pas paraître sans sa résille et, moins encore, l'enlever devanl des étrangers; pour celles de bonne condition, surtout, il y a là une sorte de pudeur très susceptible. La partie supérieure du corps disparaît sous une blouse courte à manches amples (miisu doroge] en étoffe de coton; les deux pagnes dont nous avons parlé précédemment enveloppent la partie intérieure ; lespieds sont protégés par des chaussures en forme de mules [sabata) en cuir jaune enjolivé de quelques dessins.

La coquetterie féminine apporte à cet habillement simple et bien approprié au pays, non des changements de forme, mais un grand soin dans le choix des tissus.

Les étoffes européennes ont beaucoup de vogue et même les plus onéreuses ne font pas reculer les coquettes dont les movens restreints trouveraient à s'employer mieux; toutefois, les étoffes indigènes sont également très en faveur aussi : elles présentent des qualités plus en rapport avec le milieu, elles sont moins sujettes à se détériorer par l'usage ou le lavage; plus seyantes, surtout comme pagnes, certaines sont, au point de vue indigène, de véritables travaux d'art, par la finesse du tissu, l'étroitesse de la bande, la perfection de la teinture ou du dessin. 11 y a de véritables marques locales ou étrangères fort prisées.

La chaussure est également un détail qui fait le souci des élégantes: la vulgaire sa^a/a est, par elles, délaissée; on lui substitue une forme dont les semelles épaisses de 5 à 8 centimètres sont passées soigneusement au bleu Guimet ; le cuir, qui protège le dessus du pied, est orné de dessins en creux et aussi de glands et d'autres motifs en étolie ; la marche alourdie par cette chaussure difficile à retenir emprunte à cette entrave une langueur de très bon ton, surtout pour les femmes de qualité. Ces dernières tout usage, les jours de pluie, de sortes de socques plus ou moins surélevées.

Entin, il est très bien porté d'axoir la léte et le haut du

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corps enveloppés dans une pièce d'étoffe légère et ample; rétamine, la mousseline, de provenance européenne, sont très recherchées pour cet objet, mais n'ont pas détrôné les étoffes indigènes, et les vieilles matrones de bonne famille ne sortent qu'entortillées dans de vastes écharpes bleu marine, même par les fortes chaleurs. Il ne paraît pas douteux que ce soit là un usage dû à l'influence de l'Islam : par ce moyen, en effet, l'on ne voit le plus souvent que le visage et même pas toujours entièrement.

D'autre part, l'on peut signaler, du moins danslesgrands centres, une mode d'origine catholique. Le haut du corps disparaît sous une manière de chemisette qui cache bien les épaules et toute la poitrine, car elle n'est pas ouverte sur le devant et se met en passant la tête par l'ouverture qui sert d'encolure. Elle s'arrête tantôt à la taille, tantôt à mi-corps et demeure par-dessus les pagnes servant de jupe. Les manches étroites ne dépassent pas le coude. C'est là une mode venue par les Woloves, notamment, qui, elles-mêmes la tiennent des missions; elle a une très grande tendance à se propager et l'enseignement de la couture aux indigènes ne peut que lui être favorable.

La parure consiste soit dans certaines opérations effectuées sur le corps humain lui-même, soit dans l'emploi de certains appareils dont le corps humain est le support.

La chevelure mise à part, la femme doit épiler ou raser toutes les parties de son corps et particulièrement le pubis et le creux desaisselles. C'est là une question qui n'a rien à voir avec la propreté, car nombre de femmes, qui sont sales et puantes parce qu'elles ne se lavent pas ou se lavent mal, sont très correctement épilées ou rasées.

La coilïure, objet de soins très compliqués, n est refaite que tous les trois mois environ. C'est l'œuvre d'une spécialiste et elle exige pour sa perfection plusieurs séances reportées parfois sur deux ou trois jours. La coiffeuse, après avoir défait la coilïure existante, lave soigneusement la che-

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FiG. 3. — Femme Ju K.hassn, ivec la coilVure caraclérislique duo Jnnibali

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