‹ Les KhassonkéChapitre 15 sur 74 · I.A VfK MATKRIKI.l.I-: KT MORAl.F 7I · texte numérisé non relu

I.A VfK MATKRIKI.l.I-: KT MORAl.F 7I

velure avec unedécociion de plantes, celle de feuilles deségheno est particulièrement employée à cet usaije. L'artiste procède ensuite à la confection de la nouvelle coiffure : comme l'opération est longue et délicate et que les sièges sont peu appropriés à cet objet, la patiente s'étend à terre, sur une natte, et, tour à tour, tient la tète levée ou appuyée sur les genoux delà coiffeuse.

Par des particularités de la coiffure se révèlent souvent des détails intéressants de la vie de celle qui la porte. Ainsi, la coiffure de la femme mariée est distincte de celle de la jeune lille et, si elle peut revêtir une forme à certains égards personnelle, il est cependant un détail qui toujours subsiste et révèle la femme mariée, ou non, qui est, ou veut donner à croire qu'elle est en puissance de mari : il consiste en tresses — une à quatre — soigneusement rangées et, parfois, comme collées en avant de l'oreille. La veuve, qui a perdu son mari un lundi ou un jeudi, réunit tous ses cheveux en trois tresses : une devant chaque oreille et une sur la nuque et n'a pas de cimier.

Le motif principal de la coiffure des femmes du K.hass(^ est constitué par une sorte de cimier analogue à celui qui surmonte certains casques de nos pompiers. 11 est formé essentiellement soit par une armature nommée la-ukoto en bois léger, soit par un sachet bourré de la poussière odorante du wolo. ou bien des fruits parfumes du bure, ou contenant un débris de la poche à musc de la civette... les cheveux ramenés sur cette armature, qui est placée au sommet de la tête un peu en arrière du front, sont soigneusement entrelacés ; ceux restés libres forment de chaque côté une ou plusieurs tresses ramenées en a\ant ou en arrière de l'oreille suivant que la femme est ou n'est pas mariée ; à l'arrière une ou plusieurs tresses qui tombent sur la nuque.

.•\ la base de la première tresse occipitale, tout contre le cimier, l'on attache en général une amulette porte-bon-

-|^ MONOGRAPHIE DES kllASSONKE

heur et des sachets d'ingrédients odoriférants ainsi que des verroteries et des bijoux. Sur la nuque Ton suspend, très fréquemment, un kho-to-khulu : l'on désigne ainsi une sorte de couronne extraite d'un coquillage marin et que l'on remplace quelquefois par une imitation en porcelaine; on lui attribue la vertu de protéger contre le mauvais œil (i). Aux. tresses latérales, l'on accroche volontiers de menues verroteries ou des pièces d'argent.

La tête est souventceinte d'unecourroie ronde qui, passant à hauteur des sourcils, est soutenue parle lobe de l'oreilleet paraît destinée à maintenir en place les tresses de la coiffure et leurs ornements. On lui substitue souvent un ruban de provenance européenne, ou un collier de verroterie.

Les tatouages sont rares, il en sera parlé plus loin.

L'œil est soumis à quelques pratiques destinées à en aviver l'éclat : à cet effet, le pourtour, près des cils, est enduit d'une sorte de poudre onctueuse, Jinman\ obtenue par le mélange de l'antimoine pulvérisé avec la croûte noire qui recouvre les marmites usagées.

L'oreille est amplement pourvue de petites boucles d'or ou d'argent et, à défaut, de menus colliers de perles ou d'un grain de corail maintenu par un fil.

Pour ce qui concerne la bouche, il est à remarquer que les dents, qui paraissent, d'ailleurs, n'être soumises à aucune transformation, sont tenues très propres à l'aide d'un bâtonnet qui, longuement mâchonné, est par là changé en une manière de brosse et emplové à frictionner vigoureusement les dents pour en expulser toutes les impuretés, c'est le nyi-dyosirango (2) ou cure-dents.

Les gencives et les lèvres sont soumises à une opération douloureuse et bizarre dont voici le détail. On prend la

(1) Ce genre de coitï'ure si caractcristique est appelé doni-balo = « qui ne porte pas»; la rcinme qui en est pourvue ne peut, en etîet, porter un fardeau sur la tête.

(2) l.ittéralement : « ce qui sert à trotter les dents ».

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