‹ Les KhassonkéChapitre 16 sur 74 · I.A vu: MATKFMEI.I.K KT MORALK yS · texte numérisé non relu

I.A vu: MATKFMEI.I.K KT MORALK yS

croule noire forniée sur une niarmile en usa^e, on la pulvérise et on la mélange a\ec la poudre obtenue en écrasant des arachides brûlées. On met une couche de cette poudre sur la partie à tatouer et, à l'aide d'un taisceau d'épine d'acacia, on fait jaillir le san^ de cette même partie que l'on frotte alors pour faire pénétrer la poudre. Quand cette opération réussit, d'abord la partie tatouée se tuméfie, puis, peu à peu, revient à son état normal en gardant une coloration bleuâtre considérée par beaucoup de femmes comme le comble de l'élégance. On ravive de temps à autre cette coloration en passant dessus le jus du ba-n-kovo, qui est le fruit d'une plante sauvage (i).

Le cou porte soit une ficelle, soit un léger collierde cuir ou de verroterie; l'on y suspend fréquemment de longs colliers d'amulettes qui tombent sur la poitrine et même jusque sur le ventre.

Au-dessus des hanches, toujours une ceinture, parfois simple ticelle, sou\ent collier de verrcjterie.

Au-dessous du genou et à la cheville, au poignet et au-dessus des hanches et des coudes : une ficelle ou une courroie ronde ou plate, seule ou retenant des amulettes.

En outre des boucles d'oreille en or ou en argent dont nous avons parlé, les bijoux sont nombreux et divers. Aux doigts des pieds et des mains : des bagues circulaires, parfois ouvertes, parfois fermées, souvent en fer ou en cuivre, quelquefois en argent, jamais en or. Au doigt de la main l'on enfile \olontiers une cornaline réputée porte-bonheur. Au poignet, quelquefois à la che\'ille, des bracelets de l'un ou l'autre des métaux déjà cités et, exceptionnellement, en or; ils ne sont pour ainsi dire jamais fermés, leur forme est assez bien figurée par un C dont les deux becs seraient

(i) Les seins sont, de la part de quelques femmes, l'objet d'une pratique singulière qui détermine une sorte de boursouflure autour du tcton. C'est à l'aide d'une paille et par le méat du téton que l'on souftle, mais nous ne savons exactement en quoi consiste l'opération.

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rapprochés et terminés chacun par une boule. Souvent, à la cheville. Ton attache une chaînette en argent.

La vraie parure des femmes peules consiste en colliers de boules d'ambre dont certaines, fort pesantes, ont une grande valeur. Lors des cérémonies de famille l'on voit encore, de temps à autre, de ces antiques parures religieusement conservées mais qui ne sont guère plus de mode. On leur préfère, en effet, les bijoux d"or.

Ceux-ci, en dehors de bracelets, se ramènent à quatre types nettement délinis : des bijoux en forme de triangle ou de cœur que l'on attache sur le sommet du front ou sur les tempes; un bijou qui se porte à la base du cou et qui rappelle vaguement un trèile à quatre feuilles; une sorte de sphère suspendue au cou par une ficelle et qui descend un peu sur la poitrine et, enhn, une manière de croix pectorale dont la pointe s'avance à la naissance des seins. Tous ces bijoux, qui sont épais et paraissent lourds, sont en réalité fort légers; ce sont de simples feuilles d'or habilement contournées. Ces œuvres des bijoutiers indigènes ne manquent ni d'originalité ni de finesse et de goût.

En général, l'homme marié, rfième pauvre, aime avoir une tenue décente. Son vêtement de cotonnade indigène ou européenne est souvent propre. Lorsqu'il en a le moyen, il aime aussi parader richement vêtu avec un beau sabre à l'épaule et, mieux encore, monté sur un cheval fringant : par la, d'ailleurs, il satisfait son goût d'ostentation non moins que celui de ceux qui l'entourent. Voici quelques détails d'habillement masculin.

La tète est protégée par un bonnet [Jiigulan') en coton blanc, plus rarement de couleur; c'était autrefois le bonnet ouvert en forme de gueule {warliila), ou bien une sorte de napolitain {donibalo) très en honneur dans le Mandé;" rislamisme a vulgarisé une manière de petite calotte en coton, di)ni le bord présente d'ordinaire quelques jolies

1,\ VIK MA'IKKIKLI.K ET MOHALK "jb

broderies faites :i l'aif^uille avec du lil blanc ou bleu.

Par les grandes chaleurs, pour se protéger contre l'ardeur du soleil, l'indigène porte un chapeau en vannerie, tantôt conique, tantôt à fond plat, tantôt uni, tantôt pourvu sur tout le pourtour de la partie médiane de paille hérissée pour augmenter encore sa capacité protectrice. Le sommet et les bords sont soigneusement consolidés avec une lisière de cuir; une jugulaire permet d'en assurer la lîxité contre les heurts ou les coups de vent. Ce chapeau se porte pardessus le bonnet, l'ampleur de la jugulaire permet d'ailleurs de le laisser pendre dans le dos.

Le corps est caché, chez certains, jusqu'à mi-cuisse, plus souvent jusqu'à mi-mollet et quelquefois jusqu'à la cheville, suivant le goût de chacun, par une manière de grande blouse duroge^ très ample qui présente une ouverture par laquelle on introduit la tête. Les manches sont extrêmement amples car elles ont en largeur presque la hauteur totale de la blouse. Le tissu en est fort divers, mais il est communément bleu ou blanc. C'est toujours la partie la plus soignée du vêtement et celle, en tout cas, susceptible d'être la plus coûteuse; outre, en effet, que l'étoffe peut, par ses qualités, nécessiter une grosse dépense, l'on est dans l'habitude d'en augmenter la valeur par des broderies. Des artistes ambulants, très habiles brodeurs à l'aiguille, accomplissent ainsi de remarquables travaux à l'aide de lil de soie, blanche de préférence. 11 est des doroge brodés qui reviennent à deux ou trois cents francs; mais on se borne sou\ent à moins de luxe en ne faisant broder habituellement que la poche et les alentours. Les gens de bonne condition portent d'ordinaire en dessous du dorage une sorte de chemise que Von n'entre d'ailleurs jamais dans le pantalon. Cette chemise enserre assez étroitement le cou tandis que le doroge présente une large ouverture sur la poitrine.

Un pantalon court \hurli;, qui ne descend que peu au-

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dessous du f^enou, est retenu à la ceinture par un lien passé en coulisse. Il ne présente aucune ouverture et il faut le rabattre, au moins en partie, en cas de besoin ; toutefois, comme il est bienséant de s'accroupir pour uriner, la plupart trouvent plus commode, dans ce cas, de retrousser la jambe toujours ample de leur pantalon. Comme les femmes, certains hommes aiment porter un vêtement intime, lequel est alors le bila dont nous parlerons tout à l'heure ; d'aucuns donnent pour raison qu'il est sage d'agir ainsi car, disent-ils, l'on peut être obligé, pour une raison ou une autre, d'enlever son pantalon ; l'on apparaît alors nu aux veux de tous et c'est honteux.

Les chaussures sont des sabala, pareilles à celles des femmes mais peu ou point enjolivées et jamais à semelle très épaisse. Les cavaliers ont des bottes en filali, soit jaune, soit rouge, et plus ou moins agrémentées de dessins en creux ou en relief, ou brodées avec des soies de diverses couleurs.

Le corps est épiléou rasé. Le crâne conservait, autrefois, une chevelure fournie que l'on tressait en cadenettes tombant autour de la tête ; aujourd'hui, même les gens qui ne se piquent pas d'être fervents musulmans se rasent fréquemment le crâne, la moustache et la barbe (i).

A part quelques bagues aux doigts des mains et des pieds et parfois un bracelet au poignet, l'homme ne porte point de bijoux. Par contre, il est, tout autant que sa compagne, couvert d'amulettes et de talismans, mis en place d'après sa propre initiative ou d'après les prescriptions des magiciens ou des marabouts.

Comme accessoires intéressants, il faut signaler un portemonnaie en cuir qui se porte suspendu au cou par une lanière et dont la disposition ne manque pas d'ingéniosité. Sans être musulman, il est de bon ton de le paraître et l'on porte un chapelet généralement enroulé autour du poignet;

(i) Parfois une bande de poils est réservée sous le menton.

LA VIK MATKRIRLLK KV MOBAI.K

souvenl, aussi, à l'aide d'un beau C(jrd(jn — semblable à ceux des embrasses de rideaux — passé en sautoir, l'on fait étalage d'étuis ou de sacoches dans lesquels les lettrés musulmans enferment d'ordinaire des feuillets ou des manuscrits et qui sont habituellement très enjolivés à l'aide de broderies en soies de couleur.

Quant aux enfants, il y a lieu de distinguer.

Les tout petits, de l'un et de l'autre sexe, \ont nus; on leur met, cependant, en guise de ceinture, une ficelle à laquelle on attache ou suspend quelque verroterie ou coquillage; au lieu de Hcelle, d'aucuns reçoivent un collier de perles. Au pied une chaînette d'argent ou des grelots de cuivre, du moins pour les fillettes.

Celles-ci ont un commencement de xètement \ers quatre ou cinq ans : deux bandes d'étoffe sont suspendues, l'une par de\ant et l'autre par derrière, à la ficelle-ceinture, mais on ne met rien entre les jambes. Ce n'est que \ers sept ou huit ans que l'on emploie une bande unique passant entre les jambes, chevauchant la ficelle-ceinture et retombant longuement par devant et par derrière : c'est le lempe. A mesure que l'enfant grandit, les bouts du lempe s'allongent, la largeur de la bande qui le constitue s'élargit, de sorte que vers l'époque de l'excision la fillette paraît vêtue d'un pagne qui Pentoure de la ceinture jusqu'à la cheville. Le haut du corps n'est, normalement, pas couvert ; en cas de besoin — pour porter un jeune frère, se protéger contre le froid — un pagne est noué au-dessous des aisselles. Une fois excisée la fillette reçoit, en principe. des vêtements pareils à ceux de sa mère.

Pour les garçons, l'on constate des faits anah^gues. Ils vont nus peut-être plus longtemps que les filles; toutefois, vers sept ans, il est bienséant de leur donner une manière de lempe : le bila, simple bande qui passe entre les jambes, chevauche la ficelle-ceinture et retombe par devant et par

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derrière, mais moins bas que le lempe et de plus sa Jargeur n'excède jamais celle de la région pubienne, d'une part, et d'autre part, celle de la main. En raison de ce vêtement qu'il porte jusqu'à l'époque de la circoncision le garçonnet est qualifié bila-koro (porteur de bila). Contre le froid, il s'enveloppe le haut du corps avec un petit pagne, quelquefois avec un court tiforo^e dont les bords ne sontpas cousus.

Après la circoncision, il reçoit le kiirli, qui est à proprement parler la marque distinctive de l'homme adulte, d'où la qualification kurto-tigi (porteur de kurti) et, dès lors, il est vêtu de la même façon que son père.

Les enfants sont, eux aussi, porteurs de ces hcelles ou lanières, cordons, colliers qui maintiennent en place talismans et amulettes; mais, à part quelques verroteries, ils n'ont point de bijoux. Cependant, les fillettes ont les oreilles percées de très bonne heure, vers quatre ou cinq ans, et, en attendant les boucles d'argent ou d'or, l'on passe dans ces trous des ficelles qui portent quelques grains de verroterie.

C'est encore dans la coiiTure que l'on constate entre filles et garçons des diff"érences intéressantes.

Pour Jes filles, avant l'excision, la coiffure consiste généralement en quatre houppes [dyugundin'), deux sur le sinciput, une troisième sur la nuque; la quatrième sur le haut du front est un peu étendue dans le sens transversal et se nomme sè/o, c'est-à-dire « crinière de lion ». De cette dernière houppe jusqu'à la nuque on laisse une étroite bande de cheveux qui est appelée/a/i-rf}"ag'o, c'est-à-dire «crinière d'àne ».

A l'âge de l'excision les cheveux sont répartis, savoir : sur la nuque en trois houppes desquelles partent trois tresses; sur chaque cùté de la tête, en tresses que l'on répartit : quatre devant et quatre derrière chaque oreille, c'est la coiffure nommée sère.

Chez les grandes jeunes filles [sungiilLin'), les tempeS; le haut du front, le tour des oreilles sont également rasés ; le sommet de la tète présente une manière de cimier d'où

LA viii matkriki.i.l; et mokall:

pan, à l'arriùre, une unique tresse qui tombe sur la nuque : c'est la coilïure nommée iniilic.

Enfin, aux approches du mariage : quatre tresses derrière chaque oreille, quatre tresses sur la nuque, c'est le genre dit : d}-ahhile-)ncyc coill'urc des Dyakhité) parce que c'est, dit-on, dans cette famille que, pour la première fois une femme n'a appartenu qu'à un seul mari.

Les indications qui précèdent ne sont pas renonciation de règles absolues; nous avons seulement voulu indiquer ce qui se passe le plus souvent; en fait, les élégantes, ici comme partout, ne connaissent d'autre loi que leur fantaisie.

Pour les garçons la coilTure est variable. Avant la circoncision ; trois tresses devant chaque oreille et une sur la nuque, c'est solima-n-îuro.

Puis l'on varie : l'on fait, ensemble ou séparément, la crinière d'àne, la crinière de lion ou les houppes. Parfois toute la tête est rasée à l'exception d'une unique houppe laissée à côté de l'oreille droite, c'est sotero. Concurremment avec sotero Ton réserve sur la nuque une manière de crinière dénommée tukholo kham (i).

Après la circoncision les garçons sont traités comme les adultes, le plus sou\ent ils portent la tcle rasée.

Les femmes qui perdent leurs enfants en bas-âge coiffent fréquemment le survivant d'une façon spéciale, un simple disque de cheveux est réser\"é sur le sommet de la tète, c'est l'inverse d'une tonsure, cela s'appelle yz7////a.

(i) Dans son ouvrage D'Alger au lac Tchad, Foureau a écrit, à la date du 26 août : « La coiffure des gamins est la même qu'à Iferouane, c'est-à-dire en général tète rasée avec unetoulle de cheveux laissée en bas derrière en queue de renard. Aujourd'hui, je vois deu.x gamins qui sont bien pourvus delà susdite mèche, mais qui, en outre, portent une courte et petite tresse de cheveux réservée sur le côté droit de la tête au-dessus de l'oreille. C'est la fameuse tresse signalée par Ervin de Bary. C'est le signe caractéristique d'une origine libyenne où le port de cette tresse était une coutume uniforme. L'exode vers l'Ouest du peuple égyptien est d'ailleurs bien évidente, leurs traces sont visibles un peu partout mais la présence de la tresse lybienne est encore le plus précieux renseignement et le plus irrécusable témoignage que l'on puisse invoquer. »

Le sotero serait-il une imitation de la tresse libyenne t

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