CHAPITRE
HABITATION, MOBILIKR ET USTENSILES DE iMENAGE
Habitation.
Lorsqu'il entre en ménage pour la première fois, le Khassonké se construit généralement une demeure distincte à la fois de celle de ses parents et de celle de ses beaux-parents. Plus tard, au fur et à mesure des besoins, il recule les limites de ce premier établissement alin de garder sous la main tout ce qui est sous son autorité. Devenu polygame, il aime ainsi à réunir toutes ses femmes en un seul gynécée dont il se constitue le gardien.
Pour n'être pas obligé à des redites, nous décrirons l'habitation polvgamique arrivée à son développement normal, il sera facile de se rendre compte des modifications que ce tvpe subit selon les circonstances.
Le territoire propre à chaque demeure se trouve délimité par une clôture faite soit d'épines sèches, soit de branchages fichés en terre et maintenus, de place en place, par des traverses liées à des pieux( j) : ce mode de clôture est dit sansan'; lorsque l'enclos est relativement restreint, quelques nattes,
(i) Voir sur la photographie n" 2 la liaic d'épines sèches lorinant la clôture de la lu de Sadvo Sambala à Médine.
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FiG. 4. — Jeune esclave du Khasso costumée pour la fête de l'excision.
A l arriére-plan, la haie d épines sèciies et une case de la lu de Sadyo Sambala.
LA VIE MATÉRIELLE ET MORALE 8l
quelques paillassons usa«;és placés dans les mêmes conditions suffisent: pour une barrière susceptible d'offrir de la résistance Ton a recours au mur de pisé tata .
Tout l'espace libre enfermé par la clôture constitue la lu et ce lerme sert a désigner tout à la fois, cette espèce de cour, l'enclos dans sa totalité, l'ensemble des gens qui l'habitent: c'est, en somme, ce que nous appellerions la maison et la maisonnée. Nous avons indiqué rr-ccéJemmeni que les Peuls attribuent ces mêmes signifie. : gande. qu'\
désigne d'ailleurs un établissement icrr.pv:-raire. Or. le pluriel galle du mot gande signifie en khassonké. «. village », c'est-à-dire établissement fixe : la langue porte ainsi trace de l'évolution sociale.
La lu comporte, selon les besoins, diverses constructions. Tout d'abord, l'entrée, qui est unique, peut être réduite à une simple baie pour\-ue ou non d'une porte, mais d'ordinaire elle consiste en une case présentant deux ouvertures se faisant vis-à-vis et donnant accès de l'intérieur sur la voie publique et inversement, c'est \tbulun\ sorte de vestibule, dans lequel se tient en permanence un serviteur qui fait office de portier.
Le bulun' et les autres constructions de I2 lu servant de logement ou de magasin sont désignés bun\ et relèvent de trois types différe.nis qu. >
passer en revue.
C'est, d'abord, la hutte en paille de forme conique ou plus ou moins arrondie, avec ou sans armature en branches : c'est, nous l'avons dit. la demeure ordinaire du nomade et elle est peu employée par les sédentaires, à part le cas d'établissement hâtif et temporaire.
Elle fait place d'ordinaire à la case formée d'un bâti en maçonnerie, cylindrique ou légèrement tronconique, surmonté d'un toit conique en chaume.
Dans les lieux infestés de termites, l'on arrange sur le sol des pierres d'environ o m. 20 d'élévation, séparées l'une
de l'autre par un court espace et sur lesquelles on dispose un latis assez serré de rondins ; sur celte assise Ton met une couche de plantes réputées pour éloigner les termites et, par-dessus, une couche de ^Tavois de pisé recouverts de terre que l'on dame fortement. C'est sur ce sol artificiel que l'on élève le bâti en maçonnerie de la case. Lorsqu'il n'v a pas lieu de prendre ces précautions, ce bâti est éditié sur la terre même et sans fondation. Dans l'un et l'autre cas, il est formé par la superposition de couches d'un mélange de glaise, de bouse de vache, de brins de paille hachée et d'eau, bien pétri avec les pieds. Son épaisseur varie de o m. lo à o m. i5 et on laisse sécher par tranches de o m. 3o à o m. 40 de haut : sous l'action du soleil, cette maçonnerie acquiert une grande dureté etde\'ient le banlio, mot que nous traduisons assez improprement par pisé.
Parfois l'on procède un peu différemment : l'on construit le bâti à l'aide d'assises successives de briques, tantôt' sèches, tantôt fraîches, composées du mélange sus-indiqué et liées, en tant que de besoin, avec un mortier de même nature ; un crépissage avec ce mortier donne à l'ensemble le même aspect que dans le cas précédent.
Quant au toit, voici comment on procède.
Tout d'abord, on en confectionne l'armature; à cet elïet, on trace sur le sol une circonférence représentant celle que devra avoir le bord du toit ; quatre piquets, destinés à constituer les pièces principales de la charpente et nommés sandigi, sont attachés ensemble à o m. 25 environ de l'une de leurs extrémités, leurs quatre extrémités demeurées libres sont placées sur la circonférence aux quatre extrémités de deux diamètres perpendiculaires; à l'aide de branches souples, l'on tresse une couronne que l'on lixe avec des lianes à l'intérieur et vers le bas de la pyramide formée par les 4 sandigi; une couronne analogue, mais plus petite, est placée à l'extérieur et à quelque distance du sommet; l'on place alors, dans rinter\alle de 2 sandigi consécutifs un certain nombre de